[coin lecture] Par le feu

Par le feu – Will HILL

Ce roman est à la fois un coup de coeur d’un de mes libraires (celui qui est le plus spécialisé en littérature jeunesse) et de Mademoiselle Troisième. Cela faisait au moins un an qu’il trainait dans ma pile à lire, mais une fois plongée dedans, je n’ai pas mis très longtemps à le finir !

Moonbeam a grandi dans la Légion du Seigneur, une secte messianique installée dans le désert texan et contrôlée par le Père John. L’histoire commence par la fin apocalyptique de la Base, incendiée au cours d’une intervention des forces de l’ordre. Rescapée, Moonbeam se retrouve, avec d’autres enfants issus de la Légion, dans un hôpital psychiatrique pédiatrique. Suivie par le Dr Hernandez, interrogée par l’agent Carlyle, elle recompose progressivement le puzzle de sa vie, dévoile les éléments de la vie à l’intérieur de la Base, retrace comment l’inévitable est arrivé.

Le sujet, assez librement inspiré de l’histoire de la secte des davidiens et du siège de Waco, est tout sauf léger. Cependant, tout en dénonçant très clairement les dérives de la secte, l’auteur s’applique aussi à faire comprendre comment les membres ont pu être aveuglés par un personnage charismatique élevé au rang de quasi divinité, comment ils ont pu se retrouver endoctrinés mais aussi pris au piège pour peu qu’ils aient commencé à apercevoir la vérité, comment ils ont pu abdiquer toute volonté individuelle au profit d’un dessein qui leur était présenté comme plus grand.

Le choix narratif de suivre Moonbeam, adolescente résiliente, dans son parcours psychiatrique permet d’aborder ces différents points de façon non linéaire, de se détacher de la chronologie réelle des évènements pour les remettre dans la perspective de la reconstruction de ceux-ci par l’adolescente, par sa prise de conscience progressive au fur et à mesure que son esprit intègre l’anormalité des pratiques qui régissaient la vie à la Base.

Ce roman (abordable dès la quatrième pour un bon lecteur) permet d’appréhender les techniques d’endoctrinement au nom d’un idéal, un thème qui résonne très fortement dans l’actualité récente.

[coin lecture] Fausse piste

Fausse piste – James CRUMLEY

Milo Milodragovitch est le dernier rejeton d’une famille qui a participé à la construction de la petite ville de Meriwether dans le Montana. Il est aussi vétéran de la guerre de Corée, ex-adjoint du shérif de son comté, détective privé sur le retour et ivrogne invétéré. Cette dernière caractéristique lui permet entre autres d’oublier ses déboires professionnels, ses mariages ratés et de tromper l’attente de l’héritage de son père qu’il ne touchera qu’à son cinquante-troisième anniversaire, soit encore une douzaine d’années de patience à avoir.

Dans ce début des années 1970, sa principale activité qui consistait à trouver des preuves d’adultère pour permettre à ses clients de divorcer ne lui permet plus de gagner sa vie depuis que l’état a décidé de permettre le divorce par consentement mutuel. Quand Helen Duffy pousse la porte de son bureau afin de l’engager pour retrouver son petit frère disparu, Milo tombe sous le charme de la jeune femme et prend l’affaire. Débute alors pour lui une sérieuse désescalade, et la résolution de l’affaire sera surtout une source de problèmes et désillusions.

J’ai eu un peu de mal à entrer dans le roman. Je pense que cela tient à la construction un peu datée de la narration. Mais une fois lancée dans le livre, j’ai eu du mal à le lâcher ! James Crumley rend poétique la déchéance, l’ivrognerie, la décadence. Il dépeint un monde en pleine bascule, coincé entre l’après-guerre et les hippies. Il nous entraine dans les bas fonds de Meriwether, avec ses flics corrompus, ses dealers, ses piliers de bar sans apitoiement, dressant des portraits à la fois tendres et sans complaisance. Il évoque avec lucidité les fêlures de chacun. Il raconte les bons et les mauvais, mais surtout ceux qui sont un peu des deux.

Dans l’enquête de Milo, les pièces se mettent peu à peu en place et même si tous les rebonds ne sont pas des surprises, James Crumley envoie son héros sur assez de fausses pistes pour que je n’aie pas vu venir le dénouement !

[coin lecture] Une femme en contre-jour // Le chien de Madame Halberstadt

Une femme en contre-jour – Gaëlle JOSSE

Après avoir vu une exposition de photos de Vivian Maier au Musée de l’Ancien Evêché de Grenoble cet hiver, j’avais envie de lire l’opus que Gaëlle Josse lui a consacré. J’avoue que j’ai été un peu déçue.

Déjà, je n’ai pas retrouvé la poésie de la plume de Gaëlle Josse telle que j’avais pu la lire dans Une longue impatience, ni l’urgence du récit. Je n’ai pas su qualifier ce qu’était Une femme en contre-jour : pas un roman, pas une nouvelle, pas une biographie, pas une enquête.. Un peu de tout ça sans doute, mais surtout une construction déroutante.

Finalement, il n’est pas tant question de Vivian Maier que de son entourage ! Le livre ne montre pas ce qu’était Vivian Maier, mais seulement ce qui aurait pu la construire. On se retrouve donc face à une énumération de faits et des potentialités auxquelles ils ont pu conduire. C’est froid et impersonnel…. même si on devine la fascination de Gaëlle Josse pour la photographe.

Là où j’aurais aimé un roman (même partiellement construit sur des suppositions), j’ai eu l’impression de lire une prise de notes sur le documentaire Finding Vivian Maier….

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Le chien de Madame Halberstadt – Sébastien CARLIER

Ce très court roman, presque une nouvelle, était un coup de cœur partagé par l’ensemble de mes libraires ! Difficile donc pour moi de ne pas avoir envie de savoir de quoi il retournait.

Baptiste est un écrivain qui a connu le succès mais dont le dernier roman a fait un flop et qui n’arrive pas à se remettre à écrire. Sa femme l’a quitté pour leur dentiste, à qui tout semble sourire (!). Il passe sa vie dans son appartement minable sans rien faire de ses journées. Mais son univers se retrouve chamboulé le jour où Madame Halberstadt, sa voisine acariâtre, lui impose la garde de son chien pendant qu’elle est hospitalisée. A partir du moment où Croquette entre dans la vie de Baptiste, son horizon semble s’éclairer….

Les personnages sont forcément caricaturaux mais l’auteur nous les décrit avec beaucoup de tendresse, et ils en deviennent attachants. L’histoire est un brin rocambolesque. C’est drôle et bien écrit, et ça se lit comme on dégusterait un bonbon tout doux.

Bref, pour moi aussi, c’est un coup de coeur !

[coin lecture] Evasion

Evasion – Benjamin WHITMER

J’ai pris ce livre à la librairie, attirée par la couverture et la qualité de la maison d’édition Gallmeister. De plus, un bandeau annonçait que c’était selon Pierre Lemaître, « la quintessence du noir dans la plus magnifique tradition américaine ». Un coup d’œil à la quatrième de couverture qui en disait assez mais pas trop, et le livre était acheté !

En 1968, lors de la soirée du Nouvel An, une douzaine de détenus s’évadent de la prison d’Old Lonesome dans le Colorado. L’alerte est lancée et la chasse à l’homme commence.

L’intrigue se passe intégralement dans la nuit quisuit et dans la petite ville qui jouxte la prison. Les évadés se séparent. Le blizzard fait rage. Les pistes se croisent, tout comme les personnages, que l’on suit les uns après les autres. Le passé des protagonistes vient interférer avec le moment qu’ils vivent. La cavale monte en violence. Les évadés sont dépassés par les évènements, les gardiens et les journalistes aussi, dans ce huis clos en terrain ouvert.

Benjamin Whitmer m’a complètement embarquée dans cette petite communauté, dans cette traque à la fin inéluctable (ce qui n’empêche pas quelques surprises bien amenées dans la narration). L’écriture est en phase avec le récit. Même les personnages les plus excessifs restent réalistes, et beaucoup sont finalement attachants.

[coin lecture] Les Indes Fourbes // Les Mafieuses

Les Indes Fourbes – AYROLES (scénario) et GUARNIDO (dessin)

Au XVIe siècle, Don Pablos de Ségovie part à la conquête de l’Eldorado dans ce que l’on appelle alors les Indes Espagnoles, l’Amérique du Sud.

Entre flashback sur l’enfance du héros, narration de ses aventures en terres indiennes… et retournement de situation, le scénario d’Ayroles s’avère extrêmement bien construit et s’inscrit dans la grande tradition du récit picaresque (on ne peut pas parler de roman picaresque puisqu’il s’agit d’une bande dessinée…).

Quant au dessin de Guarnido (à qui l’on doit aussi la très belle atmosphère de Blacksad), il est vraiment beau et précis nous plongeant encore plus dans cette atmosphère de conquistadores et de légendes aurifères.

A eux deux, ils nous offrent un magnifique et flamboyant anti-héros !

Initialement, cette bande dessinée m’avait été conseillée par mon libraire pour un cadeau de Noël, mais j’avais finalement fait un autre choix. Je me le suis donc offert à la réouverture de ma librairie post-confinement. J’ai beaucoup aimé cette aventure dans les Indes Espagnoles qui a un côté Mystérieuses Cités d’Or pour adultes !

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Les Mafieuses – Pascale DIETRICH

A Grenoble, la mafia italienne domine un certain nombre de trafics depuis de nombreuses années. Leone Acampora, l’un des caporaux du parrain local, est sur le point de mourir et il lance un contrat sur sa femme qui l’a trompé bien des années auparavant avec son meilleur ami. Les deux filles de Leone ont pris des chemins de vie différents : Dina a pris le contrepied du business paternel et travaille dans l’humanitaire, tandis qu’Alessia est devenue pharmacienne et se sert de son officine comme couverture et point de distribution aux dealers locaux à l’aide de noms de code. Toutefois, les deux soeurs se rejoignent sur la nécessité de sauver leur mère. Et, Alessia fait en sorte de prendre le clan en main…

J’ai trouvé ce court roman à la réouverture de la librairie alors qu’il était assorti d’un petit commentaire assez engageant de mon libraire. Il se lit vite et bien. . Ce n’est ni un roman policier, ni un roman de chick-litt.. C’est quelque part entre les deux, et c’est divertissant…

[coin lecture] l’Ecole des Mamans Heureuses

L’École des Mamans Heureuses – Sophie HORVATH

J’avais noté la sortie de L’École des Mamans Heureuses, le dernier roman de Sophie HORVATH juste avant le confinement. J’avais aussi prévu de me procurer Le Quartier des Petits Secrets, son premier roman. Mais ma librairie a dû fermer avant que je n’ai eu le temps de passer à l’action !

Après un mois et demi de fermeture, la librairie a rouvert en mode click & collect et j’ai pu réapprovisionner ma pile à lire… Le Quartier des Petits Secrets n’était pas en stock mais L’École des Mamans Heureuses si. Le choix a donc été vite fait entre les deux romans !

Garance, débordée par la vie, engluée dans son rôle de maman, craque quand le pédiatre de son fils lui demande comment elle va… et il l’envoie à l’école des mamans heureuses, sorte de cercle de parole amélioré pour parents qui ont un peu perdu de vue qui ils sont.

Nous faisons donc la connaissance de toute une galerie de parents, forcément un peu caricaturaux mais dans lesquels on ne peut pas manquer de se projeter au moins partiellement si l’on est soi-même parent. Chacun présente ses failles. Aucun n’est parfait au-delà des apparences. Tous sont hautement attachants avec leurs qualités et leurs défauts.

Il en ressort un roman assez court qui se lit très facilement et qui distille une grande dose de bonne humeur (même un jour de pluie !). C’est frais et sans chichi. C’est selon moi un vrai roman feel-good : un de ceux qui donnent le sourire sans prise de tête, sans scénario abracadabrants, sans leçons de vie martelées à tue-tête mais avec un vrai message positif !

Et n’oubliez pas, si en tant que parent, vous vous sentez débordé, dépassé par les évènements, que vous avez l’impression que vous ne faites jamais assez bien, vous n’êtes pas seuls… Et c’est important de trouver un lieu (réel ou virtuel) bienveillant pour échanger, s’épancher, et savoir retrouver qui vous êtes vraiment !

[coin lecture] les fils de la poussière

Les fils de la poussière – Arnaldur Indridason

Ce roman est le tout premier d’Arnaldur Indridason à avoir été publié en Islande en 1997. Il a par contre fallu attendre plus de vingt ans avant qu’il ne soit traduit en français, en 2018 donc.

Le point de départ est assez simple : un quadragénaire schizophrène se suicide dans l’hôpital psychiatrique où il est interné tandis qu’au même moment, un de ses anciens professeurs meurt dans l’incendie criminel de sa maison. Commence alors une enquête menée par le commissaire Erlendur assisté de Sigirdur Oli (qui deviendront des personnages récurrents des romans d’Indridason).

La psychologie des personnages, en particulier Erlendur, est moins fouillée que dans les romans suivants mais l’auteur pose tout de même bien les bases, et donne déjà quelques clés de compréhension de leurs personnalités. De même l’intrigue est de facture classique mais bien menée, prenant des racines dans le passé comme sait si bien le faire Indridason.

Comme toujours dans les enquêtes d’Erlendur, c’est noir, c’est sombre, c’est un peu tordu, mais c’est carrément efficace. Je l’ai lu d’une seule traite : je voulais connaître le dénouement, valider ce que je devinais…. typiquement le genre de roman que je n’ai pas intérêt à commencer un soir si je n’ai pas l’intention de rester éveillée une bonne partie de la nuit ! (En l’occurrence, je l’ai ouvert en début d’après-midi, c’était plus raisonnable)

A lire donc si vous aimez les romans policiers bien ficelés, pour entrer dans l’univers d’Indridason ou pour passer un bon moment sans avoir à sortir de chez soi….

[coin lecture] Même les méchants rêvent d’amour

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Même les méchants rêvent d’amour – Anne-Gaëlle HUON
 
Ce livre était celui de ma box surprise de Noël (mon libraire prépare des box surprises à Noël où un livre est accompagné de petites choses : du thé, du chocolat, de la jolie papeterie…. il propose aussi des pochettes surprises avec juste un livre). J’aime l’idée de laisser le hasard choisir un livre pour moi…. Le seul indice que j’avais en l’achetant était « transmission familiale ».
Je l’avais mis de côté depuis, attendant le bon moment pour le lire. Ce moment est arrivé en début de mois, alors que mon fils se faisait opérer des dents de sagesse et que j’allais donc avoir quelques heures à attendre entre les murs ternes d’une chambre de clinique.
Je crois que ce roman m’attendait vraiment pour cette situation : je l’ai lu d’une traite, sans m’ennuyer, sans voir le temps passer… et quand mon fils est revenu, il me restait moins de 10 pages à lire ! L’histoire de Julia, Jeannine, Félix, Antoine et les autres m’a transportée dans la douceur de la Provence en arrière-saison, mais surtout j’ai été touchée par le récit.
 
Jeannine perd peu à peu la mémoire alors elle écrit ses souvenirs avant qu’il ne soit trop tard. Julia, sa petite fille, trouve le carnet alors qu’elle vient voir sa grand-mère, installée en maison de retraite après une mauvaise chute qui a accéléré le processus de perte de mémoire. Petit à petit, Julia assemble les pièces du puzzle de la vie de sa grand-mère et au fil des rencontres recompose aussi sa propre vie.
On est clairement dans un roman feel-good. Mais un joli roman, bien écrit, qui se laisse lire comme on dégusterait une pâtisserie au goût de bonheur.

[coin lecture] Chicago

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Chicago – Marion RICHEZ
C’est le hasard qui m’a mis sur le chemin de ce livre. En me promenant dans Paris sans véritable but, je suis entrée dans une librairie. Ce n’était pas la première librairie que je croisais mais celle-ci a eu un quelque chose qui m’a attirée, peut-être les ouvrages présentés en vitrine, peut-être la lumière toute douce à l’intérieur…
Sur une table, la sélection de la libraire (une jeune femme féministe, si j’en crois ses mises en avant… ) avec des petits mots posés sur les ouvrages. Parmi ceux-ci quelques-uns que j’ai déjà lus, et puis plusieurs dont je n’ai jamais entendu parler. Je regarde ces derniers plus attentivement et Chicago semble m’appeler…
Je ne sais même pas dire pourquoi j’ai choisi ce petit opus parmi les autres livres : peut-être les petits coeurs rehaussés de surligneur qui accompagnaient le bref mot de la libraire, peut-être la simplicité de la couverture, peut-être la douceur du papier….
Je l’ai lu très vite dans le train qui me ramenait chez moi, ce très court petit roman… et après l’avoir refermé, je me suis demandé si ce n’était pas plutôt un long poème que j’avais lu…Ramona, une jeune franco-anglaise, arrive à l’université de Chicago comme lectrice de français. Elle prends le pouls de la fac, le pouls de la ville, le pouls de la vie…. Et elle croise par hasard Jonathan à un concert, puis à un autre. Ils échangent quelques mots. Il lui présente Suzanne qui l’accompagne. Entre ces trois-là nait une amitié qui ne s’embarrasse pas du passé, qui ne s’inquiète pas de l’avenir et se nourrit de la simplicité du présent partagé….Les mots de Marion Richez sont aussi doux que le papier sur lequel ils sont imprimés. Ils sont justes. Ils sont mélodieux. Ils portent l’amitié de Ramona, Jonathan et Suzanne…. Il ne se passe rien et pourtant il se passe tout dans cette centaine de pages.

Moi aussi, j’ai envie de mettre à ce roman un petit bandeau avec plein de coeurs rehaussés de surligneur.

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[coin lecture] Une longue impatience // La révolte

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Une longue impatience – Gaëlle JOSSE
Ce livre, c’est mon libraire qui me l’a mis dans les mains, littéralement, sans que je demande quoi que ce soit…. Je devais le lire, point !
J’ai quand même mis un moment à l’ouvrir ce roman, sans trop savoir pourquoi (une période un peu creuse niveau temps à lire sans doute).
Mais une fois ouvert, je l’ai lu d’une traite…
Nous avons donc Anne dont le premier mari, marin-pêcheur, est décédé en mer et qui s’est remariée avec le pharmacien du village. Anne a eu un premier fils, Louis, de son premier mariage, puis deux autres enfants. Anne est une parfaite épouse et mère de province des années 50.
Mais tout ne se passe pas bien entre Louis et son beau-père, et un soir, Louis, 16 ans, ne rentre pas.Commence alors pour Anne une longue attente : celle du retour de son fils, dont elle apprend bien vite qu’il a embarqué sur un navire comme marin.
Et c’est cette attente, cette espérance qui rythment le livre, qui en constituent le coeur…. entre récits du passé réel et visions de l’avenir potentiel.
J’ai été prise par le récit des sentiments de la mère abandonnée par le fils mais qui envers et contre tout, aux limites de la folie, n’arrêtera jamais d’attendre.
La fin est toutefois un peu convenue : je crois que dès le départ, j’ai plus ou moins su que cela se terminerait ainsi…
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La révolte – Clara DUPONT-MONOD
J’ai été attirée par la quatrième de couverture. En effet, celle-ci annonçait un portait d’Aliénor d’Aquitaine par son fils, Richard Coeur de Lion.
J’avoue que j’ai été déçue sur ce point. En effet, sous prétexte de nous raconter Aliénor, c’est plus une biographie de Richard qui nous est proposée. Le parti pris de l’écriture de l’histoire d’Aliénor par son fils est une bonne idée et toute la première partie du livre y est conforme.
Mais peu à peu, tandis que Richard s’éloigne géographiquement de sa mère, que ce soit pour affronter son père ou mener une croisade, le récit se concentre plus sur son personnage que sur Aliénor.
Pourtant que le personnage d’Aliénor est propice à l’écriture d’une belle épopée : mariée au roi de France puis à celui d’Angleterre (elle a fait annuler son premier mariage..), puissante duchesse d’Aquitaine, stratège politique qui n’hésitera pas à utiliser ses fils contre leur père, femme cultivée qui fera apprendre à lire et écrire à ses filles (ce qui n’était pas vraiment dans l’air du temps), ….
A côté de cela, les atermoiements de Richard face à ses fiancées, ses états d’âme au siège d’Antioche (et son enlèvement sur le chemin du retour..), son idée fixe de construire une forteresse imprenable (ce sera Chateau-Gaillard en Normandie) semblent bien fades.
Clara Dupont-Monod aurait pu nous livre une fresque épique autour d’un personnage féminin mais elle s’est hélas laissée rattraper par son personnage masculin.
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