[Paris] deux jours de découvertes parisiennes – partie 1

Cela faisait plusieurs années que j’avais un projet de city-trip parisien en famille, histoire de permettre aux enfants de (re)découvrir la capitale (j’ai vécu une quinzaine d’années en région parisienne, dont 2 en petite couronne et le reste à côté de Versailles, aussi j’ai déjà eu l’occasion de pas mal parcourir Paris et ses environs. Par contre, les enfants étaient jeunes lorsque nous avons déménagé dans la Drôme. Ainsi Melle 3e n’avait que 5 ans, et donc peu de souvenirs de nos balades parisiennes). J’avais initialement prévu de le conjuguer avec notre séjour à Disneyland Paris. Mais quelques confinements et contingences familiales m’avaient contraint de le reporter à une date indéfinie. Durant les dernières vacances de Toussaint, j’ai enfin pu concrétiser cette escapade urbaine à la découverte de musées et autres jolis lieux de la capitale. J’étais accompagnée uniquement de Melle 3e, les garçons ayant dorénavant chacun leur vie qui ne s’accommode pas nécessairement des congés scolaires. Nous sommes donc parties trois jours en tout, au cours desquels nous avons visité Paris pendant deux jours et consacré le 3e jour à Versailles (je vous en reparle bientôt !). Et comme nous avons vraiment bien rentabilisé notre temps sur place, je vais découper nos découvertes parisiennes en deux parties, et vous entrainer à notre suite selon la vraie chronologie de ces deux jours…

Place de la Concorde

Les Tuileries et le Musée de l’Orangerie

Nous avons pris le TGV très tôt à Valence un mercredi matin, pour arriver 2h10 plus tard à la gare de Lyon. Après avoir déposé nos bagages à l’hôtel situé à proximité de la gare (le choix du quartier de l’hôtel a été fait en pensant justement au fait de pouvoir y laisser nos valises en arrivant et les récupérer juste avant de repartir le dernier jour), nous avons filé vers le métro pour notre première visite. Nous avons commencé par traverser le jardin des Tuileries et profiter d’apercevoir la pyramide du Louvre (nous ne pourrons pas nous en approcher au cours de la journée qui est celle de l’hommage national à Pierre Soulages, et donc l’accès est restreint aux visiteurs munis de billets pour le musée… que nous n’avons pas prévu d’aller voir). L’ambiance dans le jardin est automnale, et très agréable à cette heure matinale.

Depuis les Tuileries, vue sur le Louvre
Ambiance automnale dans les allées des Tuileries

Après un petit coup d’œil à la place de la Concorde d’où nous apercevons la Tour Eiffel, nous nous dirigeons vers le Musée de l’Orangerie. Nous comptons en effet profiter du fait qu’il soit ouvert plus tôt que les autres musées pour éviter qu’il n’y ait trop de monde à l’intérieur (il est alors à peine plus de 9.30). Nous choisissons de commencer la visite par l’exposition temporaire. Elle est consacrée à Sam Szafran, artiste que je découvre par la même occasion. Ateliers, escaliers et feuillages sont les thèmes récurrents des représentations de l’artiste, essentiellement au pastel, un peu à l’aquarelle. Les images d’abord hyper réalistes, déconstruisent peu à peu la perspective dans une vision quasi-obsessionnelle.

Puis, nous abordons les collections permanentes par la collection Jean Walter-Paul Guillaume qui nous plonge dans l’histoire de l’art de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle : Renoir, Cézanne, Gauguin, Sisley, Utrillo, Soutine, Marie Laurencin, Derain, Picasso, Matisse, le Douanier Rousseau, Modigliani sont ainsi représentés, parfois avec plusieurs dizaines de tableaux, dont certains très connus (je pense par exemple aux Jeunes filles au piano de Renoir). Enfin, nous gagnons les salles des Nymphéas, pensées par Monet lui-même quand il a fait don de ses toiles à la fin de la 1ère guerre mondiale. Je pourrais dire que cela m’a laissée sans voix, mais ce serait mentir car en entrant dans la première salle, je n’ai pas pu m’empêcher de lâcher un « waouh » ! Si j’avais peur d’être déçue par cette rencontre avec une œuvre majeure dont j’avais souvent vu des reproductions, cela n’a pas été du tout le cas. Composée de deux fois quatre toiles immenses, l’installation nous plonge littéralement au milieu des tableaux. C’est beau, c’est impressionnant, c’est magique….

Impossible de rendre en photo l’immensité de l’œuvre présentée.. Les Nymphéas sont définitivement une œuvre à aller contempler in situ !

L’Hôtel de la Marine

En sortant du Musée de l’Orangerie, nous prenons la direction de l’ Hôtel de la Marine, sur la place de la Concorde. Comme nous n’avions pas pré-établi notre programme, nous n’avions pas réservé (ce qu’il est conseillé de faire) mais nous avons eu la chance d’obtenir un billet pour un créneau de visite 30 minutes plus tard nous permettant de visiter les appartements de l’intendant ainsi que les salons et la loggia. Après avoir pris un café à côté de la place de la Madeleine voisine, nous sommes revenues dans le bâtiment qui a abrité le Garde Meuble de la Couronne au XVIIIe siècle puis l’état-major de la Marine jusqu’en 2015. Suite au départ de la Marine, le Centre des Monuments Nationaux entreprend une restauration de grande ampleur avant d’ouvrir les lieux à la visite l’an dernier.

La façade de l’Hôtel de la Marine, sur la place de la Concorde, avec le bâtiment symétrique abritant l’hôtel de Crillon et l’Automobile Club de France, est l’œuvre de l’architecte Ange-Jacques Gabriel, sous Louis XV.

Audio-guidée, la visite se veut ludique, plongeant le visiteur dans les siècles passés au fil des pièces traversées. La muséographie donne l’impression de lieux dans lesquels on pourrait croiser les personnages évoqués vaquant à leurs tâches quotidiennes. C’est un véritable voyage dans le temps à laquelle nous invitent la déambulation dans les appartements de l’intendant, puis la traversée de la salle à manger et des salons d’apparat. Puis, nous accédons à la loggia pour une des plus belles vues sur la place de la Concorde, rythmée par la colonnade monumentale. Avec le ciel bleu, c’est vraiment somptueux !

La première antichambre de l’intendant
Cabinet de travail de l’intendant
Passion passementerie
Dans la salle à manger
Le salon de réception est orné des portraits des grands navigateurs français
Passion passementerie (bis)
Sur la loggia….
Quitter le bâtiment en empruntant la galerie dorée qui longe le salon de réception

Autour du Palais Royal

Pour le déjeuner, nous nous rendons rue Sainte Anne car nous souhaitons manger japonais. Je connais plutôt bien ce quartier car j’y ai eu mon bureau parisien pendant 8 ans. Nous choisissons un petit restaurant servant des ramen où j’ai déjà eu l’occasion d’aller. Une fois rassasiées, nous profitons d’être dans le quartier pour aller jeter un œil aux salles de lecture de la BNF Richelieu qui ont rouvert cette année, en passant par le petit square au pied de mon ancien bureau. Nous commençons par aller voir la salle Labrouste, véritable chef d’œuvre architectural construit dans les années 1860. La structure se compose de 9 coupoles portées par de fins arcs métalliques ajourés posés sur des colonnettes de fonte. Les tables de lecture sont pourvues de lampes en opaline. L’ensemble est aérien, élégant. Puis nous nous rendons dans la salle Ovale, construite au début du XXe siècle, éclairée par une impressionnante verrière zénithale et 16 oculi répartis tout autour.

La fontaine des quatre fleuves entre la rue Lulli et la rue Richelieu
La salle Labrouste
La salle ovale

De là, nous gagnons le Palais Royal voisin. Outre la découverte du jardin, nous souhaitons passer à la billetterie du théâtre du Palais Royal afin de réserver des places pour la pièce qui se joue le soir-même : La Machine de Turing, que nous avions voulu voir lors de son passage à Romans mais qui était déjà complet quand j’avais appelé. Cette fois sera la bonne : nos deux places sont réservées . Nous repartons en traversant le jardin, en direction des colonnes de Buren et des fontaines mobiles de Paul Bury. Nous faisons bien entendu un petit arrêt ludique autour de ces deux œuvres contemporaines, entre selfies et escalade…

Jouer avec les reflets dans les fontaines mobiles de Paul Bury au Palais Royal

Le Petit Palais

De là, nous avons pris le métro pour quelques stations, direction les Champs Elysées pour visiter le Petit Palais. Edifié comme ses voisins le Grand Palais et le Pont Alexandre III pour l’exposition universelle de 1900, le Petit Palais a ensuite été transformé en musée pour accueillir les collections d’art de la ville de Paris. Il n’a depuis pas changé d’usage, se parant au début du XXe siècle de fresques et décors à la gloire de la ville. Depuis plus de 100 ans, les collections du musée se sont vues augmentées de nombreuses donations, en particulier d’artistes, de collectionneurs et de marchands d’art. Le Petit Palais présente aujourd’hui des œuvres majeures couvrant toute l’histoire de l’art depuis l’Antiquité. Parmi les noms que l’on croise, j’ai noté Géricault, Sisley, Rembrandt, Courbet, Manet, Delacroix, Monet (dont le célèbre « Impression Soleil Couchant » est accroché ici), Maurice Denis, Gauguin, Cézanne, … C’était le bâtiment qui avait guidé nos pas vers ce musée, mais le contenu vaut largement de s’y intéresser. Après les œuvres, nous profiterons d’une autre pépite du Petit Palais : son jardin, où nous prendrons un thé au milieu d’une végétation exubérante.

Le bâtiment a été construit pour abriter une exposition d’arts décoratifs dans le cadre de l’exposition universelle de 1900
La galerie des sculptures rend hommage à l’art du XIXe siècle
Mosaïques au sol et ferronneries aériennes des rambardes des escaliers
Peinture et sculpture dialoguent dans les allées.
Élégants escaliers
Dans le jardin, les herbes de la pampa foisonnent


L’après-midi est déjà presque terminée. Nous retournons à l’hôtel afin de prendre possession de notre chambre et de nous reposer un peu avant de ressortir pour assister au spectacle.

L’hôtel était situé à deux pas de la Rue Crémieux, qui semble nettement moins populaire sur les réseaux sociaux qu’il y a 4 ou 5 ans

D’autres journées bien remplies nous attendent encore :

  • Une journée à Versailles (à venir)
  • Une seconde journée parisienne (à venir)

Informations pratiques :

  • Musée de l’Orangerie, Jardin des Tuileries, Paris 1er – payant (gratuit pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans issus de l’UE, tarif réduit pour les personnes accompagnant un mineur)
  • Hôtel de la Marine, place de la Concorde, Paris 1er – payant (gratuit pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans issus de l’UE) – la réservation d’un créneau horaire est obligatoire
  • BNF Richelieu, rue de Richelieu, Paris 2e – gratuit. A noter : La salle Labrouste abrite une bibliothèque de recherche à l’accès restreint. Il est toutefois possible de demander à accéder à l’entrée de la salle afin de l’admirer. La salle ovale est une salle de lecture publique ouverte à tous.
  • Petit Palais, Avenue Winston Churchill, Paris 8e – gratuit pour les collections permanentes
  • Théâtre du Palais Royal, rue de Montpensier, Paris 1er – Certains jours de la semaine, 1 heure avant le lever de rideau, les places restantes sont à 10 € pour les moins de 26 ans.

[Lyon] Biennale d’art contemporain – les Usines Fagor & le Musée Guimet

Je n’étais allée qu’une seule fois à la Biennale d’art contemporain de Lyon, et c’était en 1997 ! Depuis que je me suis installée dans la Drôme, à chaque édition, je me disais qu’il faudrait que j’aille y faire un tour, sans jamais réussir à trouver le bon moment. Cette année, j’ai repéré les affichages à la gare de Lyon Part Dieu à la fin de l’été. Chaque jour, ils me servaient de rappel alors, début octobre, j’ai pris le train un samedi, direction Lyon avec en point de mire deux lieux d’exposition : les Usines Fagor et le Musée Guimet. En effet, si en 1997, l’intégralité de l’exposition avait lieu dans un unique lieu (à l’époque, la Halle Tony Garnier), elle est maintenant éclatée entre une douzaine d’endroits dans la ville dont six payants (outre ceux où je suis allée, il y a aussi le Musée d’Art Contemporain, Lugdunum, le musée Gadagne et le musée de Fourvière).

Aux anciennes usines Fagor, le visiteur est accueilli par la fresque « Warm in your memory » de Stephen Powers, vestige de la Biennale de 2019

Les Usines Fagor

J’ai choisi de commencer ma journée à la biennale par les Usines Fagor où je suis arrivée quasiment à l’ouverture. Situées dans le quartier de Gerland, cet ancien site industriel accueille temporairement des manifestations culturelles et c’est la seconde fois que la biennale d’art contemporain y pose ses œuvres. Il s’agit du principal lieu d’exposition de cette édition 2022. Après avoir pris mon billet, j’entre dans le premier hall d’exposition. En effet, la biennale a investi plusieurs bâtiments dans les anciennes usines et le parcours se répartit autour de sept halls, abritant chacun une ou plusieurs œuvres.

Comme dans toute exposition multi-artistes de cette envergure, il y a des œuvres qui me laissent relativement indifférente tandis que d’autres me fascinent complètement. Assez rapidement, je sors un stylo pour noter d’un petit cœur les réalisations qui me plaisent le plus. Il n’y en aura finalement pas tant que ça (un coup de cœur, cela doit se mériter ! ). Face à l’immensité des lieux, et au nombre d’œuvres présentées, je pense que j’en loupe quelques-unes (cela sera confirmé ensuite lors d’un échange que j’aurais avec Melle 3e qui a visité les mêmes lieux dans le cadre d’une sortie scolaire et me parlera d’œuvres que je ne me souviens pas avoir aperçues). Mais qu’importe puisque je ne cherche pas l’exhaustivité !

Le travail photographique de certains artistes est complètement noyé dans la masse et l’immensité des lieux et des autres installations, parfois monumentales ou complètement immersives. Je note toutefois les natures mortes de Buck Ellison, dont la présentation sur fond de papier peint ancien tranche singulièrement avec le côté très brut des lieux.

Le hall numéro deux entraine le visiteur au cœur des manifestations à Bogota, au pied du Monumento a los héroes, symbole des luttes sociales, détruit en 2021, dans une œuvre de Daniel Otero Torres. Plus loin, le hall numéro trois continue à tisser les liens entre art et société avec des installations sur le thème des migrations de population, et de l’accueil des étrangers en partant d’un texte d’Eschyle écrit il y a 2500 ans (comme quoi ce thème est universel…). C’est dans ce même bâtiment que l’on croise une installation de Nadia Kaabi-Linke, toute en fragilité, écho au sous-titre de cette biennale : « Manifesto of fragility ». On peut d’ailleurs noter que le choix même des lieux, désaffectés, entre en résonance avec le thème.

Nature morte par Buck Ellison
A Los HéroesDaniel Otero Torres
Le chuchotement du chêne – Nadia Kaabi-Linke
Poésie fragile des lieux désaffectés

L’un de mes trois plus gros coups de cœur, je l’ai rencontré dans le hall numéro quatre… Là, l’artiste belge Hans Op de Beeck a complètement investi l’espace dans une installation totalement immersive. We were the last to stay plonge le visiteur dans un monde monochrome gris. J’ai l’impression de me retrouver dans un univers post-apocalyptique d’où toute forme de vie s’est évaporée. J’ai en plus la chance d’être presque seule au milieu de l’œuvre, renforçant encore cette impression d’être à la fois ici et ailleurs, maintenant et jamais. Je suis restée un très long moment, complètement fascinée par cet univers .

We were the last to stay – Hans op de Beeck
We were the last to stay – Hans op de Beeck

Mon second gros coup de cœur aux Usines Fagor est arrivé dans le hall numéro six, au milieu des œuvres de Julian Charrière, un artiste suisse inspiré par la minéralité des milieux naturels. Plongé dans l’obscurité, une installation monumentale combinant vidéo, sculpture et ambiance sonore évoque la désorientation de l’homme face à l’immensité des paysages glaciaires. Pour ma part, j’ai été complètement hypnotisée par l’effet induit par la vidéo projetée avec le bloc de pierre carotté au premier plan (au point de m’asseoir au sol pour mieux me laisser happer par l’installation !).

Vidéo et sculpture de Julian Charrière

La visite se termine par le plus grand hall, abritant plusieurs dizaines d’œuvres variées. Beaucoup d’entre elles n’ont pas su me toucher. J’ai toutefois noté l’installation Standing by the ruins of Aleppo de Dana Awartani qui reproduit en carreaux de terre colorées le sol de la mosquée détruite d’Alep, et qui entre en écho avec les fenêtres peintes en couleur du bâtiment. J’ai aimé l’effet produit par les pièces de la collection du Musée des Hospices Civils de Lyon déposées le long des parois de containers. J’ai aussi retrouvé avec plaisir les Moss People de Kim Simonsson que j’avais déjà croisé à Lille où ils étaient exposés en version géante le long de la rue Faidherbe dans le cadre de Utopia.

Standing by the ruins of Aleppo – Dana Awartani
Collections du musée des Hospices Civils de Lyon
Moss people – Kim Simonsson

Le musée Guimet

Après avoir déjeuné rapidement en sortant des Usines Fagor, je me suis dirigée vers le musée Guimet. Après avoir un temps abrité les collections d’arts asiatiques d’Emile Guimet (celles-ci seront transférées à Paris dans un bâtiment construit à l’identique) puis été utilisé comme patinoire, le musée deviendra pendant une centaine d’années le musée d’histoire naturelle de la ville de Lyon. Il a fermé ses portes en 2007 et ses collections ont été transférées au musée des Confluences. Le bâtiment est depuis à l’abandon. La biennale a investi les différents espaces de l’ancien musée, faisant une nouvelle fois résonner un lieu désaffecté.

Tout au long de la visite, on se retrouve face aux vestiges de l’ancien musée : panneaux explicatifs, compactus dans les anciennes réserves, couloirs obscurs vidés de leurs dioramas, vitrines poussiéreuses, verrière et plafonds abîmés. Les lieux n’ont pas été rénovés (du moins, ils l’ont été a minima afin de garantir l’accueil du public selon les normes de sécurité), offrant une étrange impression de pénétrer dans un lieu interdit, délabré, fragilisé par le temps. Quelques œuvres ont bien entendu retenu mon attention, mais c’est sans doute cette atmosphère qui m’a le plus enchantée avec son ambiance un peu urbex qui sollicite non seulement la vue mais aussi l’ouïe et l’odorat…

Ambiance « La Nuit au Musée »
L’escalier monumental
Dans la rotonde
Les poignées des tiroirs sous les vitrines de la galerie sont en forme de tête de lion
Dans ce couloir, où se trouvaient auparavant des dioramas et des présentations d’animaux naturalisés, les vitrines sont éventrées et une forte odeur de terre se fait sentir…

Parmi les œuvres que j’ai notées, il y a les étranges cocons de Tarik Kiswanson accrochés au plafond d’une ancienne salle d’exposition, les sculptures en céramique de Nicki Green déposées dans les circulations techniques désertées ou encore Impulse, installation sonore et lumineuse in situ d’Evita Vasiljeva dans les réserves vidées.

Les cocons de Tarik Kiswanson
Céramique de Nicki Green
Impulse – Evita Vasiljeva

Mais, mon gros coup de cœur parmi les œuvres installées au Musée Guimet, c’est Grafted Memory System qui occupe l’intégralité de l’espace sous la verrière. Ugo Schiavi a créé une installation immersive in situ composée d’éléments naturels et artificiels dans des vitrines, formant une œuvre vivante. J’ai eu l’impression de me promener dans un musée qui aurait été laissé à l’abandon (splendide écho au lieu !) et où la nature aurait partiellement repris ses droits. Les détails fourmillent, et l’ensemble est rehaussé par une bande son légèrement angoissante.

Grafted Memory System – Ugo Schiavi
Grafted Memory System – Ugo Schiavi – l’œuvre occupe tout l’espace au centre de l’ancienne salle principale du Musée Guimet, sous la verrière
Grafted Memory System – Ugo Schiavi


Après avoir exploré ces deux lieux, les deux plus grands de cette édition 2022, je n’ai pas eu envie de continuer à visiter d’autres lieux de la biennale. J’espère toutefois avoir le temps/l’occasion de découvrir les autres propositions avant la fin de la biennale le 31 décembre 2022 !

(*) L’accès aux différents lieux payants se fait avec une unique billet qui permet une entrée sur chaque site une fois durant toute la durée de la biennale.
Les tarifs et conditions de visite sont à retrouver sur le site internet de la biennale. J’ai par ailleurs aimé que les visiteurs soient incités à venir en transports en commun ou en vélo via un tarif réduit spécifique accessible sur présentation d’un casque de vélo, d’un abonnement aux transports en commun ou d’un billet de TER du jour.

[Centre-Val-de-Loire] le long de la Loire – les châteaux de Chaumont & de Blois

Il y a trois ans, en partant en Bretagne, nous nous étions arrêtés pour visiter le château d’Amboise. Nous nous étions alors dit qu’il faudrait que chaque année, nous prenions le temps de visiter un ou deux châteaux de la Loire sur notre trajet, à l’aller ou au retour. Les deux années suivantes ont été un peu bousculées et nous avons alors donné d’autres priorités à nos vacances. Mais cette année, nous pouvions avoir le temps de quelques visites. Ainsi, fin juillet, après un arrêt en Auvergne, j’avais pris une matinée pour visiter Loches avant de reprendre la route des vacances vers la Bretagne. Au retour en direction de la Drôme, j’étais accompagnée de Melle 3e, et nous avons choisi de faire un premier arrêt dans le Val de Loire puis un second pour visiter Street Art City. Pour notre arrêt dans le long de la Loire, notre choix s’est porté sur les châteaux de Chaumont-sur-Loire et de Blois.

Fin de journée en bord de Loire, à Blois

Chaumont-sur-Loire, entre tradition et modernité

Nous sommes arrivées à Chaumont sur Loire en fin de matinée après avoir pris la route le matin depuis la Bretagne. Après avoir laissé la voiture sur un charmant petit parking en bordure d’un verger et déjeuné rapidement, nous sommes parties pour la visite du château et de son parc, qui accueille un festival de jardins. Après avoir grimpé un chemin à flanc de coteau, le château se dresse face à nous, en bordure d’une terrasse dominant la Loire. Il est mis en valeur par les parterres fleuris et de grands cèdres. Nous décidons de commencer notre visite par l’intérieur du château. Bien que nous soyons à l’heure du déjeuner, il y a du monde, beaucoup de monde !

L’arrivée au château de Chaumont sur Loire

Nous passons d’une pièce à l’autre, admirant l’architecture de la Renaissance et les remaniements des siècles suivants. Ancienne propriété de Catherine de Médicis, c’est surtout sa propriétaire suivante, Diane de Poitiers, qui lui donnera son allure actuelle. Au XVIIIe siècle, l’aile nord qui fait face à la Loire sera rasée afin d’accroitre la luminosité dans le château et de profiter de la vue sur la vallée. A la fin du XIXe siècle, des écuries et une ferme modèle sont construites dans le parc, à quelques dizaines de mètres du château.

La chambre dite de Ruggieri
Sculptures délicates dans l’escalier d’honneur
Dans la salle à manger…
La cheminée de la salle à manger
Le grand salon et son mobilier Napoléon III

Le domaine de Chaumont est également un centre d’art contemporain. Un peu partout dans le domaine, du château aux écuries, on découvre des œuvres ou des installations monumentales, parfois éphémères, parfois pérennes. Depuis 2020, le couple d’artistes suisses Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger a ainsi investi la chapelle. Une de leurs œuvres est exposée dans l’entrée du musée de Valence et ils avaient mis en place la première exposition « all-over » dans le même musée en 2019. Lorsque j’ai aperçu leur installation dans la chapelle du château de Chaumont, j’ai immédiatement reconnu leur style foisonnant si original, mêlant naturel et artificiel.

Gerda Steiner et Jörg Lenzliger, « Les pierres et le printemps »

Après le château, nous nous sommes dirigées vers les écuries. Les bâtiments sont un véritable témoin d’une époque où progressivement les voitures à cheval ont laissé la place aux voitures automobiles, mais aussi du luxe qui entourait les soins des chevaux d’apparat. La sellerie en particulier regroupe l’ensemble des harnachements des chevaux tant pour l’attelage que pour la monte, et semble figée dans le temps. Tout comme le château, les écuries servent maintenant d’écrin pour l’art contemporain et depuis 2028, en plein midi, une œuvre immense de Klaus Pinter emplit l’espace de maréchalerie, tandis que certaines écuries accueillent des installations plus éphémères.

En entrant dans les écuries, on ne peut pas manquer « en plein midi » de Klaus Pinter
La sellerie

Le festival international des jardins

Le domaine de Chaumont accueille également chaque année un festival des jardins. Au delà des limites du parc historique, sur les anciennes terres du château, l’espace est divisé en petites sections, chacune étant investie par un artiste paysagiste. L’idée nous plaisait beaucoup et sur le papier avait tout pour nous plaire. En effet, l’une comme l’autre apprécions beaucoup les parcs et jardins paysagers. Cependant, je dois avouer que nous avons été plutôt déçues par le festival de Chaumont. Il y a sans doute plusieurs raisons à cela. La foule et la chaleur en font d’ailleurs très certainement partie. Mais, nous avons aussi eu du mal à trouver un fil conducteur entre les différents jardins et l’exiguïté de chacun de ses jardins nous a chaque fois laissées sur notre faim. Je retiendrai malgré tout deux jolies expériences immersives : l’une dans une serre entre végétation tropicale et suspensions oniriques, et l’autre dans le vallon des brumes avec son ambiance à la Indiana Jones.

Passion orchidées !
Le jardin de la serre, installation « Rainforest«  par Patrick Nadeau
« The living batik »
Le jardin Eaurmus
Ambiance film d’aventure…
Dans le vallon des brumes

Finalement, nous écourterons notre visite des jardins de Chaumont. Je pense qu’il faudra toutefois retenter l’expérience, peut-être à une autre période de l’année, où l’afflux de touristes est moindre et la chaleur moins écrasante…

Un dernier coup d’œil au château avant de repartir…

Blois, le château patchwork

En arrivant à Blois, nous avons commencé par laisser la voiture à proximité de l’hôtel où nous avions réservé pour la nuit. C’est comme cela que j’ai découvert que le chocolat Poulain était blésois ! En effet, nous étions en plein dans le quartier de l’ancienne chocolaterie, qui abrite maintenant logements, bureaux et centres d’enseignement supérieur. Poulain étant le chocolat de mon enfance, qu’il s’agisse des boîtes oranges de poudre cacaotée ou des tablettes emballées dans les papiers jaunes (avec les images en cadeau), cela m’a valu de me remémorer quelques souvenirs forts gourmands.

L’ancienne chocolaterie Poulain

De là, nous avons gagné le château à pied. Si j’avais déjà visité il y a une bonne quinzaine d’années le château de Blois, ce n’était pas le cas de Melle 3e. J’en gardais un beau souvenir et je crois que c’est un des châteaux de la Loire qui m’avait le plus marqué lors de cette semaine de vacances où nous en avions visité plusieurs chaque jour. J’avais particulièrement aimé son côté patchwork où les différentes époques architecturales sont juxtaposées. A la billetterie, il nous a été proposé un ticket couplé avec la Maison de la Magie, situé de l’autre côté de la place. L’idée nous a plu et nous avons commencé par les découvertes magiques. Nous avons pas mal joué avec les illusions d’optique, souri pendant le spectacle de magie, été intriguées par l’histoire de Jean-Eugène Robert-Houdin, l’horloger-inventeur devenu l’un des plus grands illusionnistes du XIXe siècle (et dont les illusionnistes actuels se revendiquent encore.. ).

La façade de la Maison de la Magie et ses dragons !
Jouer avec les reflets… forcément !

Après cela, il était temps d’enfin gagner l’intérieur du château de Blois. L’avantage, c’est que l’après-midi était déjà bien avancée et le flot de visiteurs commençait à nettement décroitre. Nous avons ainsi pu profiter des différentes pièces dans un calme relatif. Le château a été construit par ajouts successifs, aile après aile. Depuis la cour, cela donne un rendu hétéroclite, entre la pierre un peu austère de la période gothique, la blancheur et les fines sculptures de l’aile Renaissance avec son escalier monumental, la brique de l’aile Louis XII et le classicisme de l’aile Gaston d’Orléans. Ce château n’a aucune homogénéité de style et cela lui donne un charme fou !

L’aile Louis XII et sa galerie
L’escalier Renaissance de l’aile François Ier
L’aile Gaston d’Orléans
l’aile François Ier

Le parcours de visite, très complet, permet de parcourir l’ensemble des ailes. Il intègre l’histoire du château de Blois et de ses occupants dans la perspective plus vaste de l’histoire de France, en particulier sur la période allant de la fin de Moyen-Âge jusqu’à la période moderne. Le livret de visite est clair et agréable, mais surtout il comporte une généalogie des rois et reines de France ayant eu un lien avec le château, vraiment très pratique pour se repérer dans le temps (A ce jour, c’est le livret de visite d’un monument historique qui m’a le plus emballée : ni trop court, ni trop long, avec une mise en page agréable et les infos vraiment utiles). Au cours de la visite, on découvre également le musée des Beaux-Arts de Blois, hébergé dans le château. Je gardais un excellent souvenir de ma première visite du château de Blois, et celui de ma 2e visite sera encore meilleur !

Sur la cheminée, la salamandre de François Ier côtoie l’hermine de Claude de France, son épouse et fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne
Dans la galerie du musée des Beaux-Arts
Les vitraux de la chapelle Saint Calais, réalisés par Max Ingrand, ont été posés en 1957
L’escalier d’honneur de l’aile Gaston d’Orléans
Quand le soleil de fin d’après-midi éclaire l’aile Louis XII
Sur la façade extérieure, une statue équestre de Louis XII au-dessus de son emblème, le porc-épic, de son chiffre et de celui de son épouse Anne de Bretagne

Une fin de journée dans les rues de Blois

Après la visite du château et une pause à l’hôtel pour reprendre des forces (et se rafraichir avec une douche… la canicule était bien présente ce jour-là !), nous sommes retournées dans le centre de Blois pour diner. Nous en avons profité pour une jolie balade dans les rues de la ville alors que le jour déclinait. Nous avons arpenté les ruelles et escaliers bordés de maisons à pans de bois et de façades en pierre claire. Nous avons pu profiter de l’ouverture tardive de la cathédrale pour en faire le tour alors que le soleil venait nimber les parties hautes de celle-ci d’une lumière dorée. Nous avons marché sans nous soucier d’un itinéraire, nous laissant porter par ce que nous apercevions des rues suivantes lorsque nous arrivions à une intersection. Nos pas ont fini par nous mener au pied de l’escalier Denis Papin, habillé d’un hommage au mouvement Fluxus (mouvement artistique au coeur du projet de la Fondation du Doute de l’artiste Ben qui se trouve à Blois.. et que nous n’avons pas eu le temps de visiter). 120 marches plus haut, nous dominons la grande perspective qui file au delà de la Loire au cœur de la forêt de Sologne sur laquelle la journée se termine…..

Ce passage relie deux bâtiments d’un ancien hôtel particulier
Quand les maisons se rejoignent presque au niveau du premier étage…
Décors sculptés sur pans de bois
Dans les rues blésoises
Façade fleurie
L’heure dorée sur le clocher de la cathédrale de Blois
L’heure dorée à l’intérieur de la cathédrale de Blois… lumière magique sur les parties hautes !
Les escaliers Denis Papin avec leur décor « Fluxus » de l’été 2022
La perspective depuis le haut des escaliers Denis Papin s’étend sur une dizaine de kilomètres !

Chaumont-sur-Loire & Blois – Loir-et-Cher – août 2022

(*) Si vous voulez visiter le château de Chaumont et le festival des jardins, vous pouvez retrouver l’ensemble des informations sur le site internet du domaine de Chaumont.
Si vous souhaitez découvrir le château de Blois ou la maison de la Magie, les informations sont à retrouver sur leur sites internet respectifs. Des billets combinés sont disponibles aux caisses des deux lieux.

[Bretagne x Normandie] Cancale & Granville, extrémités de la Baie du Mont Saint Michel

Cancale et Granville sont situées chacune à une extrémité de la Baie du Mont Saint Michel et ce sont leurs pointes rocheuses qui marquent les limites de celle-ci : la pointe du Grouin côté Bretagne et la pointe du Roc côté Normandie. Les deux villes font partie de nos destinations de balades lors de nos vacances bretonnes, et nous avons un peu nos habitudes des deux côtés de la Baie !


Cancale, la bretonne

Une de nos sorties favorites à Cancale consiste à descendre nous promener sur la grève lorsque la marée le permet (sinon, nous empruntons le sentier des douaniers). Le jour où nous y sommes allées avec Melle 3e, la grève était largement accessible. Aussi, après avoir stationné la voiture, nous sommes parties directement vers un petit chemin nous permettant de descendre jusqu’à la mer. De là, nous avons pris le temps de flâner, d’escalader les rochers, d’admirer les points de vue, d’observer les oiseaux marins… Je crois que c’est finalement tout l’intérêt de cette promenade que nous avons fait tant de fois depuis « toujours » : prendre son temps, ne pas être dans une recherche de découverte… Et s’apercevoir que c’est cependant chaque fois différent, chaque fois superbe !

Après cela, notre routine nous emmène en général faire quelques achats sur le port de la Houle. Cette fois, nous reviendrons avec un ciré pour moi (le mien commençait à dater un peu trop et à être abîmé) et des conserves de poissons (nous faisons ainsi le plein une à deux fois par an). Bien entendu, avant de repartir, nous n’avons pas manqué d’aller prendre une crêpe pour le goûter !

Je suis toujours émerveillée par la couleur de l’eau…
Bleu sur bleu
En descendant vers la grève, jeter un œil à la piscine de mer
Crapahuter dans les rochers…
Comment se lasser d’un tel paysage…

Cancale – Ille-et-Vilaine – août 2022


Granville, la normande

A Granville, nos sorties débutent en général par la pointe du Roc, d’où nous rejoignons la Haute Ville. Nous descendons ensuite en direction du Plat Gousset et du centre-ville.

Si cette fois, nous avons bien commencé notre promenade dans la Haute Ville, passant devant une jolie fresque au pied de l’église Notre Dame du Cap Lihou, nous n’avons pas filé vers le bord de la plage. En effet, en arrivant devant le Musée d’Art Moderne Richard Anacréon, nous avons été intrigués par l’affiche annonçant Bestiaires, l’exposition en cours des sculptures du couple François-Xavier et Claude Lalanne. Nous avions déjà vu il y a quelques années une exposition dans ce petit musée et l’avions appréciée. Aussi, nous nous sommes laissés tenter.

Je n’ai pas regretté le choix de re-visiter ce musée. En effet, malgré sa petite surface, il présente un riche choix d’œuvres, essentiellement du début du XXe siècle. Richard Anacréon, né à Granville, était un libraire et collectionneur important de la première moitié du XXe siècle. Il avait fait don à sa ville natale de 280 œuvres issues de ses collections, ainsi que de 550 livres en édition originale et une partie de sa correspondance avec les principaux auteurs de cette période, dont Colette avec qui il avait noué une amitié très forte. Cette collection est complétée par des prêts de grands musées nationaux.

Quant à l’exposition sur les œuvres du couple Lalanne, je m’aperçois que certaines me sont déjà familières, comme L’Homme à la tête de chou, utilisée par Serge Gainsbourg en illustration de son album éponyme, ou encore les bancs feuilles de la boutique parisienne de Christian Dior (un granvillais lui aussi). Je découvre tout un travail autour des représentations animalières, dont un amusant bestiaire illustré. J’apprécie en particulier les sculptures aux courbes douces, qui font un peu penser également au travail du sculpteur Pompon.

Après cette visite, nous poursuivons notre après-midi par quelques achats en ville : vaisselle anglaise, thé, livres… avant de prendre la route du retour chez mes parents.

Bleu sur bleu (bis)
Notre Dame du Cap Lihou
Tableau d’André Lhôte, le peintre surréaliste qui avait eu un coup de cœur pour Mirmande
Courbes douces… (sculpture de F.X. et C. Lalanne)
Jouer avec les ombres (sculpture de F.X. et C. Lalanne)
Le perroquet sur sa branche – F.X. et C. Lalanne
Singe pensif (sculpture de F.X. et C. Lalanne)
Par un bel après-midi d’été…

Granville – Manche – août 2022

[petits moments] promenade sur le bord de mer

Cela faisait très longtemps que je n’étais pas allée me promener à Dinard. Aussi, durant mon séjour en Bretagne cet été, j’ai eu envie d’y faire une balade le long de la mer…

En effet, Dinard présente la particularité de disposer d’un cheminement piéton (intégré dans le GR34, le fameux sentier des douaniers breton) qui permet de longer la mer en faisant le tour des pointes rocheuses par le bas ! La partie la plus connue est la promenade du Clair de Lune, particulièrement fleurie et plantée d’une végétation exotique. Mais la promenade peut continuer bien au-delà de l’embarcadère du Bec de la Vallée en direction de la plage de l’Ecluse, la grande plage de Dinard, au pied du casino.

Toutefois, pour des contraintes liées à la difficulté de trouver un stationnement dans la station balnéaire en plein été, ce n’est pas ce secteur que nous avons parcouru. En effet, nous avons débuté notre balade entre Saint Enogat et Saint Lunaire, sur le GR34. Nous avons ainsi rejoint la plage de Saint Enogat où nous avons rejoint le cheminement pédestre au pied des rochers.

A partir de là, au fil de l’avancée, les points de vue sur Saint Malo et les ilots qui l’entourent se multiplient. La progression se fait au ras de l’eau (l’itinéraire n’est pas accessible si la marée est trop haute), entre les rochers, longeant parfois de petites criques desservies par des escaliers privés descendant des villas XIXe siècle situées au dessus.

Nous finissons par apercevoir la plage de l’Ecluse, où nous choisirons de ne pas poursuivre la promenade (nous avons déjà parcouru plus de 3 km et il nous faudra retourner à la voiture… après avoir fait un peu de shopping dans les jolies boutiques de la station).

Nous profiterons de notre passage dinardais pour aller acheter un goûter chez Vent de Vanille, le dernier né des Maisons de Bricourt (la galaxie de la famille Roellinger). Leurs glaces en particulier associent les épices aux parfums traditionnels pour le plus grand plaisir des papilles !

Depuis la pointe de la Roche Pelée, vue sur Saint Malo et ses ilots
Villas au dessus de la plage de Saint Enogat
Cheminer le long de la mer…
Le long des plages, au pied des rochers
Regarder en arrière vers Saint Enogat
La pointe de la Malouine avec l’emblématique villa des Roches Brunes. En avant plan, on remarque l’oeuvre « Il Peso del Vento » de l’italien Penone sur le promontoire de la villa Greystones appartenant à François Pinault
Nous arrivons en vue de la plage de l’Ecluse
Saint Malo à l’horizon…
Sorbets framboise/harissa et fraise/poudre défendue (la poudre défendue est un mélange d’épices créé par Olivier Roellinger)

Dinard – Ille-et-Vilaine – août 2022

(*) Vent de Vanille, 3 bis Bd du Président Wilson, 35800 Dinard (en face de la piscine d’eau de mer)

[projet 52-2022] semaine 27 – végétal

Végétal, le thème de cette semaine pour le projet 52, nous invite à regarder du côté des plantes.

J’ai bien pensé vous montrer une photo de fleur (c’est encore un peu la saison des lavandes.. et déjà celle des tournesols par exemple). J’ai d’abord cherché du côté des parcs et des jardins. Mais je ne trouvais rien qui me convenait complètement.

J’ai aussi pensé à la cuisine végétale (même si je ne suis pas végétarienne, je prends souvent des repas sans viande). Mais je n’avais rien de vraiment photogénique à me mettre sous la dent.

J’ai alors repensé à une ancienne interprétation que j’avais faite de ce même thème : les motifs végétaux en architecture. Et c’est de là que m’est venue l’idée de vous remontrer une photo du joli Tropical Sky qui a envahi les rues de Romans pour l’été et dont les éléments sont en forme de feuilles.

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Pour voir ce que les autres participants ont trouvé de végétal, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

NB : ce week-end sera familial pour moi. Aussi, si votre commentaire ne s’affiche pas immédiatement, ne vous inquiétez pas : je viendrai bien valider ceux qui seront en modération, mais je ne peux pas vous garantir à quels moments du week-end j’en aurai le temsp !

[Isère] le Couvent des Carmes, entre nature et culture aux portes du Vercors

J’étais déjà allée sur le site médiéval du Couvent des Carmes à Beauvoir en Royans il y a quelques années. Je n’avais alors pas pu visiter le musée qui n’était pas ouvert. Depuis, j’avais complètement « oublié » d’y retourner. A l’occasion d’un jour férié de mai, alors que je cherchais une promenade en complément d’une visite au Jardin des Fontaines Pétrifiantes (je vous en reparle bientôt !), et que je regardais une carte, le nom de Beauvoir en Royans m’a sauté aux yeux. Notre sortie allierait donc culture et nature…


Le Couvent des Carmes

Le site du Couvent des Carmes est situé au pied du Vercors, dans la vallée de l’Isère qu’il surplombe. Avant le couvent, le lieu était celui du château des Dauphins, seigneurs du Dauphiné avant l’achat de celui-ci par le Royaume de France. Du château médiéval, il reste un pan de mur d’enceinte, une porte d’accès au fossé extérieur, un donjon à flanc de colline, et l’arche gothique qui portait le vitrail majestueux de la chapelle. C’est Humbert II qui, au XIVe siècle, créé le couvent au pied de son château de Beauvoir où il a pris résidence habituelle.

Le bâtiment du couvent est reconstruit au XVIIe siècle. Il abritait les salles communes et la chapelle au rez-de-chaussée et les cellules des moines au premier étage. L’escalier à 2 volées dessert via un palier la tribune de la chapelle. Il se distingue par sa superbe rambarde en fer forgé.

Aujourd’hui, le couvent héberge un musée d’histoire locale ainsi qu’une exposition semi-permanente (les oeuvres tournent au fil des années afin de garantir leur bonne conservation dans le temps) consacrée au peintre contemporain Bob ten Hoope. Cet artiste hollandais a en effet vécu une cinquantaine d’années au pied du Vercors et a légué une partie de ses œuvres au département de l’Isère. Parmi celles-ci, on retrouve des paysages du Vercors ou encore des portraits croqués sur le vif dans les cafés et restaurants des environs.

Durant la saison 2022, le musée accueille également une exposition temporaire Forest Art Project autour du thème de la forêt où art et science se mêlent pour montrer la beauté des grandes forêts de la planète et sensibiliser aux menaces qui pèsent sur leur avenir. J’ai particulièrement aimé l’œuvre de Claude Como installée sur le grand mur de la chapelle.

Après cela, nous continuons notre découverte en faisant le tour du bâtiment pour admirer l’ancienne cour du couvent et profiter du jardin médiéval dont les carrés sont plantés d’herbes médicinales et de plantes potagères.

Escalier en fer forgé et tomettes sur le sol – le charme d’un bâtiment du XVIIe siècle
L’oeuvre de Claude Como installée dans la chapelle pour l’exposition Forest Art Project
Traverser la forêt stylisée du Forest Art Project pour rejoindre l’exposition Bob ten Hoope
Paysage du Vercors par Bob ten Hoope
Barbières par Bob ten Hoope
Exposition Bob ten Hoope
Exposition Forest Art Project – peindre le vivant
Exposition Forest Art Project – contraste entre la délicatesse du dessin et la toile de jute brute
Iris dans le jardin médiéval
La chapelle du Couvent des Carmes vue de la cour
Un verger conservatoire a également été aménagé sur le site, au pied du Vercors


Les orchidées de la pelouse

Le site médiéval de l’ancien château est maintenant un espace de verdure public où il est possible de venir pique-niquer ou passer un moment en famille ou entre amis. Après avoir nous-même profité de l’endroit pour déjeuner, nous sommes allées voir les ruines de plus près. Mais finalement, ce qui m’a le plus attiré, ce sont des petites fleurs plus ou moins discrètes disséminées sur les vastes pelouse. L’endroit s’est avéré être plein d’orchidées sauvages !

C’est ainsi que je me suis retrouvée rapidement agenouillée dans l’herbe à photographier les orchis boucs, les ophrys abeille et les anacamptis pyramidaux qui peuplaient les lieux !

Ophrys abeille
Ophrys abeille
Ophrys abeille
Anacamptis pyramidalis
Orchis bouc
Anacamptis pyramidalis
Ophrys abeille
Ophrys abeille

Le charme d’un vieux village

Enfin, nous avons terminé notre découverte de Beauvoir en Royans par un petit tour dans le vieux village. Nous y avons trouvé une église de poche et une place du village pleine de charme bordée de façades parées de vignes entourant un lavoir-fontaine rafraichissant (ce qui était bienvenu dans cette journée quasi-estivale).

Beauvoir en Royans – Isère – mai 2022

(*) Les extérieurs du couvent des Carmes sont librement accessibles sans restrictions horaires. L’entrée du musée est gratuite. Les horaires d’ouvertures sont à retrouver sur le site internet de la communauté de communes Saint Marcellin Vercors Isère, propriétaire des lieux.

Rappel : les orchidées sauvages sont fragiles, et nombre d’entre elles, protégées. Il ne faut en aucun cas les cueillir. Il convient également de faire attention à ne pas piétiner les jeunes pousses et donc d’être très prudent de là où on pose les pieds quand on se trouve dans un lieu où les orchidées poussent.

[petits moments] sous le Tropical Sky de Romans

Après les rubans colorés de la Color Rain en 2020 et les ballons multicolores du Bubble Sky l’année dernière, les rues de Romans se sont parées d’une multitude de feuilles aux couleurs exotiques pour cet été 2022. Comme l’an dernier, c’est la Côte Jacquemart et la rue Mathieu de la Drôme qui bénéficient de ce décor éphémère.

La curiosité m’a poussée à aller le découvrir assez rapidement après sa mise en place début mai. Si les couleurs acidulées des bulles de l’année dernière permettaient de jouer avec les ombres colorées, cette année, les feuilles opaques n’offrent pas ce terrain de jeu photographique. Mais la variété de leurs formes est très sympathique, et leur densité permet également de s’amuser.

En descendant la Côte Jacquemart, j’ai ainsi eu l’impression d’une véritable vague de feuilles colorées s’engouffrant entre les maisons qui la bordent. Mais c’est finalement dans la rue Mathieu de la Drôme, plus large, que l’installation révèle son plein potentiel visuel.

De plus, elle apporte une ombre agréable sous le plein soleil du début d’après-midi. Et quand en prime, un léger vent se met à faire danser les feuilles, le charme opère complètement.

Et cet été, à défaut d’être sous les sunlights des tropiques, je pourrai toujours aller m’amuser sous le Tropical Sky de Romans !

Sous le regard de Jacquemart…
Vague tropicale
Danser au gré du vent..
Mettre des couleurs dans les rues
Côte Jacquemart
rue Mathieu de la Drôme

Côte Jacquemart & rue Mathieu de la Drôme – Romans – Drôme – mai 2022

(*) L’installation Tropical Sky va rester jusqu’à la fin de l’été. Si vous allez la voir, n’hésitez pas à jeter un œil aux boutiques et ateliers d’artisans qui bordent ces rues !

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Au passage, j’en ai profité pour aller voir la Tour Jacquemart, récemment rénovée. Sous le ciel bleu, elle est majestueuse !

Tour Jacquemart – Romans – Drôme – mai 2022

[exposition] Hervé Di Rosa. Ses sources, ses démons.

Le Musée de Valence propose une nouvelle exposition All-over. Après Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger en 2019, puis Philippe Favier en 2020/2021 (j’étais d’ailleurs allée voir deux fois cette exposition), c’est l’artiste contemporain Hervé Di Rosa qui a pris possession des salles du musée et y a disséminé ses œuvres.

Je ne connaissais pas du tout Hervé Di Rosa avant l’annonce de l’exposition. J’ai découvert un artiste à l’univers vif et coloré, dont l’art a émergé dans les années 1980. Artisan du mouvement de la « figuration libre », ses codes se réfèrent à la fois à la bande dessinée, et en particulier aux comics américains, et au graffiti (qui ne s’appelle pas encore street art…). Il en résulte des couleurs vibrantes et des traits francs.

Nous avons commencé notre visite par la partie exposition temporaire pour profiter du calme du début de l’après-midi dans les deux salles d’exposition. Le rez-de-chaussée nous plonge dans l’univers décalé d’Hervé Di Rosa à travers les oeuvres autour du Di Rosa Magazine. Ce fanzine d’artiste, dont les premiers numéros sont édités dans les années 1980, utilise clairement les codes des comics tandis que les tableaux présentés reprennent ceux du marketing et de la publicité. Il ne manque que Bruce Sprigsteen en fond sonore pour que l’immersion dans les 80’s soit complète !

A l’étage, c’est Time Spiral qui nous attend. Hervé Di Rosa réinterprète les grands batailles de l’histoire en mettant en scène ses personnages signatures : les Renés. On découvre ainsi Trafalgar ou les guerres babyloniennes sous son pinceau aux traits ludiques. Parmi toutes les batailles présentées, celle qui m’a le plus marquée est la représentation du débarquement de juin 1944 en Normandie. C’est le seul tableau de bataille où un seul camp est représenté. L’effroi dans l’attitude des Renés alliés est palpable, tout comme leur détermination. C’est aussi le seul tableau de bataille où le trait n’est pas net. Les éclaboussures de la mer et du sable teinté de rouge, représentées par des projections de peinture, apportent une dimension terrible au sujet !

Après cela, nous sommes retournés parcourir l’ensemble des salles du musée. Un peu partout, les œuvres d’Hervé Di Rosa répondent à celles du musée dans un dialogue entre l’ancien et le nouveau. On croise ainsi des céramiques contemporaines au pied des dolia romaines, ou un petit personnage massif faisant penser à un chapiteau de colonne dans la salle lapidaire.

Artiste voyageur, Hervé Di Rosa a ramené techniques et inspirations de chacun de ses voyages. On repère donc différentes influences selon les œuvres. L’artiste réinterprète des thèmes occidentaux avec les couleurs et les techniques d’autres continents. On croise ainsi une piéta peinte sur une peau tendue entre des bois flottés.

Hervé Di Rosa propose aussi une série de tableaux sur les villes, et leurs banlieues. Points jaunes en relief pour les lumières de la ville s’opposent aux couleurs crues des palissades de chantier dans des tableaux débordant du plan et utilisant l’ensemble des côtés du support.

Le voyage dans les collections du musée fait résonner des représentations sous-marines peuplées de poissons aux larges sourires avec le Rhône sculpté par Gaston Dintat ou dormir la Nymphe sous le regard protecteur d’un Renédor (à moins qu’il ne s’agisse d’un « René dort » ?).

Notre périple dans le musée s’achève dans le cabinet des fusains d’Hubert Robert. Hervé Di Rosa a mélangé ses propres fusains, dessinés spécialement pour cette exposition, à ceux de Robert des Ruines. Des ruines de temples peuplés de Renés, aux contours tout en rondeur, se mêlent à celles des ruines antiques aux traits plus rigides. Et tandis que je regarde en détails les dessins d’Hervé Di Rosa, mon oeil est attiré par les motifs ronds qui décorent les colonnes… et qui me font penser à ceux des barres d’éveil à la vigilance de l’escalier monumental du musée !

Nous aurons mis un peu plus de deux heures pour parcourir l’ensemble du musée et découvrir le travail d’Hervé Di Rosa. Les œuvres, colorées, semblent avoir trouvé une place naturelle au sein des collections. Et contrairement à l’exposition Philippe Favier que j’avais trouvée trop dense, celle-ci est très agréable… Au point que je n’exclus pas d’y retourner avant qu’elle ne soit décrochée !

Un papier peint avec des Renés a été édité pour habiller certains murs du musée !
Bande dessinée…
Time Spiral – Batailles de Trafalgar et Syracuse
Time Spiral – débarquement de Normandie
Ancien vs Nouveau
Ancien vs Nouveau (bis)
Yellow dots
Villes & banlieues
Dessiner sur les fenêtres…
Manifeste de l’artiste-voyageur
Les Renés en Grèce Antique
Monde sous-marin et le Rhône de Gaston Dintat
Renédor et la Nymphe Endormie
Les décorations des colonnes des temples imaginaires sur les fusains d’Hervé Di Rosa….
…. m’ont rappelé les clous d’éveil à la vigilance sur les marches du grand escalier

Musée de Valence – Drôme – avril 2022

(*) L’exposition « Hervé Di Rosa. Ses sources, ses démons » est présentée au Musée de Valence jusqu’au 28 août 2022. Les jour et horaires d’ouverture et conditions de visite sont à retrouver sur le site internet du Musée.

[petits moments] mars 2022 en vrac

Si l’actualité internationale est bien préoccupante ce mois-ci, j’ai essayé de profiter de l’arrivée du printemps pour prendre l’air chaque fois que c’était possible.

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Alors que le printemps n’avait pas encore complètement commencer à montrer le bout de son nez, j’ai fait un tour au Bois des Naix.

Bois des Naix – Bourg de Péage – Drôme

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Profitant d’une course à faire à proximité, je suis allée me balader le long du Rhône en amont du barrage de Bourg-lès-Valence.

Regarder les bateaux passer sur le Rhône
Le barrage de Bourg-lès-Valence – Drôme

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Même si les fruits et légumes sont encore bien hivernaux, j’aime aller au marché !

« ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier »

Marché de la place des Clercs – Valence – Drôme – le samedi matin

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Avec Mr 2e, nous sommes retournés boire une bière à la Brasserie de la Pleine Lune.

Brasserie de la Pleine Lune – Chabeuil – Drôme

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Il y a encore eu des dimanches CSO ce mois-ci avec Melle 3e !

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J’ai eu besoin d’aller à côté de l’ESISAR, l’école d’ingénieurs en systèmes embarqués et réseaux de Grenoble INP, située à Valence. Cela a été l’occasion d’aller jeter un œil à l’œuvre de Ruedi Baur qui en recouvre la façade. Installée dans le cadre du 1% culturel lors de la construction du bâtiment en 1997, elle est composée de 0 et de 1 et permet également d’assurer l’isolation phonique du bâtiment situé à proximité d’une voie très passante.

ESISAR – Valence – Drôme

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Je n’avais pas souvent eu l’occasion de passer de nuit devant le temple de Chabeuil alors que la lumière était allumée à l’intérieur. C’est chaque fois l’occasion de mieux voir son architecture et son jeu de vitraux.

Temple – Chabeuil – Drôme