[Nord] splendeur Art Déco de la Villa Cavrois

Cela faisait un moment que j’avais envie de visiter la Villa Cavrois, et j’ai profité de mon passage à Lille pour y aller (elle était même la raison première de la prolongation de mon déplacement professionnel sur le week-end !). Comme j’avais vu passer déjà des dizaines de photos de cette villa sur les réseaux sociaux, je craignais malgré tout d’être un peu déçue en me confrontant à la réalité des lieux. Je vous préviens tout de suite (#SpoilerAlert), cela n’a pas du tout été le cas !

Quand j’avais lancé l’idée de rester à titre personnel un jour de plus à Lille (un samedi qui suivait un déplacement professionnel sur le jeudi/vendredi) pour aller visiter la Villa Cavrois, j’ai immédiatement deux collègues qui ont trouvé que l’idée était bonne et ont souhaité se joindre à moi. C’est donc avec elles deux que je suis partie en métro de la gare de Lille Flandres pour rejoindre Croix et l’arrêt Villa Cavrois (difficile de se tromper d’arrêt !). Du métro, il faut marcher une petite dizaine de minutes pour rejoindre la villa, en traversant un quartier résidentiel aux belles demeures.

Comme nous discutions, le trajet nous a semblé très court et nous n’avons pas tardé à arriver en vue de la Villa Cavrois, dans une avenue bordée d’arbres. Dès le pavillon d’accueil, nous sommes plongées dans l’univers Art Déco des lieux.

Mais la première vraie surprise est à venir. En effet, alors que nous entrons dans le jardin pour nous diriger vers la villa, je suis frappée de la taille de celle-ci : elle est immense ! Un coup d’oeil au livret de visite nous apprendra qu’elle fait plus de 1800 m2 habitables, et qu’elle mesure plus de 60 m de long.

Elle a été conçue par l’architecte Mallet-Stevens comme un véritable château moderne pour Paul Cavrois, riche industriel du textile. Au départ, Paul Cavrois fait établir des plans par un architecte local dans le style néo-régionaliste qui est à la mode, pour sa future maison de Croix, dans la banlieue de Roubaix où se situent ses usines. Il ne retiendra finalement pas ce projet et donnera carte blanche à Robert Mallet-Stevens, architecte avant-gardiste, dont la seule contrainte sera le budget. Nous sommes en 1929 et la villa sera inaugurée 3 ans plus tard, lors du mariage d’une des filles de Paul Cavrois.

La villa est un véritable manifeste de la pensée architecturale de Mallet-Stevens. Il ne se contentera d’ailleurs pas d’en imaginer les volumes : il concevra également l’ensemble du décor et du mobilier. Il réalise ainsi une « œuvre totale », selon un concept qui s’est progressivement développé dans les milieux artistiques depuis la fin du XIXe siècle et où un art ne peut pas s’envisager sans ceux qui lui sont complémentaires, l’œuvre étant l’aboutissement de la réunion de ceux-ci en une unité cohérente (c’est par exemple ce concept qui conduire Gropius à fusionner les écoles des Beaux-Arts et des Arts Décoratifs donnant naissance au Bauhaus, ou qui guidera les réalisations de Le Corbusier).

Ainsi, Mallet-Stevens livre une maison moderniste, aux volumes dépouillés, aux nombreux toits-terrasses, et aux équipements à la pointe de la technologie de l’époque (téléphone, ascenseur, horloges électriques dans chaque pièce, chauffage central… ). Les espaces d’apparat sont luxueux, du choix des matériaux au raffinement de leur mise en œuvre sans ostentation. Les espaces de service sont rationnels, fonctionnels, et font la part belle aux équipements ménagers (placards intégrés, monte-plat desservant jusqu’aux toits-terrasses, triple robinetterie avec eau froide/eau chaude mais aussi eau adoucie pour le rinçage de la vaisselle en évitant les traces de calcaire…). De larges baies vitrées dans l’ensemble des espaces assure un éclairage naturel optimal tout au long de la journée.

Alors que nous passons d’une pièce à l’autre, l’agencement de celles-ci, leur mobilier fonctionnel, les vastes espaces de vie permettent de très facilement se projeter dans la vie de la maisonnée. C’est ce genre de lieu où, instinctivement, vous vous sentez bien et réussissez sans peine à imaginer comment vous y vivriez…

Pourtant, la Villa Cavrois revient de loin. Au décès de Mme Cavrois en 1985, la villa est vendue à un promoteur qui souhaite lotir les 5 hectares du parc (ce qu’il fera en partie). La villa est laissée à l’abandon et vandales et pilleurs s’en donnent à cœur joie. Son état se dégrade rapidement, et son classement au titre des Monuments Historiques en 1990 ne suffit pas à rectifier le tir. Finalement, la villa est rachetée par l’état en 2001 avec une partie du parc. S’en suivront 13 ans de recherches et de restauration pour finalement restituer la Villa Cavrois dans son état d’origine, ou presque : dans les années 1950, Paul Cavrois avait fait installer deux appartements pour ses fils dans une aile de la maison dans le style De Stjil néerlandais (le mouvement artistique auquel appartient Piet Mondrian).

Après avoir parcouru les intérieurs, nous nous dirigeons vers le parc. En chemin, nous faisons une halte au bord du bassin de nage (où, compte-tenu de la chaleur, nous ne serions pas contre un petit bain…). Puis, nous allons jusqu’au bout de la perspective dessinée par le grand bassin du jardin afin de contempler le reflet de la villa dans le miroir d’eau…

Aucun doute n’est plus possible : la Villa Cavrois est un château moderne !

En approchant, les proportions de la villa se révèlent impressionnantes
La triple robinetterie eau chaude / eau adoucie / eau froide
La salle à manger des enfants
La salle à manger et le salon en enfilade
Volumes et formes douces dans le grand escalier
Depuis la circulation en mezzanine, vue sur l’espace de réception
La chambre à coucher des parents
J’ai eu un coup de cœur pour les contremarches de la salle de jeux
Le toit-terrasse pouvant servir de salle à manger d’été grâce au monte-plat qui le relie directement à l’office
Le bassin de nage
Façade sur jardin

Villa Cavrois – Croix – Nord – juin 2022

(*) La Villa Cavrois est gérée par le Centre des Monuments Historiques. Vous pouvez retrouver l’ensemble des informations pratiques concernant les visites sur le site internet de la villa.

[Nord] 7 idées pour faire connaissance avec Lille

J’ai eu l’occasion mi-juin d’aller à Lille pour des raisons professionnelles. Avec quelques collègues qui étaient aussi du déplacement, nous avons décidé de prolonger un peu à titre privé notre séjour lillois afin de découvrir un peu plus la ville. Cette visite, forcément superficielle, nous a toutefois permis de découvrir la ville à travers quelques activités et lieux, plus ou moins classiques. Voici donc ces idées qui nous ont permis de faire connaissance avec Lille.


Idée n°1 : Parcourir la ville à pied

Lorsque j’arrive dans une ville (connue ou inconnue), j’aime me déplacer le plus possible à pied. C’est, selon moi, la meilleure façon de découvrir une ville. Cela permet de passer dans des rues plus discrètes ou des passages inaccessibles aux véhicules, mais aussi de prendre un peu plus le temps pour admirer les lieux, se demander ce qui se trouve à tel ou tel endroit…

A Lille, je n’ai pas dérogé à cette habitude, parcourant plus de 20 km par jour !

Place de Paris… sur un trajet à pied pour me rendre à un lieu de rendez-vous depuis la gare


Idée n°2 : faire une urban quest

Mais qu’est-ce-donc qu’une urban quest ? me direz-vous…. C’est une chasse au trésor en version 2.0, un jeu de piste où le terrain de jeu est une partie remarquable de la ville.

Notre urban quest s’est tenue dans le Vieux Lille. Pendant 1h30, nous sommes allés de lieu en lieu, au fil d’énigmes nous invitant à regarder très attentivement notre environnement. Équipés d’un téléphone portable dédié, d’un plan, et de quelques accessoires (boussole, longue-vue, papier, crayon…), nous avons déambulé dans les rues, cherchant des éléments architecturaux originaux et des repères bien cachés, planchant sur des jeux de mots, estimant des positions.

J’ai vraiment beaucoup aimé le concept, très ludique, et je me suis rendue compte que nous avions ensuite une certaine facilité à nous repérer dans le quartier, ayant pris de nombreux points de repères grâce aux énigmes !

Départ du square jouxtant le musée de l’Hospice Comtesse / Trouver la plus petite maison de Lille
Aux abords de la Grand Place


Idée n°3 : se laisser émerveiller par la cathédrale Notre Dame de la Treille

De l’extérieur, la façade de la cathédrale de Notre Dame de la Treille interpelle. De l’intérieur, elle émerveille !

La construction de l’édifice débute au milieu du XIXe siècle, dans le style néo-gothique en vogue à l’époque. Le chantier sera chaotique, souvent ralenti pour des questions de financement, puis mis à l’arrêt avec la Première Guerre Mondiale avant de repartir lentement puis d’être de nouveau arrêté lors de la Deuxième Guerre Mondiale. Ainsi en 1947, un mur provisoire en briques monté pour fermer la nef inachevée. Le chantier continue dans les parties hautes, qui sont cependant réduites par rapport au projet intiale. Mais l’ensemble dénote dans un quartier pittoresque, et quand la ville commence à rénover le Vieux Lille dans les années 1980, il devient nécessaire de trouver une solution pérenne.

La construction d’une grande rosace et de deux tours en façade est abandonnée. Il est même un temps envisagé de les remplacer par un immeuble de bureaux ! Finalement, le projet porté par Pierre-Louis Carlier et Peter Rice est retenu et mis en œuvre , pour une inauguration à la veille de l’an 2000.

De l’extérieur, c’est une façade de marbre blanc et de béton, avec un portail en bronze et verre. De l’intérieur, le marbre se révèle translucide, créant une vision magique.

L’intérieur de la cathédrale Notre Dame de la Treille



Idée n°4 : manger une glace sous les arbres

Après avoir beaucoup marché, et comme il faisait chaud, nous avons eu envie de déguster une glace. Une fois les glaces achetées, nous nous sommes installés à l’ombre sous les arbres du parc entourant la cathédrale Notre Dame de la Treille… et il semblerait que de nombreux lillois en faisaient autant !

Autour de Notre Dame de la Treille, se mettre à l’ombre des arbres


Idée n°5 : Flâner sur la Grand Place, en fin de journée

Si la Grand Place est superbe (bien que très fréquentée) en journée, à la nuit tombée, elle revêt un éclairage qui la sublime. Il serait dommage de ne pas en profiter.

A la tombée de la nuit sur la Grand Place


Idée n°6 : se promener à la Citadelle

La Citadelle de Lille a été imaginé par Vauban, pour s’inscrire dans la ligne de défense des frontières nord du pays.

Si la Citadelle de Lille est toujours un bâtiment militaire (il s’agit actuellement du quartier général du Corps de Réaction Rapide France, structure de commandement de l’OTAN), les fossés ont été transformés autour de la première enceinte en un agréable parc urbain.

Nous nous y sommes rendus en fin de journée, alors que le soleil déclinait. Il était impressionnant de constater la (relative) fraicheur sur la promenade autour de la Citadelle comparée à la chaleur du Vieux Lille voisin. Nous nous sommes promenés tranquillement, le long de la voie des Combattants, faisant le tour de l’enceinte. Sur environ 2 km, nous avons ainsi pris le temps d’observer faune et flore (ragondins, grenouilles, roseaux, oiseaux… ) tout en savourant des instants de calme (même si certains secteurs offrant de larges pelouses sont aussi des lieux de regroupement festifs à l’approche du week-end !).

Je retiens particulièrement le fait que la promenade, à deux pas de la ville, se fait au cœur de la verdure, et qu’en période estivale, les lieux gardent une certaine fraîcheur. Il est en outre possible de s’installer pour pique-niquer sans problème un peu partout.

Le canal de la Moyenne Deûle qui assure l’encerclement du site militaire par des cours d’eau, rendant son accès plus complexe pour un ennemi
Soleil couchant sur la Porte Royale


Idée n°7 : manger dans une friterie

Difficile pour moi d’aller quelque part sans avoir envie de goûter quelques spécialités. Les jours où j’étais à Lille, il faisait très chaud, et je n’ai pas eu envie de courir après des pâtisseries. Par contre, nous avons diné de frites et de croquettes.

Nous avons choisi la Friterie Meunier, essentiellement parce qu’elle était situé face à la gare et que l’une de mes collègues reprenait le train dans la soirée.

Ce qui m’a frappée, c’est la générosité des portions ! J’ai pris une part de frites « moyenne » et j’étais bien contente de trouver quelqu’un avec qui la partager car la « petite » aurait largement suffi : la notion de taille des parts de frites n’est clairement pas la même dans le Nord que dans les grandes enseignes de fast-food…

Frites & croquettes

(*) Friterie Meunier, face à la gare de Lille Flandres (il y a une autre adresse sur la Grand Place)


Idée Bonus : visiter la Villa Cavrois

La Villa Cavrois n’est pas à Lille, mais à Croix, dans la métropole lilloise. Accessible en 30 min de tramway (et un peu de marche à pied) depuis la gare de Lille Flandres, elle mérite largement de s’y rendre exprès (et elle fera l’objet d’un futur article ! ).


Je ne connaissais Lille que pour y être rapidement passée deux fois auparavant. L’aperçu plus approfondi que j’en ai eu lors de ces deux jours m’a donné envie d’y retourner, car la liste de ce que j’aurais aimé voir dans la métropole lilloise est encore longue….

[projet 52-2022] semaine 18 – forme géométrique

Ce thème Forme Géométrique du projet 52 tombe pour une fois assez bien pour moi ! En effet, durant les vacances, il y a une dizaine de jours, j’ai visité le château de Montrottier en Haute-Savoie (je vous raconterai cela dans un futur article). Et parmi les nombreuses surprises que recèle ce château, il y a un escalier assez impressionnant. Il s’agit en effet d’un escalier à vis sans pivot central !

Visuellement, cela donne une très belle spirale…. Notre forme géométrique du jour donc !

*************************

Pour découvrir les formes géométriques proposées par les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

[petits moments] mars 2022 en vrac

Si l’actualité internationale est bien préoccupante ce mois-ci, j’ai essayé de profiter de l’arrivée du printemps pour prendre l’air chaque fois que c’était possible.

********************

Alors que le printemps n’avait pas encore complètement commencer à montrer le bout de son nez, j’ai fait un tour au Bois des Naix.

Bois des Naix – Bourg de Péage – Drôme

********************

Profitant d’une course à faire à proximité, je suis allée me balader le long du Rhône en amont du barrage de Bourg-lès-Valence.

Regarder les bateaux passer sur le Rhône
Le barrage de Bourg-lès-Valence – Drôme

********************

Même si les fruits et légumes sont encore bien hivernaux, j’aime aller au marché !

« ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier »

Marché de la place des Clercs – Valence – Drôme – le samedi matin

********************

Avec Mr 2e, nous sommes retournés boire une bière à la Brasserie de la Pleine Lune.

Brasserie de la Pleine Lune – Chabeuil – Drôme

********************

Il y a encore eu des dimanches CSO ce mois-ci avec Melle 3e !

********************

J’ai eu besoin d’aller à côté de l’ESISAR, l’école d’ingénieurs en systèmes embarqués et réseaux de Grenoble INP, située à Valence. Cela a été l’occasion d’aller jeter un œil à l’œuvre de Ruedi Baur qui en recouvre la façade. Installée dans le cadre du 1% culturel lors de la construction du bâtiment en 1997, elle est composée de 0 et de 1 et permet également d’assurer l’isolation phonique du bâtiment situé à proximité d’une voie très passante.

ESISAR – Valence – Drôme

********************

Je n’avais pas souvent eu l’occasion de passer de nuit devant le temple de Chabeuil alors que la lumière était allumée à l’intérieur. C’est chaque fois l’occasion de mieux voir son architecture et son jeu de vitraux.

Temple – Chabeuil – Drôme

[Drôme] ambiance 60’s à la Préfecture et à l’Hôtel du Département

C’est au cours des Journées du Patrimoine que j’ai eu l’occasion de visiter la Préfecture et l’Hôtel du Département de la Drôme. Si j’avais déjà vu passer des photos, cette plongée dans l’architecture et la décoration très 60’s des lieux a été une véritable découverte.

Durant la seconde guerre mondiale, la Préfecture de Valence a été détruite au cours de bombardements. Elle s’est ensuite installée dans des locaux provisoires. La construction d’un nouveau bâtiment a été lancée sur le site de l’ancienne citadelle et caserne Chareton au début des années 1960. Le projet est signé George Goldfard et Maurice Biny. Le bâtiment d’origine est très représentatif de l’architecture de cette période : dalles de béton, murs rideaux, escalier d’accès monumental.

A la fin des années 1980, un concours est lancé pour réaliser une extension, destinée à héberger les services du département qui, suite aux lois de décentralisation, ne dépendent plus de la préfecture. Le projet retenu est en courbes et contre-courbes, tranchant avec la linéarité du bâtiment d’origine. L’escalier monumental est détruit, un péristyle est ajouté, et l’accueil du public est complètement repensé.

Outre l’aspect architectural à proprement parler, c’est l’ensemble des éléments décoratifs qui plongent le visiteur dans une esthétique moderniste des années 1960. Panneaux de bois, métaux, verre et skaï se mélangent et nous propulsent dans un décor au charme d’un luxe désuet.

Dans la salle de l’assemblée départementale, un lustre monumental veille sur les délibérations et apporte une solennité supplémentaire aux pupitres de bois roux. Dans le grand salon, la hauteur sous plafond soulignée par les luminaires, la double exposition, les immenses baies vitrées et les couleurs chaudes des décors permettent de créer une ambiance à la fois conviviale et officielle.

En faisant le tour du bâtiment, on arrive du côté des appartement privés du préfet. Les baies vitrées, là encore, cassent la rigueur du bâtiment et baignent les lieux de lumière. Le hall d’entrée donne l’impression de se trouver dans le lobby d’un luxueux hôtel des années 60 et on ne serait que moyennement surpris d’y croiser James Bond sous les traits de Sean Connery. Un élégant paravent de métal dissimule habillement le vestiaire et l’accès aux sanitaires. Une toile de Cathelin apporte une touche de couleur sur le mur paré de pierre. Les pièces desservies reprennent les mêmes codes en les déclinant selon leur usage : salle à manger avec sa crédence, fumoir et sa cheminée… Chaque fois, une attention particulière a été apportée aux luminaires, dessinés spécialement pour les lieux. Tous les détails ont été pensés pour raconter la grandeur des institutions hébergées dans le bâtiment.

La visite se termine. Il est temps de revenir au XIXe siècle !

Le lustre de la salle de l’assemblée départementale
Le salon d’apparat
Accès extérieur des appartements privés du préfet
Le hall desservant la salle à manger et le fumoir
Dans le hall
Ambiance lobby d’hôtel 60’s !
Le plafond de la salle à manger et le mur du fumoir
Bois et alu pour la rampe de l’escalier
Le grand salon d’apparat
L’escalier de l’extension pour le conseil départemental et son puits de lumière

Préfecture et hôtel du département de la Drôme – septembre 2021

[petits moments] à la découverte du parc de la Cartoucherie

Courant mai, un nouveau parc urbain a ouvert à Bourg-lès-Valence. Situé sur les anciens terrains de la Cartoucherie (dont le bâtiment abrite maintenant des studios d’animation), il porte officiellement le nom de Bernard Piras, ancien sénateur-maire de la ville.

Construit en terrasse pour suivre la déclivité du terrain, le parc offre de jolies vues sur la Cartoucherie ainsi que sur l’Ardèche et la montagne du Crussol qui lui font face. Des chaises et chaises-longues invitent à y faire une pause, tout comme les immenses tables sous la structure de la pergola qui sera végétalisée. Une grande aire de jeux très colorée vient compléter les équipements du parc.

Le parc est traversé par un canal, issu de la source de Flavie, et qui permettait initialement d’envoyer via un bassin de rétention l’eau nécessaire au fonctionnement de l’usine vers les bâtiments. Et en bordure du parc, on retrouve d’un côté la gare, qui servait à expédier les productions de la Cartoucherie et était directement reliée à la ligne Valence/Grenoble (et donc facilement accessible depuis la ligne Paris/Méditerranée) et de l’autre côté, un petit entrepôt, construit en 1902. Tous les deux sont classés au titre des monuments historiques, tout comme le bâtiment principal et la cheminée ainsi que le système hydraulique.

L’ensemble offre aujourd’hui un joli parc agréable pour se promener, se prélasser, ou s’amuser….

Le bâtiment principal et la cheminée

Invitation au bavardage
Au coeur du nouveau parc
Aire de jeux
L’ancienne gare
A la source…
Sous la pergola
Iris des marais
Le canal de Flavie
Vue sur le bâtiment principal
Le printemps au parc de la Cartoucherie
Porte de l’entrepôt
Au bord du canal de Flavie
L’ancienne entrée des bureaux de la Cartoucherie

Parc Bernard Piras / La Cartoucherie – Bourg-lès-Valence – Drôme – mai 2021

[projet 52-2021] semaine 20 – architecture

Pour ce thème Architecture du projet 52, j’avais au départ pensé vous montrer un bâtiment contemporain. Il y a en effet de jolis immeubles qui sont sortis de terre ces dernières années sur Valence. J’avais aussi envisagé de vous montrer la gare de Valence TGV, mais cela fait quelques semaines que je n’y ai pas mis les pieds. Je m’étais également demandé si je ne vous montrerais pas une belle rénovation, comme celle de la médiathèque Latour-Maubourg à Valence.

Mais, en partant me promener sur Saint Antoine l’Abbaye (je vous en reparlerai), je suis passée devant l’ancienne gare de Saint Paul lès Roman. Et j’ai eu envie de vous parler d’architecture ferroviaire !

Lorsque les premières lignes de train ont été mises en service, il a fallu construire des gares. Si dans les grandes villes, on a construit de vastes halles, architectures de verre et de métal, desservant de grands bâtiments monumentaux, tout le long des lignes, ce sont des petites gares qui ont vu le jour. Afin de limiter les coûts, les petites gares d’une même ligne (voire d’une même compagnie ferroviaire) étaient construites selon le même plan, très fonctionnel. On retrouve ainsi des éléments communs à l’ensemble des petites gares : un bâtiment donnant d’un côté sur une place/parvis et de l’autre sur l’un des quais, comportant une salle principale pour la vente et l’attente, des petites annexes techniques de chaque côté et un logement pour le chef de gare à l’étage.

Si beaucoup de ces petites gares ont fermé ces dernières années, soit par abandon des lignes, soit par rationalisation de celles-ci en raison du développement d’autres modes de déplacements (dont essentiellement la voiture), elles restent les témoins d’une époque où le voyage s’envisageait autrement et où le train était partout un moyen de déplacement du quotidien. Et elles continuent de me charmer chaque fois que j’ai l’occasion d’en croiser une (ou mieux d’en emprunter une…).

*******************

Pour voir ce que les autres participants ont choisi de montrer comme architecture, il suffit de suivre les liens dans les commentaires.

[petits moments] à la médiathèque Latour-Maubourg

La médiathèque de Valence a pris ses quartiers en début d’année dans l’ancienne caserne Latour-Maubourg. C’est l’architecte Rudy Ricciotti (celui du MUCEM) qui a su mettre en valeur l’ancien bâtiment tout en le modernisant et s’assurant de son adéquation à sa nouvelle utilisation.

Les escaliers en particulier sont extrêmement photogéniques… et les espaces intérieurs proposent de nombreux coins de lecture, façon petit salon stylé.

Vue sur les anciennes écuries (qui abritent des services pour les étudiants) et la place d’Armes
L’escalier principal
Lignes graphiques
Comme à la maison

Médiathèque Latour-Maubourg – Valence – Drôme – mars 2021

[Drôme] le château de Grignan

Le château vu depuis la cour d’honneur

Le château de Grignan est fortement associé à la Marquise de Sévigné. En effet, c’est à Grignan que vivait sa fille, destinataire des fameuses lettre, et c’est à Grignan que Madame de Sévigné a terminé sa vie et est enterrée.

L’emplacement du château est occupé par un oppidum romain avant de devenir un petit château fort à partir du Xe siècle. Au XIIe siècle, un bourg castral s’installe au pied du château, puis dans le courant du XIIIe siècle, les Adhémar de Monteil s’emparent progressivement de la seigneurie de Grignan. Le château et la ville prennent alors de l’ampleur. A la Renaissance, les crénelages sont arasés, la superficie de la grande salle est doublée, les façades sont remaniées. Au XVIe siècle, c’est la construction de la collégiale, au pied du château et l’aménagement de la grande terrasse du château qui sert de toit à l’église. Les Adhémar de Monteil sont alors une famille très puissante de la région.

Au XVIIe siècle, François Adhémar de Monteil épouse Françoise de Sévigné, fille de la marquise et qualifiée alors de « plus belle fille de France ». Suite à la nomination de François Adhémar au poste de lieutenant-général de Provence, le couple s’installe à Grignan. Le comte procède alors à de multiples aménagements et extensions du château, y dépensant une fortune colossale. Après son décès, la famille est ruinée et doit vendre l’ensemble de ses biens.

Suite à la Révolution, le château est démantelé et les matériaux ainsi que le mobilier sont vendus et dispersés. La grande façade est partiellement détruite à cette période. Le château reste en ruines jusqu’à début du XXe siècle où il est racheté par Marie Fontaine qui le fait reconstruire à l’identique (ou tout du moins, le plus exactement possible en tenant compte des croquis et dessins d’époque qui avaient alors été retrouvés). En 1979, le château est vendu au département de la Drôme qui y fait transférer des collections de mobilier.

Lors de notre passage, le circuit de visite avait été adapté pour répondre aux contraintes sanitaires. Ainsi la circulation se fait à sens unique et certaines pièces ne sont donc pas visitables (comme par exemple, celles habitées par Marie Fontaine). Cela n’empêche pas d’avoir un aperçu très complet du château : cour d’honneur, façade François Ier, escalier d’honneur, appartements à la française, grand salon, entrée d’origine (donnant sur la cour du puits) avec son escalier à la voûte en ogives, galerie… Chaque pièce nous emmène en voyage dans l’histoire et le temps.

La visite se termine par un tour dans les jardins et sur la terrasse afin d’admirer le panorama (par beau temps, le Mont Ventoux se détache à l’horizon, ce qui n’était pas le cas le jour de notre passage) ainsi que la vue sur la campagne environnante avec ses champs de lavandes et le village blotti au pied du château.

L’escalier d’honneur
Vue sur la campagne depuis le petit salon
La chambre des appartements à la française
Pousser les portes…
Vue sur la cour du puits et la terrasse depuis la galerie
La galerie et ses boiseries
Vue sur le village depuis la terrasse

Château de Grignan – Drôme – octobre 2020

(*) Les conditions de visite du château de Grignan sont disponibles sur le site internet des châteaux de la Drôme.

[Drôme] en passant par la Drôme des Collines

La Drôme des Collines couvre le nord du département. Rapidement au-dessus de Romans, on trouve un paysage vallonné offrant de jolis points de vue sur le Vercors et parsemé de charmants villages. Dans ce secteur qui domine la vallée de l’Isère, la culture de la noix est très présente.

Parmi les villages, j’avais entendu parler de Montmiral pour le panorama que l’on peut y découvrir. Mais Montmiral, c’est aussi une église monumentale qui domine l’ensemble. Elle comporte en effet deux clochers de deux époques bien différentes : un du XIIe siècle et un autre du XIXe siècle. Le clocher le plus ancien domine l’abside et ses absidioles à l’arrière du bâtiment, tandis que le clocher-porcher du XIXe siècle s’ouvre sur la nef reconstruite à cette époque.

La rue principale conduit de l’église à la mairie, située dans l’ancien château. Une fontaine est installée dans la cour de la mairie, et, détail surprenant, d’anciens murs qui ne sont plus inclus dans le bâtiment ont conservé leurs volets.

Quant au panorama sur le Vercors et la campagne environnante, il ne m’a pas déçue ! Que ce soit depuis la mairie ou depuis le parvis de l’église, la vue qui s’offre au passant est majestueuse…. Mais la vue sur le village depuis le sud est aussi très imposante (l’astuce consiste à se stationner au cimetière pour en profiter).

Vue sur le village de Montmiral depuis le parking du cimetière
Deux clochers, deux époques
L’imposant clocher-porche de l’église Saint Christophe
D’anciens volets ont été conservés sur un mur qui ne délimite plus qu’un parking….
Jouer avec l’eau de la fontaine…
« Tire la chevillette et la bobinette cherra…. »
Vue sur les collines et le Vercors

Montmiral – Drôme – septembre 2020

*************

Sur le chemin du retour, j’ai fait un crochet pour aller découvrir l’abbaye bénédictine Notre Dame de Triors dont on m’avait parlé. Rattachée à la congrégation de Solesmes, elle a été fondée dans les années 1980 par l’abbaye de Fontgombault. L’église abbatiale a été construite en 1992/1993 et présente une architecture très sobre, en lien avec la règle de Saint Benoit .

Abbaye Notre Dame de Triors – Drôme – septembre 2020