[petits moments] à la médiathèque Latour-Maubourg

La médiathèque de Valence a pris ses quartiers en début d’année dans l’ancienne caserne Latour-Maubourg. C’est l’architecte Rudy Ricciotti (celui du MUCEM) qui a su mettre en valeur l’ancien bâtiment tout en le modernisant et s’assurant de son adéquation à sa nouvelle utilisation.

Les escaliers en particulier sont extrêmement photogéniques… et les espaces intérieurs proposent de nombreux coins de lecture, façon petit salon stylé.

Vue sur les anciennes écuries (qui abritent des services pour les étudiants) et la place d’Armes
L’escalier principal
Lignes graphiques
Comme à la maison

Médiathèque Latour-Maubourg – Valence – Drôme – mars 2021

[Drôme] le château de Grignan

Le château vu depuis la cour d’honneur

Le château de Grignan est fortement associé à la Marquise de Sévigné. En effet, c’est à Grignan que vivait sa fille, destinataire des fameuses lettre, et c’est à Grignan que Madame de Sévigné a terminé sa vie et est enterrée.

L’emplacement du château est occupé par un oppidum romain avant de devenir un petit château fort à partir du Xe siècle. Au XIIe siècle, un bourg castral s’installe au pied du château, puis dans le courant du XIIIe siècle, les Adhémar de Monteil s’emparent progressivement de la seigneurie de Grignan. Le château et la ville prennent alors de l’ampleur. A la Renaissance, les crénelages sont arasés, la superficie de la grande salle est doublée, les façades sont remaniées. Au XVIe siècle, c’est la construction de la collégiale, au pied du château et l’aménagement de la grande terrasse du château qui sert de toit à l’église. Les Adhémar de Monteil sont alors une famille très puissante de la région.

Au XVIIe siècle, François Adhémar de Monteil épouse Françoise de Sévigné, fille de la marquise et qualifiée alors de « plus belle fille de France ». Suite à la nomination de François Adhémar au poste de lieutenant-général de Provence, le couple s’installe à Grignan. Le comte procède alors à de multiples aménagements et extensions du château, y dépensant une fortune colossale. Après son décès, la famille est ruinée et doit vendre l’ensemble de ses biens.

Suite à la Révolution, le château est démantelé et les matériaux ainsi que le mobilier sont vendus et dispersés. La grande façade est partiellement détruite à cette période. Le château reste en ruines jusqu’à début du XXe siècle où il est racheté par Marie Fontaine qui le fait reconstruire à l’identique (ou tout du moins, le plus exactement possible en tenant compte des croquis et dessins d’époque qui avaient alors été retrouvés). En 1979, le château est vendu au département de la Drôme qui y fait transférer des collections de mobilier.

Lors de notre passage, le circuit de visite avait été adapté pour répondre aux contraintes sanitaires. Ainsi la circulation se fait à sens unique et certaines pièces ne sont donc pas visitables (comme par exemple, celles habitées par Marie Fontaine). Cela n’empêche pas d’avoir un aperçu très complet du château : cour d’honneur, façade François Ier, escalier d’honneur, appartements à la française, grand salon, entrée d’origine (donnant sur la cour du puits) avec son escalier à la voûte en ogives, galerie… Chaque pièce nous emmène en voyage dans l’histoire et le temps.

La visite se termine par un tour dans les jardins et sur la terrasse afin d’admirer le panorama (par beau temps, le Mont Ventoux se détache à l’horizon, ce qui n’était pas le cas le jour de notre passage) ainsi que la vue sur la campagne environnante avec ses champs de lavandes et le village blotti au pied du château.

L’escalier d’honneur
Vue sur la campagne depuis le petit salon
La chambre des appartements à la française
Pousser les portes…
Vue sur la cour du puits et la terrasse depuis la galerie
La galerie et ses boiseries
Vue sur le village depuis la terrasse

Château de Grignan – Drôme – octobre 2020

(*) Les conditions de visite du château de Grignan sont disponibles sur le site internet des châteaux de la Drôme.

[Drôme] en passant par la Drôme des Collines

La Drôme des Collines couvre le nord du département. Rapidement au-dessus de Romans, on trouve un paysage vallonné offrant de jolis points de vue sur le Vercors et parsemé de charmants villages. Dans ce secteur qui domine la vallée de l’Isère, la culture de la noix est très présente.

Parmi les villages, j’avais entendu parler de Montmiral pour le panorama que l’on peut y découvrir. Mais Montmiral, c’est aussi une église monumentale qui domine l’ensemble. Elle comporte en effet deux clochers de deux époques bien différentes : un du XIIe siècle et un autre du XIXe siècle. Le clocher le plus ancien domine l’abside et ses absidioles à l’arrière du bâtiment, tandis que le clocher-porcher du XIXe siècle s’ouvre sur la nef reconstruite à cette époque.

La rue principale conduit de l’église à la mairie, située dans l’ancien château. Une fontaine est installée dans la cour de la mairie, et, détail surprenant, d’anciens murs qui ne sont plus inclus dans le bâtiment ont conservé leurs volets.

Quant au panorama sur le Vercors et la campagne environnante, il ne m’a pas déçue ! Que ce soit depuis la mairie ou depuis le parvis de l’église, la vue qui s’offre au passant est majestueuse…. Mais la vue sur le village depuis le sud est aussi très imposante (l’astuce consiste à se stationner au cimetière pour en profiter).

Vue sur le village de Montmiral depuis le parking du cimetière
Deux clochers, deux époques
L’imposant clocher-porche de l’église Saint Christophe
D’anciens volets ont été conservés sur un mur qui ne délimite plus qu’un parking….
Jouer avec l’eau de la fontaine…
« Tire la chevillette et la bobinette cherra…. »
Vue sur les collines et le Vercors

Montmiral – Drôme – septembre 2020

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Sur le chemin du retour, j’ai fait un crochet pour aller découvrir l’abbaye bénédictine Notre Dame de Triors dont on m’avait parlé. Rattachée à la congrégation de Solesmes, elle a été fondée dans les années 1980 par l’abbaye de Fontgombault. L’église abbatiale a été construite en 1992/1993 et présente une architecture très sobre, en lien avec la règle de Saint Benoit .

Abbaye Notre Dame de Triors – Drôme – septembre 2020

[Auvergne] Montluçon, cité médiévale

Montluçon a été mon étape sur la route du retour des vacances. Arrivée en fin d’après-midi un dimanche, et après pas mal d’heures de conduite, j’en ai profité pour aller découvrir à pied la cité médiévale.

Situé aux confins de plusieurs régions historiques, l’histoire de Montluçon commence à l’Antiquité, et même si la cité est au départ moins puissante que sa voisine Néris, sa situation géographique la rend stratégique. Ainsi les Wisigoths s’y installent au IVe siècle avant que Clovis ne vienne conquérir Berry et Auvergne. Au Xe siècle, la puissance de Montluçon est acquise et elle résiste aux invasions que subit la région. La seigneurie de Montluçon, rivale de celles des Bourbons, sera unie à celle-ci dans le courant du XIe siècle suite à des aléas de succession. A la frontière entre le duché d’Aquitaine et le royaume de France, le bourbonnais passe sous domination de l’un et l’autre alternativement. Au fil des siècles, la ville devient fortifiée, et un château fort est édifié sur le rocher autour duquel s’articule la ville. Le plan de ce château sera finalement revu et une élégante galerie aux larges ouvertures sera construite. La ville s’est développée autour du château et des églises correspondant aux deux paroisses du Moyen-Âge.

Arrivée par l’avenue Marx Dormoy (percée au XIXe siècle, elle constitue une perspective en direction de la gare de chemin de fer), je fais face à la façade extérieure du château qui domine l’ensemble. Je prends une rue au hasard au pied du rocher et je croise de très nombreuses maisons à pans de bois.

Assez rapidement, je me retrouve au pied de l’église Notre-Dame aux jolies pierres dorées. En la contournant, je me retrouve dans les jardins Wilson. Inaugurés en 1939, ils sont construits en partie sur l’ancienne emprise des remparts de la ville, et s’étagent sur plusieurs niveaux.

Je passe alors par le quartier Saint Pierre, où je fais un tour dans l’église romane et où j’admire les sculptures sur les maisons, véritables dentelles de bois pour certaines. Enfin, je remonte vers le château, en faisant une petite halte sur la place de la fontaine, alimentée par une source située au pied du promontoire rocheux.

De la cour du château, je découvre la superbe galerie qui fait toute la spécificité du château des Bourbons. J’en profite également pour admirer le panorama depuis l’esplanade qui surplombe toute la région, m’aidant des tables d’orientation présentes.

Les paysages donnent envie d’être découverts plus en détails et l’aperçu que j’ai eu de la ville incite à vouloir y revenir… pour une prochaine étape sur la route, ou un court séjour peut-être.

Sur l’avenue Marx Dormoy, jets d’eau et vue sur le château
Le château des Bourbons surplombe la ville
l’église Notre-Dame
Au pied de l’église Notre-Dame, on entre dans les jardins Wilson
Symétrie dans les jardins Wilson
les maisons à pans de bois du quartier Saint Pierre
la place de la fontaine
un peu partout dans la cité médiévale, d’anciennes plaques émaillées à destination des touristes
la galerie et la tourelle du château des ducs de Bourbon
depuis la cour du château des ducs de Bourbon, admirer l’élégance de la galerie et la tourelle
depuis l’esplanade du château, vue sur la ville et les alentours

Montluçon – Allier – août 2020

[Drôme] la collégiale Saint Barnard de Romans

La collégiale Saint Barnard, sur la rive droite de l’Isère, à l’angle du Pont Vieux, est un monument emblématique de Romans. Je n’y étais pourtant entrée qu’une seule fois, lors de mon tout premier passage à Romans, un matin d’hiver…. Ayant lu que certaines pièces habituellement fermées étaient exceptionnellement ouvertes dans le cadre des Escales Estivales, j’ai saisi l’occasion d’y retourner.

Une abbaye bénédictine est fondée en 838 par Barnard, archevêque de Vienne, à cet endroit. Suite à de nombreux conflits, les bénédictins sont remplacés une centaine d’années après par un collège de chanoines réguliers et l’église devient donc collégiale. A partir du début du XIe siècle, l’église est reconstruite à plusieurs reprises. L’édifice que nous voyons aujourd’hui, entièrement en pierre de molasse, allie le style roman dans les parties inférieures de la nef et le style gothique dans les parties supérieures de la nef, le chœur et le transept.

Lorsque l’on pénètre dans la nef, on est frappé par cet immense espace de 65 mètres de long qui s’ouvre d’un seul tenant jusqu’au chœur. Celui-ci est ajouré de hautes baies vitrées en lancettes, surmontées d’un triforium, et décoré de peintures murales du XIVe siècle.

La chapelle du Saint Sacrement est la réunion des chapelles Saint Maurice et Saint Etienne, de styles différents, qui avaient été adosées au mur extérieur de la collégiale. On y pénètre par une petite porte située dans la nef. Elle abrite aujourd’hui les tentures de la Passion, un ensemble de neuf panneaux du début du XVIe siècle retraçant les scènes de la Passion du Christ. Les couleurs d’origine à base de plantes ont un peu passé avec le temps mais il reste la finesse des détails et la profusion des éléments.

Sur une voûte de la chapelle du Saint Sacrement, une fresque, dite « des trois Doms », représente des scènes relatives aux Saints Séverin, Exupère et Félicien, martyrs du Dauphiné et dont les corps étaient conservés à Romans avant leur transfert en Avignon. On peut y voir une représentation du Palais des Papes qui serait la seule connue antérieure au XVIIe siècle.

Dans la grande sacristie, parée de boiseries de noyer du XVIIe siècle, d’anciens objets liturgiques sont conservés : reliquaires, calices, … ou encore la mule du pape Pie VI (qui est une chaussure et non un animal). On peut également y découvrir un fragment de fresque murale du XIIIe siècle mis à jour lors d’une restauration des boiseries. Mais l’élément le plus impressionnant de la sacristie reste le grand chapier. Ce meuble construit au XIXe siècle pour ranger les habits liturgiques se compose de quatre grands tiroirs demi-circulaires à fond canné, pivotants autour d’un axe central. Il permet de conserver les ornements à plat afin de ne pas les abimer.

Je dois dire que je ne soupçonnais pas la présence de certains de ces éléments patrimoniaux jusqu’il y a peu et je suis ravie d’avoir pu profiter des ouvertures estivales pour les découvrir. Il me reste maintenant à revenir lors d’une visite guidée pour accéder au triforium du chœur, et à attendre que les vitraux de l’Apocalypse, détruits lors de l’épisode de grêle de juin 2019, soient reconstruits et remis en place.

Les visages des statues romanes du portail d’entrée ont été ruinées lors des guerres de religion
Les peintures murales du chœur
Depuis la nef
La fresque des Trois Doms, avec la plus ancienne représentation connue du Palais des Papes d’Avignon
Une des tentures de la Passion
Le chapier ouvert, où sont toujours conservés d’anciens habits liturgiques

Collégiale Saint Barnard – Romans – Drôme – juillet 2020

(*) La chapelle du Saint Sacrement et la sacristie sont ouvertes en accès libre les samedis de 15.00 à 18.00 et les dimanches de 15.00 à 19.00 jusqu’au 6 septembre 2020 dans le cadre des Escales Estivales.

[petits moments] entre le 4 et le 10 juillet 2020

SAMEDI 4 JUILLET. Je suis allée de bonne heure me promener à Mirmande où je n’étais pas allée depuis plusieurs années (et je vous prépare un billet très vite).
Les cigales donnaient un concert et j’ai eu la chance de voir celle-ci !

dans les ruelles de Mirmande – Drôme

J’ai terminé la matinée par un café en terrasse avant de faire un tour au petit marché du village.

Sur la terrasse de la Dinette à Mirmande – Drôme

DIMANCHE 5 JUILLET. En passant à Romans, j’ai fait un crochet par la côte Jacquemart pour voir le ciel de rubans qui y a été installé il y a peu. Avec le vent qui agite les rubans, le rendu est sympa…

Côte Jacquemart – Romans
Côte Jacquemart – Romans
Côte Jacquemart – Romans

MERCREDI 8 JUILLET. De temps en temps, je dis bonjour à mes collègues avec une photo de(puis) la gare, surtout quand la lumière est jolie…

Gare de Valence TGV en allant prendre le train…

JEUDI 9 JUILLET. La semaine approche de la fin : dernier retour de Lyon avant le week-end et les vacances (j’ai la chance d’être en télétravail le vendredi).

Départ de Lyon Part-Dieu vers Valence

[Auvergne] une étape à Moulins

Je suis rentrée en voiture de mon dernier passage en Bretagne. La route est trop longue pour être faite d’une seule traite et dans ce cas, je m’arrête en Auvergne. Cette fois, c’est à Moulins que j’ai décidé de faire étape.

Après 5 heures de route, je n’avais qu’une seule envie : me dégourdir les jambes ! J’ai donc posé ma valise à l’hôtel, jeté un oeil par la fenêtre à l’église du Sacré Coeur… et je suis partie à pied me balader dans les rues moulinoises.

Assez logiquement, j’ai commencé par l’église du Sacré Coeur puisqu’elle était toute proche. De là, je suis partie sur la place d’Allier, coeur de la ville avec ses cafés, ses restaurants et ses boutiques. J’ai jeté un oeil au Grand Café, classé monument historique, mais il y avait foule et je n’y suis pas entrée. J’ai remarqué aussi la façade des anciennes Nouvelles Galeries et quelques autres enseignes en mosaïque 1900.

Puis, j’ai déambulé dans le quartier historique. J’ai aimé me perdre dans les ruelles, entre les maisons à pans de bois. J’ai regardé la Tour Jacquemart (et je l’ai mentalement comparée avec celle de Romans). J’ai traversé l’Hôtel de Ville et sa cour où coule une fontaine. Et doucement, je me suis approchée de la cathédrale, faisant des tours et des détours dans les petites rues charmantes.

Je n’ai pas pu voir le fameux tryptique car il n’est accessible qu’à certains horaires, mais j’ai admiré les vitraux et l’architecture de la cathédrale. Celle-ci, ancienne église collégiale du XVIe siècle, fut agrandi au XIXe siècle lorsque Moulins fut érigée en évêché, ce qui lui donne un style assez particulier.

De la cathédrale, je suis redescendue vers la place d’Allier, puis vers la rivière. Le pont Régemortes est l’unique pont routier et piéton de la ville à ce jour. Construit au XVIIIe siècle, il a depuis résisté à de multiples et violentes crues de l’Allier. Il est en effet placé sur un radier, et offre un large passage aux eaux, ce qui lui assure une forte stabilité dans un terrain fortement sabloneux. En aval du pont, sur les îles qui se forment dans le lit de la rivière au fil des saisons, se trouve une importante zone de nidification. M’arrêtant quelques instants au pied du pont, j’ai pu apercevoir des hérons cendrés, des aigrettes garzettes, des gravelots…. de quoi terminer joliment une balade fort agréable en ville !

Façade 1900 des Nouvelles Galeries
Fronton 1900 au dessus de l’entrée d’une boutique
Tour Jacquemart
Cour de l’hôtel de ville
Se perdre dans le dédale des ruelles….
Au fil des matériaux et des époques…
Pont Régemortes, côté amont
Pont Régemortes, côté aval
Vue sur les flèches de la cathédrale et le château des ducs de Bourbon depuis la chambre d’hôtel
Lever de soleil sur les flèches de la cathédrale et le château des ducs de Bourbon

Moulins – Allier – juin 2020

[Danemark] découvrir Langeland

Préambule : avec le confinement, je suis partie en exploration dans mes archives.

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Ce voyage au Danemark date d’août 2008. Nous étions partis en voiture de Paris. Nous avions traversé l’Allemagne, nous arrêtant à Brême à l’aller et à Lübeck et Cologne au retour. Nous avions loué une maison sur l’île de Langeland, et nous sommes essentiellement restés sur cette île. Nous avons juste passé une petite journée sur Fyn (Fionie) toute proche et une matinée sur Tåsinge.

la marina de Bagenkop

Après deux jours de trajet et quelques péripéties (nous n’avions pas anticipé les bouchons sur la péninsule danoise, ni la réservation d’un ferry pour rejoindre Fyn puisque nous pensions y aller par la route via le pont au nord de l’île.. mais avions été découragés par les bouchons, nous étions donc arrivés à Langeland après la fermeture de l’agence et avions ensuite eu un peu de mal à trouver la « rue » de la maison, qui de fait était plus un chemin de terre qu’une rue telle qu’on l’imaginait… ), nous nous sommes installés bien tard dans la maison le samedi soir. Mais déjà le cadre s’annonçait plaisant : un grand jardin, la forêt en bordure du terrain (nous aurons plusieurs fois la visite de biches au petit matin), une maison spacieuse et confortable, et la mer en toile de fond par delà les champs au bout du jardin….

Nous avons débuté notre découverte de l’île par la marina de Bagenkop le dimanche matin. La météo était un peu grise, et comme souvent au Danemark, le vent soufflait fort. La boulangerie avec ses viennoiseries et son café servi par demi-litre nous a vite mis dans l’ambiance danoise avec ses bougies allumées aux fenêtres.

Un peu plus loin, une plage de galets battue par une mer bien formée, une lagune marécageuse et quelques poneys en liberté m’ont fait tomber complètement sous le charme de ce bout de terre !

D’autres plages de galets un peu brutes, d’autres lagunes aux eaux calmes viendront m’émerveiller au cours du séjour… mais ce ne sont pas les seuls paysages qui me charmeront. En effet, Langeland s’est avérée riche de surprises.

En allant voir les petites falaises de Dovns Klint qui semblent si fragiles et permettent d’apercevoir le phare de Keldsnor, nous avons pu voir les chevaux sauvages de Langeland ! Ce sont des poneys Exmoor qui vivent là en liberté, sans interaction avec l’homme et il est recommandé de ne pas les approcher à moins de 50 mètres.

Le long du rivage se succèdent les plages, tantôt de sable, tantôt de galets, les phares (photogéniques) et les ports, parfois minuscules, comme celui de Ristingue.

Les églises blanches entourées de cimetières verdoyants dominent les villages. Les vieilles maisons aux façades colorées rythment les rues des petites villes. Chaumières et manoirs parsèment la campagne, et quelques moulins dressent encore leurs silhouettes sur les buttes.

Mais, ce à quoi je ne m’attendais vraiment pas du tout, ce sont les mégalithes ! Les dolmens sont nombreux et certains tumulus encore quasi intacts. Chaque champ ou presque recèle sa tombe millénaire. Certains mégalithes d’importance majeure sont indiqués et fléchés, mais d’autres, plus modestes se découvrent au hasard des routes… et des moissons : nous avons ainsi remarqué seulement la veille de notre départ un dolmen dans un champ devant lequel nous passions chaque jour !

Dans les visites insolites, je peux vous citer le musée des souvenirs à Tranekaer qui regroupe des babioles destinées aux touristes récupérées dans le monde entier entre les années 50 et 70. C’est extrêmement kitsch mais plutôt amusant. Et bien sûr, il y a la visite du fort de Langeland. Démilitarisé, cet ancien fort de surveillance de la mer Baltique est devenu un musée de la guerre froide. Mais l’on y découvre aussi bateaux et sous-marin… en plein milieu des terres !

Enfin, il ne faut pas oublier toutes ces petites choses de la vie courante qui sont si différentes : les étals en libre-service au bord des routes pour un peu tout (des pommes de terre nouvelles, de la confiture, des vide-greniers, …), les photophores, les multiples sortes de saucisses, les cendriers de plein air en pots de fleurs peints et retournés, les éoliennes, les biscuits, les boissons au sureau….

Ce séjour était une petite plongée en Scandinavie, dans des conditions particulièrement favorables et adaptées avec de jeunes enfants (Melle 3e avait 2 ans, ses frères 4 et 8 ans ! )… et revoir mes photos m’a donné envie de retourner « vers le Nord » !

Une plage à proximité de Bagenkop
Une ferme ancienne
Le petit port de Ristingue
Un dolmen au milieu des champs
Dovns Klint
les poneys sauvages de Langeland
le phare de Hou, au nord de l’île
le moulin de Tranekaer
dans les rues de Rudkøbing
Plage de cailloux…
l’église de Bagenkop

Langeland – Danemark – août 2008

[Etats-Unis] Minneapolis et ses environs

Préambule : avec le confinement, je suis partie en exploration dans mes archives. Les photos de ce billet ont été faites lors d’un voyage aux Etats-Unis en 2002. J’utilisais alors un appareil argentique. La numérisation des clichés a été faite directement par le laboratoire de développement (c’était pour moi d’une part une sécurité pour le retour : je faisais voyager d’un côté les pellicules et de l’autre les CDs, mais aussi une façon de laisser une copie des photos à ma soeur chez qui j’ai passé ce séjour). J’ai fait le choix de ne pas reprendre les couleurs sur les photos afin de conserver le côté un peu vintage qu’elles ont ainsi.

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Skyline de Minneapolis depuis Stone Arch Bridge

En 2002, je suis allée rendre visite à ma sœur aux États-Unis où elle s’était installée quelques années auparavant. Elle habitait alors Minneapolis, MN… Cela me vaut parfois un regard perplexe quand je dis qu’aux États-Unis, je n’ai séjourné que dans le Minnesota. Visiblement, ce n’est pas l’état qui fait le plus rêver quand on vit de l’autre côté de l’Atlantique… J’avoue cependant que sans cette occasion familiale, le Midwest n’aurait sans doute pas été mon premier choix non plus !

Mes premiers pas sur le sol américain, c’était dans le New Jersey… Faute de vol direct entre Paris et Minneapolis, nous avions une escale à Newark où nous passions le contrôle d’immigration. Si les questions étaient normales, le ton employé par l’agent démontrait une certaine perplexité sur la destination finale du voyage. ce qui donné un dialogue du style :

  • « Is it the first time you come to the US ? »
    • « Yes »
  • « And you’re going to Minneapolis ????? « 
    • « Yes »
  • « But why Minneapolis ? ».. 

Non, vraiment, le Minnesota ne doit pas attirer les foules européennes pour un premier voyage aux États-Unis !

Une fois ces formalités accomplies, j’ai réalisé que ce que je voyais en face de moi n’était pas un poster géant mais bel et bien la skyline de Manhattan ! (on va mettre le temps que j’ai mis à le réaliser sur le compte de la fatigue du vol transatlantique )  L’avion à destination de Minneapolis était loin d’être plein et j’ai pu profiter comme une enfant de la vue par le hublot : la statue de la Liberté et le pont de Brooklyn… comme dans les films !

Arrivés à Minneapolis, il d’abord fallu compenser le décalage horaire ! La première mission du premier matin a donc logiquement été d’aller faire provision de café… Nous étions seuls chez ma sœur qui était partie travailler ; nous avons donc décidé d’aller explorer son quartier. Nous avons marché quelques blocs, traversant des typologies de quartiers assez différentes. En peu de distance, nous avons croisé des quartiers chics avec des villas immenses, mais aussi un bus scolaire abandonné servant de point de rendez-vous aux junkies du secteur sur un parking déserté ! Ce matin-là, tout n’était que surprise : les écureuils gris et peu farouches, les balançoires et les jeux des squares (Mr 1er avait 2 ans, ce point n’était donc pas négligeable), les grillages autour de certains jardins alors que d’autres n’avaient aucune clôture, les pelouses toutes taillées au millimètre, les signalisations routières et en particulier les panneaux snow route, l’épicerie du quartier… oui, vraiment tout ! Je débarquais dans un autre monde !

Les jours suivants, nous vivions à l’américaine avec ma sœur et mon beau-frère. Nous avons fait les courses au supermarché (encore un lieu d’étonnement par rapport aux supermarchés français…), nous sommes allés manger dans les restaurants où ils travaillaient à l’époque, nous avons pris des litres de café au Caribou Coffee. Nous sommes aussi allés nous promener dans les parcs et autour des nombreux lacs de la ville. Nous avons fait du shopping au Mall of America, l’un des plus grands centres commerciaux des États-Unis. Je ne sais pas ce qui m’y a le plus étonnée : le parc d’attraction au cœur du centre commercial (qui était à l’époque dédié à Snoopy, une célébrité locale), l’aquarium dédié aux tortues que l’on pouvait parcourir en restant immobile sur un tapis roulant, la taille démesurée de l’ensemble, la décoration du Rainforest Café, ….

Nous sommes allés en balade sur les rives du Mississippi pour admirer la skyline de Minneapolis depuis Stone Arch Bridge et voir cette écluse faramineuse et son impressionnante prise d’eau au niveau des chutes de Saint Anthony. Nous avons pris un bateau à roues pour une croisière sur le fleuve et passé cette fameuse écluse. Difficile de ne pas se sentir minuscule une fois au niveau inférieur !

Nous sommes allés découvrir le Sculpture Garden avec son emblématique Spoonbrigde and Cherry… où nous avons pu jouer entre les oeuvres d’art contemporain.

Nous avons fait un saut à Saint Paul pour voir le Capitole d’état mais il était trop tard pour y entrer… (nous avons quand même monté les marches pour regarder à travers la porte vitrée !)

Nous avons visité Fort Snelling où par le plus grand des hasards nous sommes arrivés un jour de reconstitutions historiques. Nous avons vu les soldats du début du XIXe siècle manœuvrer fusils et canon. Nous avons eu un échange extrêmement intéressant avec une indienne Dakota sur l’histoire de son peuple et les liens noués avec les trappeurs français qui faisaient commerce de fourrure le long du fleuve.

Nous sommes aussi allés plus au nord, le long du Lac Supérieur, sur le Northshore, à Duluth pour voir ce lac si grand que des cargos y transitent, que les mouettes y vivent et que l’on y constate des marées ! Et de là, nous sommes partis à la découverte du State Park de Gooseberry Falls.

(à suivre…)

Vue sur Downtown Minneapolis depuis les environs de la ville
L’écluse des chutes de Saint Anthony
La prise d’eau pour le remplissage de l’écluse au premier plan et les chutes de Saint Anthony canalisées par un barrage hydro-électrique en arrière-plan
Minnehaha Falls dans Minnehaha Park
Sculpture Garden
La skyline de Minneapolis depuis le fleuve Mississippi
Vue d’ensemble de Fort Snelling
Démonstration de tir avec des fusils du XIXe siècle à Fort Snelling
Le capitole d’état à Saint Paul, MN

Minnesota – Etats-Unis – août 2002

[Paris] au fil de la Seine

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Un soir de déplacement professionnel, j’ai eu envie d’aller faire un tour au pied de l’Arc de Triomphe. J’ai eu la chance d’arriver à l’heure où le soleil se couche, nimbant le monument d’une lueur presque irréelle.

J’ai ensuite commencé à descendre les Champs Elysées. Mais entre la foule et les néons, j’ai vite perdu tout intérêt pour les lieux. J’ai alors bifurqué en direction de la Seine. J’avais dans l’idée de jeter un oeil à la Tour Eiffel et marcher un peu le long des quais.

En arrivant au pont de l’Alma, je n’ai pas pu manquer les vastes panneaux indiquant les bateaux-mouches, ni les nombreux navires amarrés au quai. Plusieurs cars s’agglutinait sur le parking et le dernier venait de libérer un groupe de touristes asiatiques qui se précipitaient vers les portillons d’accès aux bateaux.

C’est alors que j’ai remarqué l’absence de queue à la caisse et une indication du prochain départ 5 minutes après. Plusieurs fois, j’avais hésité à m’offrir cette croisière (comme se plaisent à l’appeler les différentes compagnies de bateaux promenant les touristes sur la Seine). L’occasion était trop belle pour la manquer ! Quelques instants plus tard, je prenais place sur le pont supérieur, m’asseyant sur tribord, le long du bastingage.

19.00 en janvier, inutile de préciser qu’il faisait déjà nuit noire.. et que les températures n’étaient pas bien élevées. Je m’emmitouflais donc dans mon manteau, resserrant mon écharpe autour de mon cou, bien décidée à profiter des monuments by night.

Passer sous les ponts en entendant l’écho des bruits de notre bateau. Regarder les rares passants sur les quais aux ambiances de films noirs. Croiser les bars et restaurants flottants. Admirer les façades majestueuses. Apercevoir le chantier de Notre Dame. Deviner des vies dans les bâtiments. S’émerveiller devant la Tour Eiffel, qui s’est mise à scintiller à notre passage.

La promenade sur la Seine a duré un peu plus d’une heure, vite passée malgré le froid qui commençait à m’engourdir les orteils, et nous étions de retour au port de l’Alma….

Une prochaine fois, je le ferai de jour pour avoir encore une autre vision de la ville !

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Fin de journée au pied de l’Arc de Triomphe

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La Tour Eiffel depuis la port de la Conférence

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L’hôtel de la Monnaie de Paris

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Passer sous les ponts

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Ambiance de film noir sur les quais

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Fin de promenade sur la Seine

Promenade en bateau-mouche – Paris – janvier 2020

 

(*) Le hasard m’a fait emprunter la compagnie des bateaux-mouche mais plusieurs autres compagnies proposent des prestations similaires à des tarifs comparables sur la Seine. Chaque compagnie propose son point de départ, plusieurs sont situés aux environs de la Tour Eiffel mais il y en a aussi qui partent de l’île de la Cité.