[petits moments] le concours de chiens de berger

En allant faire une course, mon oeil a été attiré par un panneau au bord de la route annonçant un concours nationale de chiens de berger… Cela a piqué ma curiosité alors j’ai fait le petit détour pour aller voir ce qu’il en était, et j’ai été impressionnée par le travail des chiens, et de leurs bergers, autour des troupeaux.

J’ai également apprécié les commentaires, très didactiques qui expliquaient les règles, les obstacles mais surtout ce à quoi ils peuvent correspondre dans la vraie vie, et pourquoi il est important pour les chiens et bergers de savoir guider les brebis sur ces obstacles.

La vue sur le village de Vaunaveys, depuis le bord du terrain

concours national de chiens de berger – épreuve des chiens de niveau 2
(chiens encore « en formation » pour la conduite de troupeaux)
Vaunaveys la Rochette – Drôme – samedi 5 septembre 2020

[Drôme] Romans en lumières

Depuis le 15 août, chaque soir à la tombée de la nuit, les façades du Musée de la Chaussure de Romans s’animent dans le cadre de la Région des Lumières.

Cette opération met en valeur les monuments des villes de la région à travers des projections monumentales. J’avais ainsi déjà découvert celles sur la façade de la cathédrale de Valence l’hiver dernier et celles du Puy en Velay l’été dernier. De son côté, la ville de Romans avait déjà monté des spectacles de projections sur la tour Jacquemart pour Noël. Cette fois, ce sont les majestueuses façades du Musée de la Chaussure, ancien couvent des Visitandines qui sont mises en lumières.

Le spectacle se déroule sur les trois façades et nous propose de plonger dans le patrimoine architectural, gourmand et historique de Romans. Ainsi, l’évocation commence par celle du travail du cuir : tanneries, maroquineries, chausseurs ont longtemps été les industries principales de la ville. De façon assez logique, le travail du cuir débouche sur la chaussure et quelques paires emblématiques des collections du musée viennent prendre vie.

Puis, le spectacle évoque les fastueuses décorations de la collégiale Saint Barnard qui se retrouvent reconstituées en lumières. L’effet est saisissant. Viennent ensuite la Tour Jacquemart (qui est actuellement en train de se refaire un beauté et qui devrait être ensuite en mesure de sonner les heures à nouveau), et le joli kiosque à musique. Ensuite, pognes et ravioles viennent titiller nos souvenirs gourmands.

Le sport, la danse, les cultures contemporaines et le carnaval sont ensuite évoqués à travers des tableaux rythmés. Les façades dansent. C’est presque hypnotique.

Quand le MERCI final s’affiche, on n’a finalement qu’une seule envie : s’organiser pour revenir !

Les vendredis et samedis soir à partir de 19.00, il y a des food-trucks, un bar éphémère et un DJ Set pour patienter jusqu’à la tombée de la nuit.
le travail du cuir
Chaussures à foison
la collégiale Saint Barnard
Jacquemart…
le kiosque à musique
Pluie de pognes !
effet hypnotique sur les façades….

Romans – Drôme – août 2020

(*) Le spectacle Romans en lumières est gratuit. Les projections débutent à la tombée de la nuit jusqu’au 20 septembre 2020.

[Isère x Savoie] paysages envoûtants au cirque de Saint Même

A cheval entre Savoie et Isère, au cœur du massif de la Chartreuse, le cirque de Saint Même faisait partie de ces endroits que j’avais très envie de découvrir en vrai après les avoir vu souvent en photos. D’ailleurs, je craignais d’être déçue par la réalité tant les images que j’avais croisées sur les réseaux sociaux étaient magiques… Je vous rassure tout de suite : il n’en a rien été et les lieux m’ont complètement envoûtée !

La météo avait été pluvieuse en fin de nuit et bien que la matinée soit déjà très avancée, les nuages s’accrochaient encore largement aux montagnes quand nous sommes arrivés à l’entrée du site. Nous avons laissé la voiture sur le parking et sommes partis à pied le long de la rivière.

Dès l’entrée dans le cirque, le paysage enrobé de nuages se dévoile à la fois grandiose et magique. Nous continuons à remonter la rivière jusqu’à trouver un gros rocher où nous installer pour le pique-nique.

Après la pause, nous décidons de remonter la rivière en suivant le sentier du tour du cirque pour accéder à la Pisse du Guiers, la cascade la plus basse. Après une première partie très facile, nous arrivons à un charmant petit pont en bois. Ensuite, le sentier s’engage dans les rochers, mais la progression reste globalement facile. Nous avons bientôt la cascade en point de mire. Pour arriver jusqu’au pied, il faut escalader un peu dans les rochers. Le jeu en vaut la chandelle car une fois au pied de la cascade, le spectacle est vraiment fascinant. Nous restons un long moment à admirer la chute d’eau… et ne décidons de partir que parce qu’un autre sentier nous attend.

Un petit retour sur nos pas et nous revenons à la bifurcation pour partir sur le sentier des cascades afin d’accéder aux cascades situées plus haut dans le cirque.

Le chemin s’engage dans la forêt dans une montée rapide. Entre les arbres, la vue sur la vallée et les montagnes environnantes prend de l’ampleur. Nous apercevons également une cascade qui semble surgir au cœur de la forêt. Le sentier continue à monter…. avant d’amorcer une descente entre racines et cailloux.

Nous arrivons à la Grande Cascade. Entre la météo hésitante et la crise sanitaire, il y a peu de monde dans cet endroit habituellement plein de touristes. Nous pouvons profiter de la vue sans être gênés. De là où nous sommes, nous apercevons la cascade la plus haute, celle qui chute de la grotte où la rivière prend sa source. Nous descendons dans le lit de la rivière pour une vue grandiose sur la Grande Cascade. Puis nous empruntons la passerelle des resquilleurs qui apporte une touche de photogénie supplémentaire aux lieux et amorçons la descente.

Dans la forêt, de nombreux rochers attirent les enfants qui n’hésitent guère à les escalader (les rochers ont une attirance un peu magnétique sur eux ! ). Nous retrouvons la rivière dans la prairie où nous la traversons sur des petits ponts en bois….

Nous terminons là notre promenade dans le cirque de Saint Même, totalement sous le charme.

Un air de Canada en Chartreuse
Le petit pont de bois sur le Guiers Vif avant d’arriver à la Pisse du Guiers
Cascade de la Pisse du Guiers
C’est reparti pour le sentier des cascades !
Et dans la forêt apercevoir une cascade
La Grande Cascade et au dessus la cascade de la source
la Grande Cascade
La Grande Cascade et le pont des resquilleurs
On se retourne une dernière fois ….

Cirque de Saint Même – Chartreuse – entre Isère et Savoie – juillet 2020

(*) Le cirque de Saint Même est entièrement piéton. Des parkings sont prévus à l’entrée du site, auxquels l’accès est normalement payant en haute saison (mais cette année, l’accès était gratuit). Un péage est installé sur la route avant le village de Saint Même le Haut.
Le sentier du tour du cirque est facile en dehors de la toute fin, mais vaut la peine même sans aller jusqu’au bout.
Le sentier des cascades est un peu plus sportif en raison de la forte montée dans la forêt, mais il peut être fait par des enfants qui marchent bien. Il convient d’être bien chaussé en raison des nombreux cailloux et racines sur le chemin.
Avec l’humidité des cascades, certains passages peuvent être glissants.
Même en cas de météo grise, il est mieux de partir avec de l’eau en quantité suffisante (surtout avec la montée un peu sportive ! ).

Sentier des cascades : environ 5 km pour 150 mètres de dénivelé positif, il est indiqué pour 1h30 (c’est grosso modo ce que nous avons mis, pauses photos comprises)
Sentier du tour du cirque : presque pas de dénivelé, indiqué pour 30 minutes (nous avons mis à peu près ce temps là mais nous avons passé pas mal de temps à nous amuser dans les rochers et à prendre des photos)

[Isère] la cascade de la Pisserotte

Juste avant de redescendre du massif de la Chartreuse, nous avons fait un petit crochet pour aller découvrir la cascade de la Pisserotte. Située à Saint Joseph de Rivière, cette cascade haute de 64 mètres tombe de la Grande Sure.

Du parking de la cascade, il y a environ 1 km pour arriver au pied de la cascade. La direction est bien indiquée sur le poteau et il suffit ensuite de suivre le seul chemin possible, à savoir le lit secondaire de la rivière… Celui-ci forme un large chemin très caillouteux en montée.

La balade est agréable, rafraichissante entre le couvert des arbres et le ruisseau voisin.

On finit par arriver au pied d’un rocher de poudingue au cœur duquel le ruisseau a creusé une cluse ( c’est la photo en tête de ce billet). Pour le passer, il n’y a pas beaucoup de choix possibles : il faut l’escalader ! Heureusement la poudingue permet des prises assez aisées tant pour les pieds que pour les mains. (J’ai également repéré quelques pitons qui permettent l’attache d’une corde)

Le parcours impose ensuite de remonter dans le lit du ruisseau qui prend toute la largeur… Il est donc préférable d’avoir des chaussures qui ne craignent pas l’eau !

Mais une fois les derniers arbres dépassés, le spectacle qui s’offre à nous valait les quelques efforts fournis : la cascade tombe au cœur d’un cirque de poudingue et se déverse dans une jolie mare.

Nous restons un bon moment à contempler les lieux… et à prendre des photos ! Puis, après avoir ramassé quelques cailloux, nous rebroussons chemin pour revenir à notre point de départ.

La fin du parcours se fait directement dans le lit du ruisseau

Vue sur le haut de la cascade
En pluie fine au niveau de la mare
Aller se mettre sous la cascade !
64 mètres de chute d’eau dans un cirque de poudingue….

Cascade de la Pisserotte – Saint Joseph de Rivière – Chartreuse – Isère – juillet 2020

(*) Pour accéder au parking de la cascade, il faut entrer dans le hameau des Grollets entre Saint Joseph de Rivière et le col de la Placette, puis continuer tout droit sur la route jusqu’à l’entrée de la forêt où se situe le parking. On aperçoit la cascade depuis la route quand on vient du col de la Placette.
Le temps de parcours du parking à la cascade est donné pour 20 minutes sur le poteau indicateur. Nous avons mis un peu moins de 15 minutes malgré un arrêt photos en cours de route.
Le chemin étant très caillouteux, il est impératif d’être correctement chaussé (mais c’est faisable en basket). La randonnée est classée comme facile sur le topo, mais l’approche finale de la cascade (escalade de la petite cluse et marche dans le ruisseau aux galets glissants) est un peu plus délicate et peut être difficile à gérer avec de jeunes enfants.

[Isère] à la découverte du musée de la Grande Chartreuse

En complément de notre randonnée autour du monastère de la Grande Chartreuse, nous avons visité le musée. Celui-ci est situé à 2 kilomètres du monastère, dans les anciens bâtiments de la Correrie qui servait aux frères convers avant de devenir l’hôpital du monastère. En effet, sa situation moins encaissée et plus ensoleillée permettait aux moines chartreux malades ou âgés de bénéficier de meilleures conditions de vie. Aujourd’hui, le musée présente la vie des chartreux et l’organisation d’une chartreuse.

C’est au XIe siècle que Saint Bruno installe un ermitage en Chartreuse, rejoint par quelques compagnons. C’est le début de l’histoire de l’ordre des chartreux qui prennent comme nom celui du lieu qui les accueille. Suite à des avalanches ( mais c’est plus vraisemblablement des éboulements emportés par des coulées de neige qui ont détruit la maison haute d’origine) au XIIe siècle, la maison haute de la Chartreuse sera déplacée de quelques kilomètres en aval, permettant en outre son agrandissement. Le monastère que nous connaissons actuellement date du XVIIe siècle et a été construit en pierre suite à un incendie ayant détruit une grande partie des bâtiments qui existaient alors.

La Grande Chartreuse, comme les autres chartreuses, s’organise autour d’un grand cloître où sont répartis les ermitages des moines. Chacun de ces ermitages est en fait une petite maison où l’étage constitue la pièce unique divisée en quatre espaces : un lit, une place pour manger face à la fenêtre afin de pouvoir observer la nature, un espace d’étude et de travail et un espace de prière. Le niveau inférieur comporte un atelier où le moine peut faire des activités manuelles selon ses aptitudes et préférences (reliure, travail du bois… ) mais aussi couper le bois pour alimenter le petit poêle de sa pièce de vie. Un petit jardin permet la culture des plantes et la méditation. Le grand cloître permet de rejoindre l’église. Les journées des chartreux sont rythmées par la prière, individuelle ou collective, l’étude, le travail manuel. Les offices sont chantés.

Les chartreux se sont peu à peu spécialisés dans l’herboristerie et produisent depuis le XIXe siècle de façon industrielle une liqueur, la Chartreuse, dont ils sont les seuls à connaître la recette encore aujourd’hui.

Musée de la Grande Chartreuse – Saint Pierre de Chartreuse – Isère – juillet 2020

(*) Les conditions de visite du musée sont disponibles sur leur site internet. Il n’y a pas de réservation malgré la crise sanitaire mais l’accès à l’intérieur du musée est régulé afin de ne pas dépasser la capacité autorisée.

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A quelques kilomètres de la Grande Chartreuse, le musée d’art sacré contemporain Arcabas mérite un détour. L’église de Saint Hugues de Chartreuse a en effet été totalement décorée par l’artiste et c’est un décor unique de plus de 100 pièces qui nous est présenté in situ. Arcabas a débuté son travail dans l’église de Saint Hugues en 1952 et y est intervenu pendant une trentaine d’années. Arcabas est, en particulier, reconnu pour son travail d’art sacré contemporain et il a réalisé des œuvres pour de nombreuses églises, pour beaucoup en Isère et en Savoie.

Musée Arcabas en Chartreuse – Saint Hugues de Chartreuse – juillet 2020

(*) Le musée est situé dans l’église du village de Saint Hugues. L’entrée est gratuite. Les horaires et conditions de visites sont détaillées sur le site internet des musées de l’Isère.

[Isère] autour de la Grande Chartreuse

Lors de mon séjour dans le massif de la Chartreuse, la première randonnée a été autour du monastère de la Grande Chartreuse.

Partant du parking du musée de la Grande Chartreuse, nous avons suivi la route privée qui monte jusqu’au monastère. Agréablement ombragée et assez facile, en dehors d’une montée un peu plus raide à la fin, c’est une balade tranquille. Elle permet de se rendre compte de l’ampleur du site de la Grande Chartreuse puisqu’elle longe une bonne partie du monastère. On découvre également plusieurs bâtiments annexes : l’hôtellerie, des granges, une ancienne retenue d’eau, la scierie….

Après la scierie, nous délaissons le chemin qui mène vers la chartreuse originelle, la chapelle Saint Bruno et le Grand Som, trop fréquentée. Et nous empruntons une route forestière qui monte à flanc de montagne et nous permet de surplomber assez rapidement le site que nous apercevons entre les arbres.

Un peu plus loin, nous passons sous un tunnel creusé dans le rocher. Juste après, un panneau indique que le bûcheronnage est en cours et que l’accès est donc interdit par mesure de sécurité. Dommage car nous aurions bien poussé jusqu’au Habert de Billon d’où la vue semble superbe…

Comme il est l’heure de pique-niquer, nous nous installons sur la zone de dépôt de bois au carrefour de la route de Chartrousette et de la route de Billon. Nous posons notre « table » sur de grosses grumes. Le bruit de la tronçonneuse cesse bientôt dans le lointain, et nous avons l’impression d’être seuls au monde, en plein milieu de la forêt de la Chartreuse.

Le retour s’effectue en rebroussant chemin. Nous remarquons un ancien petit moulin que nous n’avions pas vu en montant.

Arrivés au niveau du monastère, sous le Grand Som, nous entrons dans la prairie qui surplombe le site avec son calvaire, et nous nous dirigeons vers l’entrée de la chapelle. Bien entendu, celle-ci est fermée pour respecter le vœu de silence et de prière des moines, mais mon regard s’attarde sur les moulures de la porte.

Nous continuons à redescendre vers la Correrie où se situe le musée. Avant d’aller visiter celui-ci, nous nous arrêtons sur les bancs situés face à l’alpage où les vaches paissent tranquillement. Nous profitons du calme des lieux, tout simplement.

C’est parti !
Land art sur une grume dans un dépôt de bois aux abords du monastère
Le monastère sous les falaises du Grand Som
La prairie de Combe Bachais
Tunnel creusé dans le rocher
En redescendant vers le monastère
Campanule à larges feuilles
Détail de la porte de la chapelle, dédiée à Notre Dame
Sous le Grand Som
Vaches à l’alpage

autour de la Grande Chartreuse – Saint Pierre de Chartreuse – Isère – juillet 2020

(*) Toute la zone où nous avons randonné fait partie de la zone de silence du désert de Chartreuse. Il convient donc de la respecter afin de ne pas troubler la tranquillité des moines qui ont choisi un site isolé pour éviter d’être perturbés par le bruit.
Le monastère ne se visite pas. Le musée (dont je vous reparlerai) permet d’avoir une vision de la vie au sein de la chartreuse.

[petits moments] en passant par Montluçon

Dimanche dernier, sur la route de retour de Bretagne vers la Drôme, j’ai fait un arrêt à Montluçon. Je reviendrai en détail sur ma balade dans la ville dans un billet plus complet, mais voici déjà des petits moments… en passant !

Il y a d’abord eu ce chat installé sur son rebord de fenêtre, pas vraiment dedans, pas vraiment dehors.

Faire tenir une église dans un verre… jeu de reflet clin d’oeil à Oth !

Alors que le soleil se couchait, il jouait joliment dans les jets d’eau de l’avenue Marx Dormoy.

Et en allant chercher un café avant de reprendre ma voiture, je suis passée au pied d’un immeuble Art Déco qui présentait une jolie mosaïque, sur l’avenue Marx Dormoy .

[Isère] émerveillement souterrain à la grotte de Choranche

les falaises de Presles

Ma dernière visite de la grotte de Choranche remontait à 2013…. J’avais pourtant depuis régulièrement envisagé d’y retourner mais sans jamais vraiment trouver le moment. En juillet, alors qu’il faisait chaud et que le soleil brillait, j’ai demandé aux enfants quels étaient leurs souhaits en vue d’une balade le jour même. Les éléments de réponse qui sont arrivés étaient : Vercors, de la fraîcheur et pas trop de soleil…. Et la première idée qui m’est venue à l’esprit en retour est « la grotte de Choranche ». Ni une, ni deux, un tour sur internet pour vérifier horaires et conditions de visite, et nous étions partis.

Sur le trajet déjà, il est difficile de ne pas se laisser impressionner par les paysages du Vercors. Après avoir traversé Pont en Royans (où il faut vous arrêter si vous ne connaissez pas afin d’admirer les maisons suspendues), on remonte le cours de la Bourne jusqu’à l’entrée des gorges. Là, les majestueuses falaises de Presles surplombent le cirque de Choranche.

Une fois arrivés sur le parking des grottes, et le bâtiment d’accueil passé, un sentier monte jusqu’au porche de Coufin où l’on pénètre dans le monde souterrain de la grotte.

La grotte a été explorée pour la première fois en 1897 par Oscar Decombaz. Il a mené son exploration jusqu’à ce que le niveau de l’eau l’empêche de progresser dans chacune des deux cavités Coufin et Chevaline, qui en fait se rejoignent et ne sont que des développements d’un même réseau souterrain, aujourd’hui exploré sur un peu plus de 33 kilomètres.

La grotte de Choranche a été façonnée par le travail de l’eau, entre creusement par une rivière souterraine et modelage par le ruissellement des eaux infiltrées sur le plateau des Coulmes, environ 300 mètres plus haut. La visite se fait en longeant la rivière souterraine et permet d’admirer les fistuleuses, fines stalactites de faible diamètre et dont la plus longue mesure plus de 3 mètres…. Si des stalactites de ce type sont présentes dans toutes les grottes karstiques, celles de Choranche présentent la particularité d’être extrêmement nombreuses (et longues…) créant des plafonds entiers de fistuleuses dans plusieurs salles.

Dans la salle dite de la Cathédrale en raison de son volume et sa hauteur, un spectacle son et lumière anime les concrétions. La grotte abrite également un conservatoire de protées, ces salamandres cavernicoles slovènes actuellement en voie d’extinction.

Après une heure sous terre (où l’on perd toute notion du temps...), c’est le moment de retourner à la surface. La sortie s’effectue par l’entrée naturelle de la grotte, là où la rivière s’écoule.

En redescendant, nous profitons encore largement du paysage alentour… et nous prenons un rafraîchissement au bar du site, dont la terrasse offre une vue magnifique sur les falaises voisines.

Paysages grandioses du Vercors, à l’entrée des gorges de la Bourne
Sous le porche de Coufin
les premières concrétions de la visite
la grande salle, son lac souterrain et l’ouverture naturelle de la grotte au fond
Plafond de fistuleuses
son et lumières souterrain
fistuleuses en pagaille….
terrasse avec vue !

Grotte de Choranche – Isère – juillet 2020

(*) La grotte de Choranche est normalement ouverte toute l’année, mais les conditions météorologiques en particulier peuvent imposer des limitations. Il convient donc de se renseigner au préalable. De même, surtout dans le contexte sanitaire actuel, il est conseillé de réserver sa visite sur internet avant de venir…. et de ne pas oublier de se présenter à l’accueil une vingtaine de minutes avant l’horaire de la visite, pour avoir le temps de monter tranquillement jusqu’à l’entrée de la grotte.

[Drôme] la collégiale Saint Barnard de Romans

La collégiale Saint Barnard, sur la rive droite de l’Isère, à l’angle du Pont Vieux, est un monument emblématique de Romans. Je n’y étais pourtant entrée qu’une seule fois, lors de mon tout premier passage à Romans, un matin d’hiver…. Ayant lu que certaines pièces habituellement fermées étaient exceptionnellement ouvertes dans le cadre des Escales Estivales, j’ai saisi l’occasion d’y retourner.

Une abbaye bénédictine est fondée en 838 par Barnard, archevêque de Vienne, à cet endroit. Suite à de nombreux conflits, les bénédictins sont remplacés une centaine d’années après par un collège de chanoines réguliers et l’église devient donc collégiale. A partir du début du XIe siècle, l’église est reconstruite à plusieurs reprises. L’édifice que nous voyons aujourd’hui, entièrement en pierre de molasse, allie le style roman dans les parties inférieures de la nef et le style gothique dans les parties supérieures de la nef, le chœur et le transept.

Lorsque l’on pénètre dans la nef, on est frappé par cet immense espace de 65 mètres de long qui s’ouvre d’un seul tenant jusqu’au chœur. Celui-ci est ajouré de hautes baies vitrées en lancettes, surmontées d’un triforium, et décoré de peintures murales du XIVe siècle.

La chapelle du Saint Sacrement est la réunion des chapelles Saint Maurice et Saint Etienne, de styles différents, qui avaient été adosées au mur extérieur de la collégiale. On y pénètre par une petite porte située dans la nef. Elle abrite aujourd’hui les tentures de la Passion, un ensemble de neuf panneaux du début du XVIe siècle retraçant les scènes de la Passion du Christ. Les couleurs d’origine à base de plantes ont un peu passé avec le temps mais il reste la finesse des détails et la profusion des éléments.

Sur une voûte de la chapelle du Saint Sacrement, une fresque, dite « des trois Doms », représente des scènes relatives aux Saints Séverin, Exupère et Félicien, martyrs du Dauphiné et dont les corps étaient conservés à Romans avant leur transfert en Avignon. On peut y voir une représentation du Palais des Papes qui serait la seule connue antérieure au XVIIe siècle.

Dans la grande sacristie, parée de boiseries de noyer du XVIIe siècle, d’anciens objets liturgiques sont conservés : reliquaires, calices, … ou encore la mule du pape Pie VI (qui est une chaussure et non un animal). On peut également y découvrir un fragment de fresque murale du XIIIe siècle mis à jour lors d’une restauration des boiseries. Mais l’élément le plus impressionnant de la sacristie reste le grand chapier. Ce meuble construit au XIXe siècle pour ranger les habits liturgiques se compose de quatre grands tiroirs demi-circulaires à fond canné, pivotants autour d’un axe central. Il permet de conserver les ornements à plat afin de ne pas les abimer.

Je dois dire que je ne soupçonnais pas la présence de certains de ces éléments patrimoniaux jusqu’il y a peu et je suis ravie d’avoir pu profiter des ouvertures estivales pour les découvrir. Il me reste maintenant à revenir lors d’une visite guidée pour accéder au triforium du chœur, et à attendre que les vitraux de l’Apocalypse, détruits lors de l’épisode de grêle de juin 2019, soient reconstruits et remis en place.

Les visages des statues romanes du portail d’entrée ont été ruinées lors des guerres de religion
Les peintures murales du chœur
Depuis la nef
La fresque des Trois Doms, avec la plus ancienne représentation connue du Palais des Papes d’Avignon
Une des tentures de la Passion
Le chapier ouvert, où sont toujours conservés d’anciens habits liturgiques

Collégiale Saint Barnard – Romans – Drôme – juillet 2020

(*) La chapelle du Saint Sacrement et la sacristie sont ouvertes en accès libre les samedis de 15.00 à 18.00 et les dimanches de 15.00 à 19.00 jusqu’au 6 septembre 2020 dans le cadre des Escales Estivales.