[Drôme] de l’automne à l’hiver, balades dans les paysages de saison

Cette année, la transition de l’automne à l’hiver me semble se faire plus doucement que d’autres années. Nous sommes fin novembre et les températures restent douces dans la plaine alors qu’habituellement, nous avons déjà eu des gelées matinales et bien souvent quelques flocons de neige, parfois même un peu trop comme en novembre 2019 ! Par conséquent, nous sommes allés chercher les paysages blancs un peu plus haut dans le Vercors. Mais avant de vous emmener dans la montagne, je vous propose d’aller faire un tour dans les vignes aux couleurs de l’automne.

Vignes aux couleurs automnales

L’automne dans les vignes

Les arbres tardent à perdre leurs feuillages mordorés cet automne, et les paysages restent encore très colorés. Fin octobre, j’ai voulu profiter d’une très belle journée pour aller randonner autour du belvédère de Pierre Aiguille, au dessus de Tain l’Hermitage. Malheureusement, une chasse était en cours sur le coteau, et il aurait dangereux de s’y risquer. Puisque j’étais déjà quasiment arrivée au parking lorsque je l’ai vu, j’ai décidé de plutôt partir à pied dans l’autre sens, sur la colline de l’Hermitage.

Depuis la colline de l’Hermitage, avoir un coup d’œil pour Pierre Aiguille

L’endroit a l’avantage d’être facile d’accès, ce qui fait que j’y vais finalement assez souvent, juste pour prendre un peu l’air. Cette fois, les couleurs d’automne des vignes resplendissaient dans le soleil. Je n’ai finalement pas beaucoup marché, préférant m’attarder au pied de la chapelle pour photographier les vignes et le paysage.

Perspectives dans le vignoble

Le temps s’écoule en douceur. Une personne joue de la guitare un peu plus loin. L’été semble vouloir se prolonger en dépit du changement des couleurs. Je m’assoie au soleil. Je contemple le Rhône qui déroule son ruban entre les vignes de l’Hermitage et celles de Saint Joseph face à moi. Je le suis des yeux partant vers la montagne de Crussol. Je me demande s’il est possible de se lasser d’un tel paysage.. et je finis par conclure que ce n’est pas près de m’arriver quoi qu’il en soit !

Regarder le Rhône se faufiler dans le paysage, avec la montagne de Crussol au fond
Entre Hermitage et Saint Joseph…
Vignoble avec vue !
La passerelle Seguin relier Tain et Tournon par dessus le Rhône
Au pied de la chapelle de l’Hermitage

C’est bien parce que j’ai une contrainte horaire à respecter en fin d’après-midi et que je souhaite profiter de mon passage pour quelques achats à la Cave de Tain que je quitte mon belvédère… jusqu’à une prochaine fois !

Un dernier regard avant de quitter les vignes de l’Hermitage..

Colline de l’Hermitage – Tain l’Hermitage – Drôme – octobre 2022

L’hiver au dessus du Grand Echaillon

L’avant-dernier week-end de novembre, Mr 2e (dont l’anniversaire était proche) était un peu frustré de constater que cette année, nul flocon n’était attendu autour de la maison dans les jours suivants, contrairement aux autres années depuis que nous sommes arrivés dans la Drôme. Ce matin-là, j’avais vu passer sur Instagram des stories d’autres Eclaireurs Partir Ici montrant de la neige sur le sommet du Puy de Dôme. J’ai donc eu la curiosité d’aller voir la webcam de Font d’Urle… Et bingo ! La neige était aussi tombée sur le Vercors !

En début d’après-midi, nous avons donc pris la route vers Font d’Urle. Nous ne nous attendions pas à ce qu’elle soit tombée plus près dans le Vercors compte-tenu du grand soleil dans la plaine de Valence. Aussi, nous avions choisi de passer par la route du Col de la Bataille (qui ferme aux premières neiges). En montant par le col des Limouches et sur le plateau de Léoncel, le soleil brillait, les couleurs des arbres étaient lumineuses : l’automne se déployait dans toute sa splendeur (et après coup, je regrette un peu de ne pas avoir pris le temps de faire un arrêt photo mais nous devions avoir encore un peu de route à faire..).

En montant vers la station du Grand Echaillon, au détour d’un virage, la route nous a fait changer de versant de la montagne… mais surtout, nous basculions d’un coup dans l’hiver ! Le paysage s’est dénudé. Le ciel est passé de bleu à gris. Nous entrions dans une ambiance nuageuse. Toutefois, la neige n’était pas encore là. Alors, nous avons continué à avancer. C’est peu après la station que nous avons commencé à apercevoir les petites touches de blanc sur les bas-côtés, puis de plus en plus. On a également commencé à trouver de la neige sur la route.

A la première possibilité, j’ai arrêté la voiture sur une zone de stationnement. Autour de nous, la forêt était couverte de neige et de givre. J’aime beaucoup l’effet des premières neiges de la saison. Elles me ramènent en enfance (à l’époque où même en Bretagne, nous avions chaque hiver au moins un jour ou deux de neige… et ces jours-là, nous en profitions largement !).

La route commence à être enneigée

Dans un paysage enneigé, tout m’émerveille. Chaque détail me fait sourire. (et bien que je n’aime pas conduire lorsqu’il y a de la neige, je suis prête à braver les conditions météo rien que pour le plaisir de m’émerveiller !) J’ai perdu la notion du temps à force d’enthousiasme enfantin. Il semblerait qu’il se soit écoulé pas loin d’1 heure entre le moment où nous sommes arrivés et celui où nous sommes repartis. Pourtant, nous ne sommes pas partis dans la forêt car nous étions un peu trop légèrement équipés. C’était une première fois dans la neige pour cette saison. Nous avions trouvé ce que nous venions chercher : la magie de l’hiver !

Fleur de givre
Dans le sous-bois…
Fleur de givre (bis)
Fleur de givre (ter)
Touches de couleur
Entre givre et neige, l’hiver s’est installé sur la montagne

Le Grand Echaillon – Léoncel – Drôme – novembre 2022

(*) Du 1er novembre au 31 mars, les équipements neige sont obligatoires sur les routes de certaines communes. Ne les oubliez pas avant de partir à la montagne !
J’ai pour ma part toujours une paire de chaines dans le coffre car de nombreuses communes autour de chez moi sont concernées.

[Paris] deux jours de découvertes parisiennes – partie 2

Après une première journée parisienne bien remplie, suivie d’une journée à Versailles (sur laquelle je reviendrai plus tard), nous avons continué nos balades et découvertes dans la capitale avec Melle 3e. Bien que n’ayant pas mis de réveil à sonner, nous nous sommes réveillées assez tôt. Nous avons donc rendu la chambre d’hôtel tout en laissant nos valises à la bagagerie de celui-ci afin d’être totalement libres dans nos déplacements du jour. Et nous sommes parties en direction de la place de la Bastille pour trouver un café où prendre un petit déjeuner (un de mes plaisirs parisiens est de prendre un café avec une tartine dans un café !).

Au bord de la place de la Bastille, le port de l’Arsenal et ses bateaux à l’amarrage

Bastille et le Marais

Nous avons ensuite jeté un œil au port de l’Arsenal, un endroit assez peu connu des touristes et que j’aime bien. Au pied de la colonne de Juillet, le bassin de l’Arsenal fait la jonction entre la Seine et le canal Saint Martin. Ancien port de marchandises, c’est maintenant un port de plaisance. Puis, nous avons traversé la place de la Bastille en direction du Marais. Je souhaitais en effet montrer à Melle 3e la place des Vosges, qui est pour moi la plus belle place de Paris (elle est d’ailleurs la place la plus ancienne de la ville). Comme il était encore tôt, les commerces n’étaient pas ouverts et nous avons pu profiter du calme dans le square central. Nous avons ensuite fait un tour dans les rues adjacentes, admirant quelques jolies façades au passage.

Dans le square de la place des Vosges, tôt le matin
Sous les arcades de la place des Vosges
Unité architecturale de la place des Vosges

Nous avons ensuite pris la direction de l’Hôtel de Ville avant de traverser la Seine pour rejoindre l’Île de la Cité. Après avoir jeté un œil à Notre Dame (en travaux suite à l’incendie d’avril 2019), nous nous sommes retrouvées face au Palais de Justice où nous avons décidé de visiter la Conciergerie et la Sainte Chapelle.

La Seine et l’Île de la Cité

La Conciergerie et la Sainte Chapelle

La Conciergerie et la Sainte Chapelle sont toutes les deux situées au cœur du Palais de Justice. En arrivant, lorsque nous avons vu la file d’attente pour la Sainte Chapelle, nous avons initialement renoncé à la visiter, nous reportant sur la Conciergerie (où il n’y avait absolument aucune attente par contre, peut-être parce qu’il y avait un périmètre de sécurité et qu’il fallait passer par un point de filtrage tenu par des CRS… ). J’avais déjà visité la Conciergerie il y a une vingtaine d’années et j’en gardais un souvenir assez mitigé : les lieux étaient intéressants mais peu mis en valeur et il y faisait sombre et humide.

L’expérience cette fois a été toute différente. L’éclairage a été revu, et le palais gothique est vraiment mis en valeur. Les salles liées à l’utilisation des lieux comme prison, en particulier lors de la Révolution Française, ont été repensées de façon instructive. Nous avons trouvé particulièrement intéressantes une salle dont les murs ont été recouverts par les noms de toutes les personnes jugées par le tribunal d’exception durant la Terreur qui met en exergue d’une part leur origine sociale (noblesse, clergé, tiers-état) et d’autre part s’ils ont été ou non condamnés à mort (et la plupart n’ont pas été condamné à mort, ce qui va à l’encontre de ce qui pouvait ressortir comme impression de mes cours d’histoire lorsque j’étais à l’école). Une table de médiation numérique permet en outre d’obtenir une biographie et les éléments de la condamnation de chacun de ces prisonniers. Par ailleurs, dans la cour, une exposition sur les femmes dans la Révolution retrace au travers du portrait de quelques-unes d’entre elles (dont Charlotte Corday, Olympe de Gouges ou encore Lucile Desmoulins), les façons dont elles se sont impliquées et les multiples facettes des valeurs qu’elles ont défendues.

Nous avons aussi beaucoup apprécié l’histopad prêté pour la visite. Ce dispositif de médiation numérique permet de visualiser les salles telles qu’elles étaient à différentes époques de l’histoire en mode « réalité virtuelle », mais aussi de se déplacer dans des salles inaccessibles ou aujourd’hui disparues. La cinématique, proche de celle d’un jeu vidéo, est très attractive et ludique. Enfin, une installation temporaire d’art contemporain était présentée dans la grande salle. Entre les piliers et sous les voûtes gothiques, des sculptures de sable ont été créées. Leur couleur se confond avec celle de la pierre. Leur réalisme est bluffant. Piliers effondrés, couettes et matelas, chiens de garde sommeillant nous plongent dans ce Sleeping Chapter du tryptique Outremonde de Théo Mercier. Nous sommes restées un long moment à admirer l’ensemble, aux frontières entre rêves et réalité.

Outremonde – Sleeping Chapter par Théo Mercier à la Conciergerie
Outremonde – Sleeping Chapter par Théo Mercier à la Conciergerie
Outremonde – Sleeping Chapter par Théo Mercier à la Conciergerie

Comme nous avions pris un billet jumelé Conciergerie/Sainte Chapelle, nous avons tout de même fait la queue pour visiter ce joyau de l’architecture gothique flamboyante. Si la Sainte Chapelle de Paris fait certainement partie de ces monuments à voir, je crois que son côté très instagramable et sa popularité sur les réseaux sociaux en font un lieu très prisé des touristes. Ainsi que ce soit avec un billet « prioritaire » ou en ayant réservé un créneau horaire, il est difficile d’attendre moins d’une heure pour y accéder (et je n’ose pas imaginer le temps d’attente si on n’a pas de billet). Si on fait un ratio temps d’attente/temps de visite, celui-ci n’est clairement pas favorable ! Pendant que nous attendions, je me faisais la réflexion que si les réseaux sociaux conduisaient à des surfréquentations de lieux naturels, c’est aussi le cas pour les monuments. Et si la Sainte Chapelle est magnifique, nous avons pour notre part trouvé nettement plus riche, instructive et intéressante la visite de la Conciergerie voisine (mais qui n’étant pas aussi visuellement impactante trouve un écho moins puissant sur les réseaux sociaux).

Dans la chapelle basse de la Sainte Chapelle de Paris
L’effet « waouh » en entrant dans la chapelle haute (et qui justifie sa popularité sur Instagram !)
Plus de 1000 vitraux composent le décor de la chapelle haute
Un joyau de l’architecture gothique..

Après ces visites, la matinée était terminée. Il était temps de traverser la Seine pour rejoindre le Quartier Latin afin de trouver un petit restaurant pour déjeuner…

Avant de quitter l’Île de la Cité, nous sommes passées par la place Dauphine, au charme très « parisien »

Le musée Rodin

Notre destination suivante était le musée Rodin, dans le 7e arrondissement, à proximité des Invalides. Nous avons donc pris le métro pour quelques stations. Là encore, il s’agit d’un musée que j’avais visité il y a une vingtaine d’années. J’en gardais un joli souvenir et celui-ci n’a pas été démenti. Situé dans l’hôtel de Biron, le musée Rodin fait suite au legs par l’artiste de l’ensemble de ses œuvres et biens à l’état en 1916 (sous réserve de pouvoir y résider jusqu’à la fin de sa vie, et que l’Hôtel de Biron soit transformé en un musée lui étant consacré). Le legs contenait également les droits d’auteur et le musée est toujours le dépositaire du droit moral de l’artiste. Lors de notre visite, une exposition temporaire présentait la passion de Rodin pour les antiquités égyptiennes et les liens de celles-ci avec ses propres œuvres.

Mais la richesse du musée Rodin, c’est l’exposition de nombreux bronzes, marbres et plâtres représentant l’ensemble de l’œuvre du sculpteur et permettant de comprendre son processus de création. Je reste chaque fois impressionnée par la puissance qui ressort de ses sculptures, ainsi que par le détail de celles-ci. Le musée permet également de découvrir quelques tableaux ou sculptures d’autres artistes ayant appartenu à Rodin. Une salle est ainsi consacrée au travail de Camille Claudel, élève et maîtresse de Rodin. Elle a pourtant su faire naître son propre style, tout en finesse et délicatesse, flirtant sur le fil des fragilités humaines. Après les salles du musée, nous avons bravé une averse (dont nous nous sommes abritées sous les branches d’un marronnier centenaire) pour découvrir les sculptures monumentales installées dans le jardin.

L’Hôtel de Biron, côté jardin
L’Âge d’Airain – bronze d’Auguste Rodin – 1877
Le Baiser – marbre d’Auguste Rodin – 1882
Le Penseur – bronze d’Auguste Rodin – 1880 (taille originale de 70 cm, la version monumentale sera pensée en 1903)
La Valse – bronze de Camille Claudel – 1893

Le musée de Cluny

En sortant du musée Rodin, et comme il était l’heure du goûter, nous sommes retournées dans le Quartier Latin où nous avions repéré un café Pierre Hermé. Nous avions en effet envie de déguster une bonne pâtisserie et nous n’avons pas été déçues ! Après cela, la météo était toujours incertaine et il nous restait encore quelques heures avant de prendre le TGV du retour. Aussi, nous avons décidé de visiter un dernier musée. Notre choix s’est porté sur le Musée de Cluny, musée national du Moyen-Âge, car il était tout près de là où nous étions.

Installé dans un ancien hôtel particulier de la fin de Moyen-Âge et sur les anciens thermes de Lutèce, le musée de Cluny a été repensé en 2018. Il héberge de riches collections d’art couvrant toute la période du Moyen-Âge en Europe. Je ne sais pas dire si c’est parce que nous étions un peu fatiguées (j’avoue que j’ai profité plusieurs fois des bancs dans le musée car mes jambes commençaient à en avoir marre de me porter après 3 jours à plus de 15 km dont une partie en « piétinant »…) ou si parce que les explications des panneaux et cartels étaient insuffisantes, mais nous n’avons pas compris la muséographie qui ne nous a semblé ni vraiment chronologique ni vraiment thématique. Nous avons donc eu un problème de lisibilité de la collection présentée. Malgré tout, nous avons pu admirer des œuvres très intéressantes, dont les fameuses tapisseries de la Dame à la Licorne.

Dans la cour de l’hôtel médiéval de Cluny
Joyau de l’hôtel de Cluny, la chapelle de style gothique flamboyant dont la voûte repose sur un unique pilier central
Têtes de chapiteaux médiévaux
Vierge à l’enfant – la douceur des expressions des sculptures médiévales a quelque chose d’émouvant
Sainte Barbe
A mon seul désir – l’une des 6 tapisseries de la Dame à la Licorne


Notre séjour parisien se termine. Il nous faut retourner chercher nos valises puis prendre le train pour rentrer. Nous avons noté encore beaucoup de lieux où nous aimerions aller, et nous prévoyons déjà un futur séjour parisien…

Quais de l’Île de la Cité

Informations pratiques :

  • Conciergerie, 2 boulevard du Palais, Paris 1er (dans l’enceinte du Palais de Justice, présence possible d’un périmètre de sécurité) – payant (gratuit pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans issus de l’UE) – possibilité de billet jumelé avec la Sainte Chapelle
  • Sainte Chapelle, 8 boulevard du Palais, Paris 1er (dans l’enceinte du Palais de Justice, présence possible d’un périmètre de sécurité) – payant (gratuit pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans issus de l’UE) – possibilité de billet jumelé avec la Conciergerie
  • Musée Rodin, 77 rue de Varenne, Paris 7e – payant (gratuit pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans issus de l’UE)
  • Musée de Cluny, 28 rue du Sommerard, Paris 5e – payant (gratuit pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans issus de l’UE, tarif réduit pour les personnes accompagnant un mineur)

[Paris] deux jours de découvertes parisiennes – partie 1

Cela faisait plusieurs années que j’avais un projet de city-trip parisien en famille, histoire de permettre aux enfants de (re)découvrir la capitale (j’ai vécu une quinzaine d’années en région parisienne, dont 2 en petite couronne et le reste à côté de Versailles, aussi j’ai déjà eu l’occasion de pas mal parcourir Paris et ses environs. Par contre, les enfants étaient jeunes lorsque nous avons déménagé dans la Drôme. Ainsi Melle 3e n’avait que 5 ans, et donc peu de souvenirs de nos balades parisiennes). J’avais initialement prévu de le conjuguer avec notre séjour à Disneyland Paris. Mais quelques confinements et contingences familiales m’avaient contraint de le reporter à une date indéfinie. Durant les dernières vacances de Toussaint, j’ai enfin pu concrétiser cette escapade urbaine à la découverte de musées et autres jolis lieux de la capitale. J’étais accompagnée uniquement de Melle 3e, les garçons ayant dorénavant chacun leur vie qui ne s’accommode pas nécessairement des congés scolaires. Nous sommes donc parties trois jours en tout, au cours desquels nous avons visité Paris pendant deux jours et consacré le 3e jour à Versailles (je vous en reparle bientôt !). Et comme nous avons vraiment bien rentabilisé notre temps sur place, je vais découper nos découvertes parisiennes en deux parties, et vous entrainer à notre suite selon la vraie chronologie de ces deux jours…

Place de la Concorde

Les Tuileries et le Musée de l’Orangerie

Nous avons pris le TGV très tôt à Valence un mercredi matin, pour arriver 2h10 plus tard à la gare de Lyon. Après avoir déposé nos bagages à l’hôtel situé à proximité de la gare (le choix du quartier de l’hôtel a été fait en pensant justement au fait de pouvoir y laisser nos valises en arrivant et les récupérer juste avant de repartir le dernier jour), nous avons filé vers le métro pour notre première visite. Nous avons commencé par traverser le jardin des Tuileries et profiter d’apercevoir la pyramide du Louvre (nous ne pourrons pas nous en approcher au cours de la journée qui est celle de l’hommage national à Pierre Soulages, et donc l’accès est restreint aux visiteurs munis de billets pour le musée… que nous n’avons pas prévu d’aller voir). L’ambiance dans le jardin est automnale, et très agréable à cette heure matinale.

Depuis les Tuileries, vue sur le Louvre
Ambiance automnale dans les allées des Tuileries

Après un petit coup d’œil à la place de la Concorde d’où nous apercevons la Tour Eiffel, nous nous dirigeons vers le Musée de l’Orangerie. Nous comptons en effet profiter du fait qu’il soit ouvert plus tôt que les autres musées pour éviter qu’il n’y ait trop de monde à l’intérieur (il est alors à peine plus de 9.30). Nous choisissons de commencer la visite par l’exposition temporaire. Elle est consacrée à Sam Szafran, artiste que je découvre par la même occasion. Ateliers, escaliers et feuillages sont les thèmes récurrents des représentations de l’artiste, essentiellement au pastel, un peu à l’aquarelle. Les images d’abord hyper réalistes, déconstruisent peu à peu la perspective dans une vision quasi-obsessionnelle.

Puis, nous abordons les collections permanentes par la collection Jean Walter-Paul Guillaume qui nous plonge dans l’histoire de l’art de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle : Renoir, Cézanne, Gauguin, Sisley, Utrillo, Soutine, Marie Laurencin, Derain, Picasso, Matisse, le Douanier Rousseau, Modigliani sont ainsi représentés, parfois avec plusieurs dizaines de tableaux, dont certains très connus (je pense par exemple aux Jeunes filles au piano de Renoir). Enfin, nous gagnons les salles des Nymphéas, pensées par Monet lui-même quand il a fait don de ses toiles à la fin de la 1ère guerre mondiale. Je pourrais dire que cela m’a laissée sans voix, mais ce serait mentir car en entrant dans la première salle, je n’ai pas pu m’empêcher de lâcher un « waouh » ! Si j’avais peur d’être déçue par cette rencontre avec une œuvre majeure dont j’avais souvent vu des reproductions, cela n’a pas été du tout le cas. Composée de deux fois quatre toiles immenses, l’installation nous plonge littéralement au milieu des tableaux. C’est beau, c’est impressionnant, c’est magique….

Impossible de rendre en photo l’immensité de l’œuvre présentée.. Les Nymphéas sont définitivement une œuvre à aller contempler in situ !

L’Hôtel de la Marine

En sortant du Musée de l’Orangerie, nous prenons la direction de l’ Hôtel de la Marine, sur la place de la Concorde. Comme nous n’avions pas pré-établi notre programme, nous n’avions pas réservé (ce qu’il est conseillé de faire) mais nous avons eu la chance d’obtenir un billet pour un créneau de visite 30 minutes plus tard nous permettant de visiter les appartements de l’intendant ainsi que les salons et la loggia. Après avoir pris un café à côté de la place de la Madeleine voisine, nous sommes revenues dans le bâtiment qui a abrité le Garde Meuble de la Couronne au XVIIIe siècle puis l’état-major de la Marine jusqu’en 2015. Suite au départ de la Marine, le Centre des Monuments Nationaux entreprend une restauration de grande ampleur avant d’ouvrir les lieux à la visite l’an dernier.

La façade de l’Hôtel de la Marine, sur la place de la Concorde, avec le bâtiment symétrique abritant l’hôtel de Crillon et l’Automobile Club de France, est l’œuvre de l’architecte Ange-Jacques Gabriel, sous Louis XV.

Audio-guidée, la visite se veut ludique, plongeant le visiteur dans les siècles passés au fil des pièces traversées. La muséographie donne l’impression de lieux dans lesquels on pourrait croiser les personnages évoqués vaquant à leurs tâches quotidiennes. C’est un véritable voyage dans le temps à laquelle nous invitent la déambulation dans les appartements de l’intendant, puis la traversée de la salle à manger et des salons d’apparat. Puis, nous accédons à la loggia pour une des plus belles vues sur la place de la Concorde, rythmée par la colonnade monumentale. Avec le ciel bleu, c’est vraiment somptueux !

La première antichambre de l’intendant
Cabinet de travail de l’intendant
Passion passementerie
Dans la salle à manger
Le salon de réception est orné des portraits des grands navigateurs français
Passion passementerie (bis)
Sur la loggia….
Quitter le bâtiment en empruntant la galerie dorée qui longe le salon de réception

Autour du Palais Royal

Pour le déjeuner, nous nous rendons rue Sainte Anne car nous souhaitons manger japonais. Je connais plutôt bien ce quartier car j’y ai eu mon bureau parisien pendant 8 ans. Nous choisissons un petit restaurant servant des ramen où j’ai déjà eu l’occasion d’aller. Une fois rassasiées, nous profitons d’être dans le quartier pour aller jeter un œil aux salles de lecture de la BNF Richelieu qui ont rouvert cette année, en passant par le petit square au pied de mon ancien bureau. Nous commençons par aller voir la salle Labrouste, véritable chef d’œuvre architectural construit dans les années 1860. La structure se compose de 9 coupoles portées par de fins arcs métalliques ajourés posés sur des colonnettes de fonte. Les tables de lecture sont pourvues de lampes en opaline. L’ensemble est aérien, élégant. Puis nous nous rendons dans la salle Ovale, construite au début du XXe siècle, éclairée par une impressionnante verrière zénithale et 16 oculi répartis tout autour.

La fontaine des quatre fleuves entre la rue Lulli et la rue Richelieu
La salle Labrouste
La salle ovale

De là, nous gagnons le Palais Royal voisin. Outre la découverte du jardin, nous souhaitons passer à la billetterie du théâtre du Palais Royal afin de réserver des places pour la pièce qui se joue le soir-même : La Machine de Turing, que nous avions voulu voir lors de son passage à Romans mais qui était déjà complet quand j’avais appelé. Cette fois sera la bonne : nos deux places sont réservées . Nous repartons en traversant le jardin, en direction des colonnes de Buren et des fontaines mobiles de Paul Bury. Nous faisons bien entendu un petit arrêt ludique autour de ces deux œuvres contemporaines, entre selfies et escalade…

Jouer avec les reflets dans les fontaines mobiles de Paul Bury au Palais Royal

Le Petit Palais

De là, nous avons pris le métro pour quelques stations, direction les Champs Elysées pour visiter le Petit Palais. Edifié comme ses voisins le Grand Palais et le Pont Alexandre III pour l’exposition universelle de 1900, le Petit Palais a ensuite été transformé en musée pour accueillir les collections d’art de la ville de Paris. Il n’a depuis pas changé d’usage, se parant au début du XXe siècle de fresques et décors à la gloire de la ville. Depuis plus de 100 ans, les collections du musée se sont vues augmentées de nombreuses donations, en particulier d’artistes, de collectionneurs et de marchands d’art. Le Petit Palais présente aujourd’hui des œuvres majeures couvrant toute l’histoire de l’art depuis l’Antiquité. Parmi les noms que l’on croise, j’ai noté Géricault, Sisley, Rembrandt, Courbet, Manet, Delacroix, Monet (dont le célèbre « Impression Soleil Couchant » est accroché ici), Maurice Denis, Gauguin, Cézanne, … C’était le bâtiment qui avait guidé nos pas vers ce musée, mais le contenu vaut largement de s’y intéresser. Après les œuvres, nous profiterons d’une autre pépite du Petit Palais : son jardin, où nous prendrons un thé au milieu d’une végétation exubérante.

Le bâtiment a été construit pour abriter une exposition d’arts décoratifs dans le cadre de l’exposition universelle de 1900
La galerie des sculptures rend hommage à l’art du XIXe siècle
Mosaïques au sol et ferronneries aériennes des rambardes des escaliers
Peinture et sculpture dialoguent dans les allées.
Élégants escaliers
Dans le jardin, les herbes de la pampa foisonnent


L’après-midi est déjà presque terminée. Nous retournons à l’hôtel afin de prendre possession de notre chambre et de nous reposer un peu avant de ressortir pour assister au spectacle.

L’hôtel était situé à deux pas de la Rue Crémieux, qui semble nettement moins populaire sur les réseaux sociaux qu’il y a 4 ou 5 ans

D’autres journées bien remplies nous attendent encore :

  • Une journée à Versailles (à venir)
  • Une seconde journée parisienne (à venir)

Informations pratiques :

  • Musée de l’Orangerie, Jardin des Tuileries, Paris 1er – payant (gratuit pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans issus de l’UE, tarif réduit pour les personnes accompagnant un mineur)
  • Hôtel de la Marine, place de la Concorde, Paris 1er – payant (gratuit pour les moins de 18 ans et les moins de 26 ans issus de l’UE) – la réservation d’un créneau horaire est obligatoire
  • BNF Richelieu, rue de Richelieu, Paris 2e – gratuit. A noter : La salle Labrouste abrite une bibliothèque de recherche à l’accès restreint. Il est toutefois possible de demander à accéder à l’entrée de la salle afin de l’admirer. La salle ovale est une salle de lecture publique ouverte à tous.
  • Petit Palais, Avenue Winston Churchill, Paris 8e – gratuit pour les collections permanentes
  • Théâtre du Palais Royal, rue de Montpensier, Paris 1er – Certains jours de la semaine, 1 heure avant le lever de rideau, les places restantes sont à 10 € pour les moins de 26 ans.

[Lyon] Biennale d’art contemporain – les Usines Fagor & le Musée Guimet

Je n’étais allée qu’une seule fois à la Biennale d’art contemporain de Lyon, et c’était en 1997 ! Depuis que je me suis installée dans la Drôme, à chaque édition, je me disais qu’il faudrait que j’aille y faire un tour, sans jamais réussir à trouver le bon moment. Cette année, j’ai repéré les affichages à la gare de Lyon Part Dieu à la fin de l’été. Chaque jour, ils me servaient de rappel alors, début octobre, j’ai pris le train un samedi, direction Lyon avec en point de mire deux lieux d’exposition : les Usines Fagor et le Musée Guimet. En effet, si en 1997, l’intégralité de l’exposition avait lieu dans un unique lieu (à l’époque, la Halle Tony Garnier), elle est maintenant éclatée entre une douzaine d’endroits dans la ville dont six payants (outre ceux où je suis allée, il y a aussi le Musée d’Art Contemporain, Lugdunum, le musée Gadagne et le musée de Fourvière).

Aux anciennes usines Fagor, le visiteur est accueilli par la fresque « Warm in your memory » de Stephen Powers, vestige de la Biennale de 2019

Les Usines Fagor

J’ai choisi de commencer ma journée à la biennale par les Usines Fagor où je suis arrivée quasiment à l’ouverture. Situées dans le quartier de Gerland, cet ancien site industriel accueille temporairement des manifestations culturelles et c’est la seconde fois que la biennale d’art contemporain y pose ses œuvres. Il s’agit du principal lieu d’exposition de cette édition 2022. Après avoir pris mon billet, j’entre dans le premier hall d’exposition. En effet, la biennale a investi plusieurs bâtiments dans les anciennes usines et le parcours se répartit autour de sept halls, abritant chacun une ou plusieurs œuvres.

Comme dans toute exposition multi-artistes de cette envergure, il y a des œuvres qui me laissent relativement indifférente tandis que d’autres me fascinent complètement. Assez rapidement, je sors un stylo pour noter d’un petit cœur les réalisations qui me plaisent le plus. Il n’y en aura finalement pas tant que ça (un coup de cœur, cela doit se mériter ! ). Face à l’immensité des lieux, et au nombre d’œuvres présentées, je pense que j’en loupe quelques-unes (cela sera confirmé ensuite lors d’un échange que j’aurais avec Melle 3e qui a visité les mêmes lieux dans le cadre d’une sortie scolaire et me parlera d’œuvres que je ne me souviens pas avoir aperçues). Mais qu’importe puisque je ne cherche pas l’exhaustivité !

Le travail photographique de certains artistes est complètement noyé dans la masse et l’immensité des lieux et des autres installations, parfois monumentales ou complètement immersives. Je note toutefois les natures mortes de Buck Ellison, dont la présentation sur fond de papier peint ancien tranche singulièrement avec le côté très brut des lieux.

Le hall numéro deux entraine le visiteur au cœur des manifestations à Bogota, au pied du Monumento a los héroes, symbole des luttes sociales, détruit en 2021, dans une œuvre de Daniel Otero Torres. Plus loin, le hall numéro trois continue à tisser les liens entre art et société avec des installations sur le thème des migrations de population, et de l’accueil des étrangers en partant d’un texte d’Eschyle écrit il y a 2500 ans (comme quoi ce thème est universel…). C’est dans ce même bâtiment que l’on croise une installation de Nadia Kaabi-Linke, toute en fragilité, écho au sous-titre de cette biennale : « Manifesto of fragility ». On peut d’ailleurs noter que le choix même des lieux, désaffectés, entre en résonance avec le thème.

Nature morte par Buck Ellison
A Los HéroesDaniel Otero Torres
Le chuchotement du chêne – Nadia Kaabi-Linke
Poésie fragile des lieux désaffectés

L’un de mes trois plus gros coups de cœur, je l’ai rencontré dans le hall numéro quatre… Là, l’artiste belge Hans Op de Beeck a complètement investi l’espace dans une installation totalement immersive. We were the last to stay plonge le visiteur dans un monde monochrome gris. J’ai l’impression de me retrouver dans un univers post-apocalyptique d’où toute forme de vie s’est évaporée. J’ai en plus la chance d’être presque seule au milieu de l’œuvre, renforçant encore cette impression d’être à la fois ici et ailleurs, maintenant et jamais. Je suis restée un très long moment, complètement fascinée par cet univers .

We were the last to stay – Hans op de Beeck
We were the last to stay – Hans op de Beeck

Mon second gros coup de cœur aux Usines Fagor est arrivé dans le hall numéro six, au milieu des œuvres de Julian Charrière, un artiste suisse inspiré par la minéralité des milieux naturels. Plongé dans l’obscurité, une installation monumentale combinant vidéo, sculpture et ambiance sonore évoque la désorientation de l’homme face à l’immensité des paysages glaciaires. Pour ma part, j’ai été complètement hypnotisée par l’effet induit par la vidéo projetée avec le bloc de pierre carotté au premier plan (au point de m’asseoir au sol pour mieux me laisser happer par l’installation !).

Vidéo et sculpture de Julian Charrière

La visite se termine par le plus grand hall, abritant plusieurs dizaines d’œuvres variées. Beaucoup d’entre elles n’ont pas su me toucher. J’ai toutefois noté l’installation Standing by the ruins of Aleppo de Dana Awartani qui reproduit en carreaux de terre colorées le sol de la mosquée détruite d’Alep, et qui entre en écho avec les fenêtres peintes en couleur du bâtiment. J’ai aimé l’effet produit par les pièces de la collection du Musée des Hospices Civils de Lyon déposées le long des parois de containers. J’ai aussi retrouvé avec plaisir les Moss People de Kim Simonsson que j’avais déjà croisé à Lille où ils étaient exposés en version géante le long de la rue Faidherbe dans le cadre de Utopia.

Standing by the ruins of Aleppo – Dana Awartani
Collections du musée des Hospices Civils de Lyon
Moss people – Kim Simonsson

Le musée Guimet

Après avoir déjeuné rapidement en sortant des Usines Fagor, je me suis dirigée vers le musée Guimet. Après avoir un temps abrité les collections d’arts asiatiques d’Emile Guimet (celles-ci seront transférées à Paris dans un bâtiment construit à l’identique) puis été utilisé comme patinoire, le musée deviendra pendant une centaine d’années le musée d’histoire naturelle de la ville de Lyon. Il a fermé ses portes en 2007 et ses collections ont été transférées au musée des Confluences. Le bâtiment est depuis à l’abandon. La biennale a investi les différents espaces de l’ancien musée, faisant une nouvelle fois résonner un lieu désaffecté.

Tout au long de la visite, on se retrouve face aux vestiges de l’ancien musée : panneaux explicatifs, compactus dans les anciennes réserves, couloirs obscurs vidés de leurs dioramas, vitrines poussiéreuses, verrière et plafonds abîmés. Les lieux n’ont pas été rénovés (du moins, ils l’ont été a minima afin de garantir l’accueil du public selon les normes de sécurité), offrant une étrange impression de pénétrer dans un lieu interdit, délabré, fragilisé par le temps. Quelques œuvres ont bien entendu retenu mon attention, mais c’est sans doute cette atmosphère qui m’a le plus enchantée avec son ambiance un peu urbex qui sollicite non seulement la vue mais aussi l’ouïe et l’odorat…

Ambiance « La Nuit au Musée »
L’escalier monumental
Dans la rotonde
Les poignées des tiroirs sous les vitrines de la galerie sont en forme de tête de lion
Dans ce couloir, où se trouvaient auparavant des dioramas et des présentations d’animaux naturalisés, les vitrines sont éventrées et une forte odeur de terre se fait sentir…

Parmi les œuvres que j’ai notées, il y a les étranges cocons de Tarik Kiswanson accrochés au plafond d’une ancienne salle d’exposition, les sculptures en céramique de Nicki Green déposées dans les circulations techniques désertées ou encore Impulse, installation sonore et lumineuse in situ d’Evita Vasiljeva dans les réserves vidées.

Les cocons de Tarik Kiswanson
Céramique de Nicki Green
Impulse – Evita Vasiljeva

Mais, mon gros coup de cœur parmi les œuvres installées au Musée Guimet, c’est Grafted Memory System qui occupe l’intégralité de l’espace sous la verrière. Ugo Schiavi a créé une installation immersive in situ composée d’éléments naturels et artificiels dans des vitrines, formant une œuvre vivante. J’ai eu l’impression de me promener dans un musée qui aurait été laissé à l’abandon (splendide écho au lieu !) et où la nature aurait partiellement repris ses droits. Les détails fourmillent, et l’ensemble est rehaussé par une bande son légèrement angoissante.

Grafted Memory System – Ugo Schiavi
Grafted Memory System – Ugo Schiavi – l’œuvre occupe tout l’espace au centre de l’ancienne salle principale du Musée Guimet, sous la verrière
Grafted Memory System – Ugo Schiavi


Après avoir exploré ces deux lieux, les deux plus grands de cette édition 2022, je n’ai pas eu envie de continuer à visiter d’autres lieux de la biennale. J’espère toutefois avoir le temps/l’occasion de découvrir les autres propositions avant la fin de la biennale le 31 décembre 2022 !

(*) L’accès aux différents lieux payants se fait avec une unique billet qui permet une entrée sur chaque site une fois durant toute la durée de la biennale.
Les tarifs et conditions de visite sont à retrouver sur le site internet de la biennale. J’ai par ailleurs aimé que les visiteurs soient incités à venir en transports en commun ou en vélo via un tarif réduit spécifique accessible sur présentation d’un casque de vélo, d’un abonnement aux transports en commun ou d’un billet de TER du jour.

[Centre-Val-de-Loire] le long de la Loire – les châteaux de Chaumont & de Blois

Il y a trois ans, en partant en Bretagne, nous nous étions arrêtés pour visiter le château d’Amboise. Nous nous étions alors dit qu’il faudrait que chaque année, nous prenions le temps de visiter un ou deux châteaux de la Loire sur notre trajet, à l’aller ou au retour. Les deux années suivantes ont été un peu bousculées et nous avons alors donné d’autres priorités à nos vacances. Mais cette année, nous pouvions avoir le temps de quelques visites. Ainsi, fin juillet, après un arrêt en Auvergne, j’avais pris une matinée pour visiter Loches avant de reprendre la route des vacances vers la Bretagne. Au retour en direction de la Drôme, j’étais accompagnée de Melle 3e, et nous avons choisi de faire un premier arrêt dans le Val de Loire puis un second pour visiter Street Art City. Pour notre arrêt dans le long de la Loire, notre choix s’est porté sur les châteaux de Chaumont-sur-Loire et de Blois.

Fin de journée en bord de Loire, à Blois

Chaumont-sur-Loire, entre tradition et modernité

Nous sommes arrivées à Chaumont sur Loire en fin de matinée après avoir pris la route le matin depuis la Bretagne. Après avoir laissé la voiture sur un charmant petit parking en bordure d’un verger et déjeuné rapidement, nous sommes parties pour la visite du château et de son parc, qui accueille un festival de jardins. Après avoir grimpé un chemin à flanc de coteau, le château se dresse face à nous, en bordure d’une terrasse dominant la Loire. Il est mis en valeur par les parterres fleuris et de grands cèdres. Nous décidons de commencer notre visite par l’intérieur du château. Bien que nous soyons à l’heure du déjeuner, il y a du monde, beaucoup de monde !

L’arrivée au château de Chaumont sur Loire

Nous passons d’une pièce à l’autre, admirant l’architecture de la Renaissance et les remaniements des siècles suivants. Ancienne propriété de Catherine de Médicis, c’est surtout sa propriétaire suivante, Diane de Poitiers, qui lui donnera son allure actuelle. Au XVIIIe siècle, l’aile nord qui fait face à la Loire sera rasée afin d’accroitre la luminosité dans le château et de profiter de la vue sur la vallée. A la fin du XIXe siècle, des écuries et une ferme modèle sont construites dans le parc, à quelques dizaines de mètres du château.

La chambre dite de Ruggieri
Sculptures délicates dans l’escalier d’honneur
Dans la salle à manger…
La cheminée de la salle à manger
Le grand salon et son mobilier Napoléon III

Le domaine de Chaumont est également un centre d’art contemporain. Un peu partout dans le domaine, du château aux écuries, on découvre des œuvres ou des installations monumentales, parfois éphémères, parfois pérennes. Depuis 2020, le couple d’artistes suisses Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger a ainsi investi la chapelle. Une de leurs œuvres est exposée dans l’entrée du musée de Valence et ils avaient mis en place la première exposition « all-over » dans le même musée en 2019. Lorsque j’ai aperçu leur installation dans la chapelle du château de Chaumont, j’ai immédiatement reconnu leur style foisonnant si original, mêlant naturel et artificiel.

Gerda Steiner et Jörg Lenzliger, « Les pierres et le printemps »

Après le château, nous nous sommes dirigées vers les écuries. Les bâtiments sont un véritable témoin d’une époque où progressivement les voitures à cheval ont laissé la place aux voitures automobiles, mais aussi du luxe qui entourait les soins des chevaux d’apparat. La sellerie en particulier regroupe l’ensemble des harnachements des chevaux tant pour l’attelage que pour la monte, et semble figée dans le temps. Tout comme le château, les écuries servent maintenant d’écrin pour l’art contemporain et depuis 2028, en plein midi, une œuvre immense de Klaus Pinter emplit l’espace de maréchalerie, tandis que certaines écuries accueillent des installations plus éphémères.

En entrant dans les écuries, on ne peut pas manquer « en plein midi » de Klaus Pinter
La sellerie

Le festival international des jardins

Le domaine de Chaumont accueille également chaque année un festival des jardins. Au delà des limites du parc historique, sur les anciennes terres du château, l’espace est divisé en petites sections, chacune étant investie par un artiste paysagiste. L’idée nous plaisait beaucoup et sur le papier avait tout pour nous plaire. En effet, l’une comme l’autre apprécions beaucoup les parcs et jardins paysagers. Cependant, je dois avouer que nous avons été plutôt déçues par le festival de Chaumont. Il y a sans doute plusieurs raisons à cela. La foule et la chaleur en font d’ailleurs très certainement partie. Mais, nous avons aussi eu du mal à trouver un fil conducteur entre les différents jardins et l’exiguïté de chacun de ses jardins nous a chaque fois laissées sur notre faim. Je retiendrai malgré tout deux jolies expériences immersives : l’une dans une serre entre végétation tropicale et suspensions oniriques, et l’autre dans le vallon des brumes avec son ambiance à la Indiana Jones.

Passion orchidées !
Le jardin de la serre, installation « Rainforest«  par Patrick Nadeau
« The living batik »
Le jardin Eaurmus
Ambiance film d’aventure…
Dans le vallon des brumes

Finalement, nous écourterons notre visite des jardins de Chaumont. Je pense qu’il faudra toutefois retenter l’expérience, peut-être à une autre période de l’année, où l’afflux de touristes est moindre et la chaleur moins écrasante…

Un dernier coup d’œil au château avant de repartir…

Blois, le château patchwork

En arrivant à Blois, nous avons commencé par laisser la voiture à proximité de l’hôtel où nous avions réservé pour la nuit. C’est comme cela que j’ai découvert que le chocolat Poulain était blésois ! En effet, nous étions en plein dans le quartier de l’ancienne chocolaterie, qui abrite maintenant logements, bureaux et centres d’enseignement supérieur. Poulain étant le chocolat de mon enfance, qu’il s’agisse des boîtes oranges de poudre cacaotée ou des tablettes emballées dans les papiers jaunes (avec les images en cadeau), cela m’a valu de me remémorer quelques souvenirs forts gourmands.

L’ancienne chocolaterie Poulain

De là, nous avons gagné le château à pied. Si j’avais déjà visité il y a une bonne quinzaine d’années le château de Blois, ce n’était pas le cas de Melle 3e. J’en gardais un beau souvenir et je crois que c’est un des châteaux de la Loire qui m’avait le plus marqué lors de cette semaine de vacances où nous en avions visité plusieurs chaque jour. J’avais particulièrement aimé son côté patchwork où les différentes époques architecturales sont juxtaposées. A la billetterie, il nous a été proposé un ticket couplé avec la Maison de la Magie, situé de l’autre côté de la place. L’idée nous a plu et nous avons commencé par les découvertes magiques. Nous avons pas mal joué avec les illusions d’optique, souri pendant le spectacle de magie, été intriguées par l’histoire de Jean-Eugène Robert-Houdin, l’horloger-inventeur devenu l’un des plus grands illusionnistes du XIXe siècle (et dont les illusionnistes actuels se revendiquent encore.. ).

La façade de la Maison de la Magie et ses dragons !
Jouer avec les reflets… forcément !

Après cela, il était temps d’enfin gagner l’intérieur du château de Blois. L’avantage, c’est que l’après-midi était déjà bien avancée et le flot de visiteurs commençait à nettement décroitre. Nous avons ainsi pu profiter des différentes pièces dans un calme relatif. Le château a été construit par ajouts successifs, aile après aile. Depuis la cour, cela donne un rendu hétéroclite, entre la pierre un peu austère de la période gothique, la blancheur et les fines sculptures de l’aile Renaissance avec son escalier monumental, la brique de l’aile Louis XII et le classicisme de l’aile Gaston d’Orléans. Ce château n’a aucune homogénéité de style et cela lui donne un charme fou !

L’aile Louis XII et sa galerie
L’escalier Renaissance de l’aile François Ier
L’aile Gaston d’Orléans
l’aile François Ier

Le parcours de visite, très complet, permet de parcourir l’ensemble des ailes. Il intègre l’histoire du château de Blois et de ses occupants dans la perspective plus vaste de l’histoire de France, en particulier sur la période allant de la fin de Moyen-Âge jusqu’à la période moderne. Le livret de visite est clair et agréable, mais surtout il comporte une généalogie des rois et reines de France ayant eu un lien avec le château, vraiment très pratique pour se repérer dans le temps (A ce jour, c’est le livret de visite d’un monument historique qui m’a le plus emballée : ni trop court, ni trop long, avec une mise en page agréable et les infos vraiment utiles). Au cours de la visite, on découvre également le musée des Beaux-Arts de Blois, hébergé dans le château. Je gardais un excellent souvenir de ma première visite du château de Blois, et celui de ma 2e visite sera encore meilleur !

Sur la cheminée, la salamandre de François Ier côtoie l’hermine de Claude de France, son épouse et fille de Louis XII et d’Anne de Bretagne
Dans la galerie du musée des Beaux-Arts
Les vitraux de la chapelle Saint Calais, réalisés par Max Ingrand, ont été posés en 1957
L’escalier d’honneur de l’aile Gaston d’Orléans
Quand le soleil de fin d’après-midi éclaire l’aile Louis XII
Sur la façade extérieure, une statue équestre de Louis XII au-dessus de son emblème, le porc-épic, de son chiffre et de celui de son épouse Anne de Bretagne

Une fin de journée dans les rues de Blois

Après la visite du château et une pause à l’hôtel pour reprendre des forces (et se rafraichir avec une douche… la canicule était bien présente ce jour-là !), nous sommes retournées dans le centre de Blois pour diner. Nous en avons profité pour une jolie balade dans les rues de la ville alors que le jour déclinait. Nous avons arpenté les ruelles et escaliers bordés de maisons à pans de bois et de façades en pierre claire. Nous avons pu profiter de l’ouverture tardive de la cathédrale pour en faire le tour alors que le soleil venait nimber les parties hautes de celle-ci d’une lumière dorée. Nous avons marché sans nous soucier d’un itinéraire, nous laissant porter par ce que nous apercevions des rues suivantes lorsque nous arrivions à une intersection. Nos pas ont fini par nous mener au pied de l’escalier Denis Papin, habillé d’un hommage au mouvement Fluxus (mouvement artistique au coeur du projet de la Fondation du Doute de l’artiste Ben qui se trouve à Blois.. et que nous n’avons pas eu le temps de visiter). 120 marches plus haut, nous dominons la grande perspective qui file au delà de la Loire au cœur de la forêt de Sologne sur laquelle la journée se termine…..

Ce passage relie deux bâtiments d’un ancien hôtel particulier
Quand les maisons se rejoignent presque au niveau du premier étage…
Décors sculptés sur pans de bois
Dans les rues blésoises
Façade fleurie
L’heure dorée sur le clocher de la cathédrale de Blois
L’heure dorée à l’intérieur de la cathédrale de Blois… lumière magique sur les parties hautes !
Les escaliers Denis Papin avec leur décor « Fluxus » de l’été 2022
La perspective depuis le haut des escaliers Denis Papin s’étend sur une dizaine de kilomètres !

Chaumont-sur-Loire & Blois – Loir-et-Cher – août 2022

(*) Si vous voulez visiter le château de Chaumont et le festival des jardins, vous pouvez retrouver l’ensemble des informations sur le site internet du domaine de Chaumont.
Si vous souhaitez découvrir le château de Blois ou la maison de la Magie, les informations sont à retrouver sur leur sites internet respectifs. Des billets combinés sont disponibles aux caisses des deux lieux.

[Ardèche] panoramas d’automne entre volcans et Tanargue

Mi-octobre, Ardèche Tourisme m’avait conviée avec d’autres éclaireurs Partir Ici à un instameet sur le territoire d’Ardèche Sources et Volcans. Il s’agissait de partir à la recherche de la magie des couleurs d’automne sur les flancs des volcans ardéchois et dans le massif du Tanargue. Le programme, alléchant, nous promettait donc de jolies découvertes et des paysages grandioses. Et, nous n’avons pas été déçus. Suivez-nous, je vous emmène passer une journée sur les sentiers au milieu des châtaigniers et en haut des rochers face à des panoramas à couper le souffle.

Au col de Meyrand

Préambule – une soirée à Aubenas

Le rendez-vous était donné un samedi matin à Jaujac. J’avais regardé la carte et il me fallait environ 1h30 de route pour m’y rendre. Afin de ne pas avoir à me lever trop tôt après une grosse semaine de travail, j’avais décidé de partir le vendredi soir. J’ai choisi de dormir à Aubenas qui présentait le double avantage d’être une ville et de se situer à une quinzaine de minutes de Jaujac. Cela me permettait donc de dormir un peu plus tard le samedi matin, tout en n’ayant pas à trop me soucier de trouver un endroit pour diner en arrivant en toute fin de journée le vendredi.

J’ai choisi d’emprunter la route du col de l’Escrinet pour me rendre à Aubenas depuis la plaine de Valence. En hiver, elle peut s’avérer compliquée car elle est souvent enneigée mais à cette saison, elle permet de profiter de jolis points de vue. D’ailleurs à peine le col passé, j’ai eu l’impression que la météo changeait, passant de couverte côté vallée du Rhône à un ciel plus dégagé de l’autre côté où le soleil perçant à travers les nuages baignait les montagnes d’une lumière féérique. L’Ardèche m’accueillait avec un paysage magique d’entrée de jeu !

Au col de l’Escrinet

Après avoir posé ma valise à l’hôtel, idéalement situé à une dizaine de minutes à pied du centre ville, je me suis dirigée vers la place du château. Il commençait à faire nuit et je n’ai eu qu’un aperçu rapide d’Aubenas. Mais ce que j’en ai vu était tout à fait charmant et m’a donné envie d’y revenir pour prendre le temps de me promener plus longuement dans les ruelles escarpées du centre ancien. J’ai eu beaucoup de chance avec la météo et j’ai pu profiter d’un diner en terrasse : l’été semblait vraiment se prolonger en Ardèche !

Sur la place du château à Aubenas
Ruelles d’Aubenas
le château d’Aubenas
Aubenas, Château avec vue

(*) Hôtel Villa Elisa M, rue Jean Beaussier, 07200 Aubenas

Rendez-vous à Jaujac

Le samedi matin, après une bonne nuit de sommeil et un copieux petit déjeuner plein de bons produits locaux, pris dans ma chambre face au soleil se levant au dessus des falaises de Jastres, j’ai pris la direction de Jaujac où j’avais rendez-vous à l’office de tourisme. Comme j’étais un peu en avance, j’en ai profité pour faire un petit tour de la place du Champ de Mars avec ses platanes et sa fontaine. J’ai aussi poussé un peu plus loin jusqu’à une autre fontaine, où je me suis souvenue que je n’avais pas rempli ma gourde…

Jaujac, un peu avant 9.0 du matin…

A l’office de tourisme, j’ai été accueillie par Magali, Anne-Laure et Arnaud pour Ardèche Tourisme, ainsi que par Angélique et Thomas d’Ardèche Sources et Volcans. J’ai retrouvé certains éclaireurs que je connaissais déjà et ai fait la connaissance des autres : Jérôme, Karen, Alexia, Kévin, Marie-Léa, Tony, Julie, Anaïs et Sandra. Après un café, nous étions tous prêts ! Il était temps de monter dans le mini-bus qui nous conduirait aux différents points de vue qui étaient au programme de notre journée.

Randonnée au Rocher d’Autureyre

Nous avons commencé par prendre la direction de Thueyts. Au cours du trajet, Angélique et Thomas nous indiquent différents lieux d’intérêt. Nous passons devant une carrière de pouzzolane ne laissant aucun doute sur la nature volcanique des sols. Le mini-bus emprunte une route qui monte doucement, puis nous dépose au bout d’un chemin qui s’enfonce dans la châtaigneraie. Un panneau indique la direction à emprunter pour gagner le rocher d’Autureyre.

Le sentier s’enfonce dans le sous-bois. Sous nos pieds, les châtaignes ont commencé à tomber. Nous nous mettons à échanger astuces et informations sur leur préparation et utilisation en cuisine. Progressivement, nous continuons notre ascension, et finissons par déboucher au dessus de la forêt. Là, des tapis de bruyères et d’ajoncs nous accueillent, ainsi qu’une statue de la Vierge et quelques autres signes religieux. L’endroit est réputé pour être un haut-lieu cosmo-tellurique et un lieu de pèlerinage. Mais il faut bien avouer que ce qui nous émerveille le plus, c’est le panorama qui se déploie à nos pieds, quasiment à 360° !

Nous nous avançons jusqu’au bout du rocher, admirant la vue, détaillant la végétation. Les couleurs d’automne pointent délicatement leurs teintes. Ce premier arrêt est déjà à la hauteur de mes attentes niveau paysages !

Sur le bord de la route déjà, les couleurs d’automne dorent les châtaigniers
Dans le sous-bois…
Vue sur la vallée
Au dessus des châtaigniers, la montagne..
La végétation a parfois des allures méditerranéennes
Paysage volcanique

A noter : la châtaigne d’Ardèche est un fruit AOP. A ce titre, il s’agit d’une culture et il n’est pas autorisé de le ramasser. La plupart des châtaigneraies sont d’ailleurs des propriétés privées. Il existe toutefois des possibilités d’aller ramasser soi-même les châtaignes chez certains castanéiculteurs. Vous pouvez vous renseigner à l’office de tourisme local pour avoir les bonnes adresses.

Point de vue de la tour-horloge de Burzet

Après la randonnée au rocher d’Autureyre, nous avons repris la route en direction de Burzet. Le changement d’ambiance est total puisque nous sommes cette fois au cœur d’un joli village aux ruelles escarpées. Celles-ci nous entrainent jusqu’au pied de la statue de la Vierge d’où nous dominons les environs. Juste en dessous, nous ne pouvons pas manquer la tour-horloge, construite en 1906 à l’emplacement de l’ancien château médiéval. Autour de nous, les couleurs de l’automne sont bien présentes. Nous profitons du point de vue, captivés par les paysages qui nous entourent.

Au pied de notre promontoire, la Bourges s’écoule paisiblement (le manque d’eau de cette année se fait encore cruellement sentir). En échangeant sur les lieux avec Angélique, nous apprenons la présence d’orgues basaltiques au niveau de la rivière et choisissons donc de redescendre par ce côté plutôt que par les ruelles du village. A plusieurs endroits, nous les apercevons, plus ou moins recouverts d’eau. Une petite cascade s’est même frayée un chemin à travers la coulée. Sous le pont, il y a un air de Chaussée des Géants miniature. Je suis fascinée par la capacité de la nature à créer des formes géométriques dans la roche et j’ai une attirance particulière pour les orgues basaltiques depuis que j’ai découvert leur existence lors d’un cours de SVT au collège.

Le chemin qui permet d’accéder au belvédère a des airs de conte de fées
Dominer le village !
la vallée de la Bourges
La tour-horloge de Burzet
Dans le lit de la Bourges, les orgues basaltiques donnent l’impression d’un pavage

Pause déjeuner au Point d’Orgues à Fabras

Il nous faut toutefois quitter Burzet : l’heure du déjeuner approche et nous sommes attendus dans un bistrot de pays à quelques kilomètres de là. Le Point d’Orgues est situé en bordure de la route, à l’écart du village de Fabras. Mais surtout, il domine le Lignon qui à cet endroit court au milieu d’orgues basaltiques. Comme il fait beau, nous avons la chance de déjeuner en terrasse avec une vue sur les orgues.

Le menu fait honneur aux produits locaux et de saison : velouté de châtaigne et butternut en entrée, burger traditionnel ou végétarien (avec une excellente galette de pois chiches, lentilles et châtaignes) en plat et une verrine à la crème de marrons pour le dessert. Dans le verre, le choix se fait entre des jus de fruits artisanaux, du vin ardéchois ou une bière brassée à Jaujac, à moins de dix kilomètres du restaurant. Nous nous régalons et profitons de ce moment pour échanger et mieux faire connaissance.

Vue sur les orgues basaltiques depuis la terrasse du restaurant

(*) Le Point d’Orgues, 495 route de l’échelette, 07380 Fabras

Panorama du Col de Meyrand

Après le déjeuner, nous avons repris le minibus pour une petite heure de route dans la montagne ardéchoise, direction le Col de Meyrand, dans le massif du Tanargue. Pas mal de virages au programme mais surtout des points de vue qui varient à chaque lacet de la route. Au fil de la montée, les couleurs mordorées de l’automne se font de plus en plus présentes, et sous le soleil, avec le ciel bleu, elles semblent encore plus éclatantes. Il faut dire que nous traversons des hêtraies dont les feuilles se teintent d’un joli jaune vif.

Nous nous arrêtons au niveau du col de Meyrand, qui culmine à 1370 m, et empruntons un sentier qui nous mène à travers les myrtilliers jusqu’au sommet. De là, le panorama sur la vallée de la Beaume est grandiose. Nous apercevons même le Mont Ventoux et sa silhouette caractéristique à l’horizon. Nous essayons d’ailleurs d’identifier les autres sommets et massifs que nous voyons dans le lointain.

Perchés sur le rocher, nous prenons un long moment de contemplation quand, soudain, un parapentiste s’élance au dessus de la vallée. Le ballet de la voile sur fond de montagne aux couleurs chaudes est hypnotisant. Nous regardons le parapente s’éloigner, presque à regret tant l’instant était beau. Cet après-midi là, à la porte des Cévennes ardéchoises, tout était réuni pour le plaisir de nos yeux !

Affleurement de granit dans le massif du Tanargue
Profiter des couleurs de l’automne…
Au sommet, le vent est un peu présent mais n’empêche pas de bénéficier de conditions météo quasi-estivales ce samedi d’octobre !
Photographes perchés !
Les paysages de l’Ardèche n’en finissent pas d’éblouir !
la vallée de la Beaume
le décollage du parapente

Couleurs lumineuses à Borne

L’après-midi est déjà bien entamée quand nous repartons du col de Meyrand. L’accès à notre destination suivante (la dernière au programme de la journée) nous entraine sur de toutes petites routes panoramiques. J’avoue être contente de ne pas être au volant entre l’étroitesse de la route et les lacets très serrés. Notre chauffeur semble aguerri à ce genre de passages, ce qui est plutôt rassurant, même s’il doit régulièrement faire des manœuvres pour passer un virage. Comme on ne peut pas rouler vite, on profite pleinement du paysage !

A un moment, nous quittons les prairies dénudées pour nous engager dans une forêt aux feuilles d’or. Nous approchons du village de Borne. D’ailleurs, nous traversons un petit pont de pierre dominé par un donjon médiéval qui surveille l’entrée des gorges de la Borne. C’est en face que nous ferons notre dernier arrêt : une pause goûter avec jus de fruits locaux et muffins à la farine de châtaigne.

Apercevez-vous le donjon (indice : il est sur la gauche) ? et le petit pont de pierre (indice : il est dans l’ombre avant l’entrée des gorges) ?
Vue sur la montagne
Le donjon, l’entrée des gorges de la Borne, le pont de pierre et les couleurs lumineuses de l’automne
Vieille maison en cours de restauration
« vue imprenable, calme, quelques travaux à prévoir »

Nous prendrons quand même le temps d’explorer un tout petit peu le village mais ne pourrons pas nous attarder assez pour visiter la petite église (on avait pourtant trouvé qui avait la clé !). Nous ne sommes pas en avance sur le planning et il faut que nous rentrions à Jaujac. Le trajet de retour nous permet encore de profiter des paysages ardéchois.

En arrivant à Jaujac, nous retrouvons la place du Champ de Mars beaucoup plus vivante qu’elle ne l’était tôt le matin. Les joueurs de pétanque ont investi le centre de la place tandis que les terrasses des bars sont pleines. Après avoir récupéré quelques produits ardéchois et beaucoup de documentation pour prévoir nos futures escapades dans le secteur, nous nous disons au revoir… Il est l’heure de repartir vers la Drôme, des souvenirs plein les yeux !

(*) La journée du samedi était une invitation d’Ardèche Tourisme (mais pas la soirée du vendredi ni la nuit à Aubenas). Quoi qu’il en soit, mon récit est complètement libre et ne reflète qu’un enthousiasme réel pour cette destination qui m’a enchantée et où je reviendrai !

[Drôme] promenades automnales

Chaque année, alors que l’automne arrive, j’attends avec impatience que les arbres changent de couleurs, et que la nature se pare de ses teintes mordorées. C’est alors l’occasion de jolies promenades, pas forcément très loin de chez moi, pour faire le plein de couleurs avant que l’hiver ne vienne dépouiller les branches. A l’instar des floraisons du printemps, les changements de teinte de l’automne sont très photogéniques. Voici donc quelques idées de balades dans la Drôme pour voir les couleurs de l’automne.

Dans la réserve naturelle de Printegarde

Au tout début de la bascule des couleurs, je me suis rendue sur l’île de Printegarde. A cheval entre Drôme et Ardèche, elle constitue une réserve naturelle. Elle est située entre le lit principal du Rhône et le petit Rhône, un bras au faible débit qui peut servir de délestage en cas de crue, une grande partie de l’île étant alors inondée. Au delà du barrage de rétention située à la pointe sud de l’île, on peut longer un ancien canal dérivé du Rhône. Il nous mène jusqu’à la confluence de la Drôme et du Rhône.

Le jour où j’y étais, la pluie avait menacé une bonne partie de la matinée, avant de laisser la place à un moment ensoleillé en début d’après-midi. Les rayons du soleil parvenaient à se frayer un chemin au travers des frondaisons des arbres pour venir éclairer les eaux claires du canal que je longeais à pied. Cela m’a permis de passer de longs moments à scruter la vie subaquatique, me laisser hypnotiser par le ballet des herbes aquatiques dans le courant et observer les allers et venues des poissons peuplant le cours d’eau. Outre quelques truites, j’ai ainsi vu passer un beau brochet.

J’ai continué jusqu’à la rivière Drôme que j’ai traversée sur la passerelle de la Via Rhôna afin d’avoir un joli point de vue sur la confluence avec le relief ardéchois en arrière-plan. Là, les couleurs d’automne commençaient tout doucement à s’installer, premiers prémices du spectacle à venir.

Le long du canal
Vie subaquatique
A la confluence de la Drôme et du Rhône

Réserve naturelle de Printegarde – Livron-sur-Drôme – septembre 2022

Dans les noyeraies du Royans

La saison des noix fait aussi partie des marqueurs de l’automne. Dans le Royans, la noix de Grenoble et la noix du Dauphiné sont cultivées. J’ai profité d’une fin d’après-midi et d’une obligation dans ce secteur pour aller me promener à Saint Laurent en Royans, entre noyeraies et paysages somptueux du Vercors. Le temps était incertain et la nuit approchait, aussi la balade a été assez courte. Partie du cimetière, j’ai pris au hasard une route longeant un verger. Je ne cherchais pas à faire une randonnée, mais plutôt une promenade qui me permettrait de prendre un peu l’air après une journée à travailler. (Cela m’a par contre donné envie de retourner faire un tour au fond de la combe, sur le chemin des Chartreux)

Au pied des falaises de Combe Laval
Fin de journée sur le Royans
J’ai été impressionnée par le nombre de chats regroupés dans la cour de cette maison (et je n’ai même pas réussi à tous les avoir sur la photo ! )
Au bord de la noyeraie
Dans les vergers, les noix sont mûres

Saint Laurent en Royans – Drôme – septembre 2022

Au jardin zen d’Erik Borja à Beaumont-Monteux

Je vais assez régulièrement au jardin zen d’Erik Borja car il est plein d’attraits quelle que soit la saison. J’y étais par exemple allée au printemps dernier pour voir les cerisiers du Japon en fleurs. Cette fois, l’idée était d’admirer le changement de couleur du feuillage des érables du Japon. Il y a quelques années, je m’y étais rendue un peu trop tard… et je craignais cette fois d’y être trop tôt. La nature n’étant pas forcément ponctuelle, l’aléa est souvent important, encore plus quand on n’a pas beaucoup de possibilités pour le choix du jour de visite. Malgré tout, une sortie au jardin zen étant toujours agréable, nous y sommes allées début octobre avec Melle 3e, un des rares dimanches d’automne où nous étions disponibles. Le hasard a cependant bien fait les choses puisque les couleurs automnales étaient bien présentes dans le jardin.

C’était la première fois que Melle 3e venait avec moi au jardin zen qu’elle découvrait donc. Nous avons déambulé entre les différentes zones, prenant le temps d’observer la nature et la façon dont le paysagiste l’avait utilisée pour en faire un lieu d’agrément tout en lui laissant une certaine autonomie. Nous avons longuement regardé les carpes koi aux multiples couleurs dans le bassin aux nénuphars. Nous sommes descendues jusqu’au bord de la Savasse avant de remonter vers le vallon du Dragon. J’ai été impressionnée par la quantité de feuilles et fleurs fanées de lotus dans le bassin. Je ne les ai pas encore vus en pleine floraison mais cela doit être un magnifique spectacle naturel. Nous nous sommes assises sur un banc face à un jardin minéral avant de passer le torii (et de ne pas oublier de le repasser dans l’autre sens pour bien revenir du monde des esprits). Nous sommes alors doucement remontées vers la sortie du jardin, prenant encore le temps de contempler les lieux, et de jeter un dernier regard aux carpes.

Comme à chacun de mes passages, j’ai apprécié ce moment de calme dans le jardin. En effet, nous y étions très tôt en début d’après-midi et il y avait encore assez peu de visiteurs. (Il y en avait nettement plus lorsque nous sommes reparties. Mon conseil est donc de venir en tout début de demie-journée). Les lieux sont vraiment ressourçants, invitant à prendre son temps et à diminuer le rythme de ses pas.

Le jardin d’inspiration méditerranéenne
L’entrée dans le jardin d’inspiration japonaise
Des lanternes de pierre se cachent parfois dans la végétation
Empilements
Le bassin aux nénuphars, et aux carpes koï
Reflets automnaux dans le bassin aux nénuphars
Feuilles de lotus
Sur la gauche, le bassin du Vallon du Dragon a complètement disparu sous les feuilles de lotus
Les derniers butinages
Jardin minéral
En direction du torii
Feuilles et fleurs fanées de lotus
Les jolies couleurs automnales des érables du Japon

Jardin zen d’Erik Borja – Beaumont-Monteux – Drôme – octobre 2022

(*) Le jardin zen est un jardin privé, classé jardin remarquable et ouvert à la visite. L’accès est payant. Les conditions de visite sont disponibles sur le site internet du jardin.


D’autres idées de promenades automnales sont disponibles sur le blog, par exemple :

[Drôme] Bouvante-le-Haut, village de montagne

Il y a des hasards heureux et celui qui m’a conduit à Bouvante-le-Haut en est un. Au milieu du mois de septembre, alors que l’été commençait déjà à montrer les signes de son départ, j’ai du déposer un objet chez un ami à Saint Jean en Royans. Comme il connait mieux le secteur que moi, je lui ai demandé de me suggérer un endroit où aller me promener. Il m’a alors conseillé d’aller faire un tour du côté de Bouvante, dans le village du haut, puis d’aller me balader vers le lac. C’est lorsqu’il a évoqué le lac que je me suis souvenue être passée non loin il y quelques années en descendant du plateau d’Ambel par le col du Pionnier et celui de la Croix et que j’avais alors pensé qu’il faudrait que je revienne par là.

Sur la route vers le col du Pionnier

Le vieux village de Bouvante-le-Haut

Le village ne se devine pas immédiatement quand on s’enfonce dans la combe de Bouvante. En effet, la route serpente pas mal et ce n’est qu’au détour d’un des derniers virages que l’on aperçoit le clocher. Organisé autour d’une petite place où fontaine et lavoir sont alimentés par des sources, Bouvante-le-Haut a un charme un peu désuet. Blotti au pied de la montagne, sous le Roc de Toulau et les rochers de la Truite, il a cette allure des villages de montagne, à la fois chaleureuse et un peu brute. Le bâti en pierre a du caractère. Les tas de bois sont empilés le long des façades, sous les fenêtres, prêts à affronter la rigueur hivernale.

Sur la place du village…
Un village blotti au pied de la montagne
Plaque de cocher et fenêtre colorée… un charme un peu désuet
Au cœur du village, la fontaine…

Je fais assez rapidement le tour du village, qui n’est pas très grand. Je croise quelques poules qui traversent tranquillement une rue. Puis, je me rends sur les bord de la Lyonne, la rivière qui longe le village. Il a pas mal plu quelques jours avant, et on entend le chant de l’eau qui se faufile entre les rochers. Pourtant, après la sécheresse de cet été, le niveau de la rivière reste bas.

La Lyonne continue son chemin après la sortie du village en direction des gorges qu’elle a creusées. Depuis bientôt 100 ans, elle est cependant stoppée dans sa course par un barrage. En effet, en 1925, la construction d’un barrage a permis la création d’une retenue d’eau d’une vingtaine d’hectares alimentant une usine hydro-électrique située plusieurs kilomètres en aval via une conduite forcée. Cette retenue, connue sous le nom de lac de Bouvante, est située en milieu karstique et constitue le plus grand lac du Vercors. Toutefois, le niveau de l’eau y est très sensible aux saisons et après un été trop sec, il était au plus bas.

La Lyonne à la sortie du village de Bouvante-le-Haut
Rivière de montagne

Le lac de Bouvante

Souhaitant faire une petite randonnée, je suis partie donc en direction du lac après avoir laissé ma voiture sur une petite aire de stationnement en bordure de route au niveau du lieu-dit les Jacines. Un chemin carrossable se glisse à flanc de coteau en direction du plan d’eau (ou tout au moins de ce qui est le plan d’eau en temps normal, car là il est complètement à l’assec). Le ciel est couvert, et la température est automnale (à peine 10°C alors que c’est le plein milieu de l’après-midi). On aperçoit vaguement le barrage et la « tulipe » qui permet d’écouler le trop plein quand c’est nécessaire.

Le lac de Bouvante est normalement situé au fond du vallon, là où les herbes sont rouges..

Je suis entourée par les montagnes. Je retrouve avec un réel plaisir les paysages du Vercors que je n’ai pas parcourus depuis un moment. Toutefois, je n’irai pas jusqu’au barrage. En effet, d’une part la météo devient de plus en plus incertaine et d’autre part, une douleur à la cheville me contraint à rester raisonnable et à faire demi-tour avant de ne plus pouvoir poser le pied par terre. Je regrette un peu car j’aurais bien aimé apercevoir les installations de plus près et jeter un œil à la conduite forcée s’engageant dans les gorges de la Lyonne. Je reviendrai, c’est certain !

Le chemin se faufile au pied des montagnes
Vue sur le Roc de Toulau et les rochers de la Truite

Mais finalement, je compense en observant des vaches qui paissent dans un pré au bord du chemin. Au son de la cloche de la cheffe du troupeau, les autres membres, de tous âges, suivent à la queue leu leu pour passer d’un côté de la prairie à l’autre. On dirait qu’elles défilent rien que pour moi ! Et je dois avouer que le spectacle m’amuse un bon moment.

Pâturage dans la montagne
Un des veaux du troupeau
La vache en chef !
Le paysage dans la combe est très vallonné….

Sur le chemin du retour

Après avoir profité de ma courte randonnée, il est temps de rentrer. Je jette encore un coup d’œil aux montagnes alentour avant de reprendre la voiture. La route pour descendre sur Saint Jean en Royans offre de jolies perspectives et des points de vue sur les environs, mais il n’y a pas beaucoup d’endroits où s’arrêter pour une pause photo. Cependant au niveau d’un hameau, un lavoir-fontaine attire mon regard. Il y a une place pour se stationner un peu plus bas et j’en profite. La vallée disparait un peu dans les nuages mais la fontaine est pittoresque. Ce sera mon dernier arrêt avant de regagner la vallée de l’Isère, et je le fais durer un peu plus longtemps que nécessaire… Je ne suis pas si pressée de retourner dans le flot du quotidien !

Au bord du chemin…
Le charmant lavoir-fontaine du hameau de Maillet

Bouvante – Drôme – septembre 2022

[Ardèche] à la découverte des villages de caractère le long du Doux

A la fin de l’été, j’avais une journée de congé à prendre impérativement. La dernière fois que je m’étais retrouvée dans cette situation, j’en avais profité pour une randonnée dans les gorges de la Combe d’Oyans et avait apprécié cette journée de break. Cette fois, j’ai changé de département pour gagner la rive droite du Rhône : direction l’Ardèche ! J’ai pris la route vers Lamastre dans l’idée de me promener dans les jolis villages alentours. Après un arrêt à l’office de tourisme de Lamastre (où l’accueil était vraiment agréable et le conseil personnalisé), j’ai choisi de visiter deux villages de caractère : Désaignes et Boucieu-le-Roi, puis de continuer à descendre le long du Doux jusqu’à Tournon, en mode mini road-trip pour profiter des paysages.

Dans la Vallée du Doux, vue sur la montagne ardéchoise depuis Le Crestet

Désaignes, village médiéval

De Lamastre, j’ai pris la direction de Désaignes, un village médiéval, classé village de caractère. La route sinue entre les montagnes, le long du Doux, offrant de jolis points de vue sur les environs, et me permettant d’apercevoir un château ruiné. Je ne m’y suis toutefois pas arrêtée immédiatement, car je devrais prendre le même chemin au retour et j’avais choisi de visiter les lieux dans le sens du cours de la rivière.

Je ne m’étais encore jamais arrêtée à Désaignes. Le village n’est pourtant situé qu’à un peu plus d’ 1 heure de voiture de chez moi (et si la route qui y mène est très sinueuse, elle permet aussi d’admirer de jolis paysages). J’avais hésité à m’y arrêter en rentrant du Puy en Velay, mais ce jour-là, nous avions surtout hâte d’arriver à la maison. Cette fois était donc la bonne : je m’apprêtais à découvrir le charme de Désaignes !

J’ai laissé ma voiture sur un parking, aux allures de jardin public, à l’extérieur de l’enceinte médiévale. Face à moi, les collines de l’autre rive du Doux prennent le soleil pendant que je pique-nique. Un peu plus loin, une porte d’entrée dans le village m’invite à venir découvrir les ruelles.

Porte d’entrée du village de caractère de Désaignes

Je m’engage alors dans un dédale charmant, allant de place en place. Le village est dominé par son château (fermé à l’heure de mon passage, il aurait fallu que j’attende plusieurs heures pour le visiter… je reviendrai !). En ce lundi midi, les rues sont calmes, et je croise peu de monde. Je profite de la fraicheur des fontaines. Je flâne, m’arrêtant pour caresser un chat qui passe. Je perds sans doute un peu la notion du temps, bercée par l’architecture d’une autre époque. Je finis cependant par me retrouver à côté de la porte par laquelle j’étais entrée, marquant la fin de ma balade dans le village.

Profiter de la fraicheur des fontaines
Vieilles tuiles et valériane, tout le charme d’un vieux village ardéchois
Vue sur les collines de l’autre côté de la rivière
La place du village, accueillante
En plein été, le soleil est bien présent !
Peut-on imaginer un village de caractère ardéchois sans un chat ?
Image bucolique : dans la cour du château de Désaignes, quelques poules, un vieil arrosoir, une treille le long des murs..

Retourtour, château médiéval et pieds dans l’eau

En montant de Lamastre à Désaignes, j’avais aperçu les ruines d’un château. Je m’y suis arrêtée en redescendant de Désaignes. Construit au Xe siècle, le château-fort de Retourtour aurait été ruiné à partir du XIVe siècle suite à des querelles familiales de succession. Il domine une boucle du Doux et le petit hameau de Retourtour. J’ai fait le tour du village qui présente deux ou trois ruelles au charme ancien, blotties le long du rocher sur lequel le château avait été construit. L’accès aux ruines n’est par contre par possible.

Retourtour, son château médiévale en ruines au pied duquel se blottit un village

Mais une autre surprise agréable m’attendait à Retourtour. En effet, à cet endroit le Doux fait une boucle et un plan d’eau y a été aménagé pour la baignade. Une passerelle permet de passer d’une rive à l’autre au bord de la retenue, à pied presque sec. La journée était caniculaire et je n’ai pas résisté à la tentation de plonger mes pieds dans l’eau claire. J’ai donc avisé un rocher sur lequel je me suis installée, les pieds dans l’eau, jouant à regarder les petits poissons nager à cet endroit peu profond. J’ai regretté de ne pas avoir pensé à glisser mon maillot de bain et une serviette dans la voiture car j’aurais bien profité de la fraicheur du plan d’eau de Retourtour pour une baignade !

Vu depuis la passerelle du plan d’eau de Retourtour, le Doux reprend son cours sauvage

Boucieu-le-Roi, village typique du Vivarais

Après cette pause à Retourtour, j’ai repris la route pour continuer à descendre le long du Doux. J’ai traversé Lamastre sans m’y arrêter, et pris la direction de Boucieu-le-Roi, profitant tout le long du trajet des magnifiques points de vue sur les paysages environnants. En arrivant à Boucieu, j’ai laissé ma voiture sur le parking de la gare (Boucieu est sur l’ancienne voie ferrée du Doux, qui aujourd’hui se partage entre vélorail et chemin de fer touristique – encore une idée d’activité que j’aimerais bien faire d’ailleurs !) pour gagner à pied le cœur du village. J’ai pour cela emprunté le chemin d’accès historique à Boucieu, piste montant à flanc de coteau.

Vue sur la vallée du Doux depuis Boucieu-le-Roi… ou les jolis paysages ardéchois
Une courte marche sur un sentier bien pentu permet d’accéder au cœur du village depuis la gare

Une fois en haut du chemin, impossible de douter : je suis bien dans un village de caractère ! En effet, la Maison du Bailli, bâtiment emblématique de Boucieu-le-Roi me fait face. Construite au XVe siècle, cette demeure flanquée d’une échauguette abritait le bailliage de Boucieu. Cette cour royale de justice du Haut Vivarais avait été installée ici par Philippe le Bel au XIIIe siècle, et a marqué le début du développement du village qui a connu son apogée au XVIe siècle, nous laissant un riche patrimoine bâti. Ainsi en se promenant dans les rues du village, on croise de très nombreuses maisons à l’architecture typique du Vivarais.

La Maison du Bailli et son échauguette à Boucieu-le-Roi

Ces maisons vivaraises sont construites selon un plan rationnel, adapté au climat local et à un mode de vie rural. L’habitation était située au premier étage, desservie par un escalier de pierre menant à l’aître, un perron protégé par un auvent. Dans l’espace sous l’aître, chaque famille élevait un cochon destiné à fournir de la viande. On y trouve également l’accès à la cave ou à la remise, semi-enterrée. Une grande partie des maisons de Boucieu est construite sur ce type, même si parfois l’auvent de l’aître a disparu (certains auvents étaient portés par des piliers de bois, tandis que d’autres étaient en pierre de taille). Il en résulte une jolie harmonie quand on se promène dans le village.

Sur la maison à droite, on voit l’escalier desservant l’étage d’habitation et l’aître
L’auvent a parfois disparu mais l’architecture des maisons reste typiquement vivaraise.

Un autre élément remarquable à Boucieu-le-Roi est son chemin de croix, conçu sur le modèle d’un Grand Voyage. Un grand voyage était un chemin de croix extérieur, ponctué de stations chapelles, idéalement utilisant la topographie locale pour rappeler celle des différents lieux de Jérusalem par lesquels Jésus est passé durant sa Passion (on peut trouver un autre exemple de Grand Voyage à Romans-sur-Isère). Le but du grand voyage est de permettre de vivre le pèlerinage de Jérusalem à ceux qui n’ont pas la possibilité de se rendre sur place. Le chemin de croix de Boucieu se compose de 35 stations chapelle, et fait le tour du village. A l’origine, il en comportait 39, mais suite aux destructions de la Révolution Française, 4 emplacements n’ont pas pu être retrouvés.

Le grand voyage de Boucieu a été créé par le père Pierre Vigne au XVIIIe siècle. Né à Privas, formé par les Lazaristes de Lyon, Pierre Vigne devient prêtre missionnaire itinérant, suivant l’exemple de Saint François Régis qui avait œuvré un siècle plus tôt entre Vivarais et Velay. Pierre Vigne s’installe à Boucieu entre deux missions à partir de 1712, où il fondera aussi la communauté des Soeurs du Saint Sacrement (aujourd’hui installée à Valence). Figure notable de l’histoire locale ayant laissé son empreinte dans la vie catholique, il a été béatifié en 2004 par le pape Jean-Paul II. Aujourd’hui encore, le chemin de croix de Boucieu attire un grand nombre de pèlerins, en particulier le Vendredi Saint.

Une station chapelle du chemin de croix dans la montée vers l’ancienne maison des Soeurs du Saint Sacrement. Les peintures des scènes de la Passion ont été remplacées par des bas-reliefs de Dante Donzelli dans les années 1960.
L’église Saint Jean Baptiste abrite la sépulture du Bienheureux Pierre Vigne
Les stations chapelles ont parfois été intégrées au bâti, comme celle sur la droite de la photo.

Retour vers la vallée du Rhône

De Boucieu, je suis redescendue dans la vallée du Rhône en longeant la rivière. La route permet en particulier de traverser les gorges du Doux, et d’apercevoir leur mythique voie ferrée. Elle est toujours régulièrement empruntée par le Mastrou, un train à vapeur.

Je n’ai pas fait d’autres arrêts car la journée était déjà bien avancée. Toutefois si vous avez envie de prolonger le road-trip, vous pouvez partir en direction de Saint Félicien au lieu de revenir directement dans la vallée du Rhône. Il est également possible de profiter du passage par Tournon pour découvrir la ville et ses environs. Voici quelques idées que j’ai pu tester au fil de temps :

[Auvergne] Street Art City, capitale autoproclamée du street art

J’avais repéré Street Art City lorsque j’avais regardé les balades à faire dans les environs de Montluçon au printemps. Finalement, le planning du séjour printanier ne m’avait pas permis d’y aller, mais j’avais gardé l’idée dans un coin de ma tête. C’est en rentrant de Bretagne cet été que nous sommes passées par l’Allier avec Melle 3e et que nous en avons profité pour une immersion dans Street Art City, capitale du street art en France…

Un lieu atypique

Street Art City, c’est un lieu atypique et une histoire qui ne l’est pas moins. Situé au cœur de la campagne bourbonnaise, cet ancien centre de formation des PTT n’avait pas particulièrement vocation à devenir un haut lieu du street art en France. Abandonné dans les années 1990, l’endroit, perdu au milieu de nulle part ne semblait pas prédisposé à devenir cette résidence artistique dédiée à l’art urbain. Et pourtant…

En 2015, Sylvie promenait Bijou, son chien, quand elle a eu une idée géniale : transformer ce site abandonné pour lui donner des couleurs avec « ce que l’on voit sur les périphériques, dans les villes, dans les gares ». Avec son époux Gilles, ils creusent cette idée, se renseignent sur cet univers artistique, et rachètent l’ancien centre de formation.

Dès 2016, des artistes investissent les lieux, créant des fresques monumentales mais aussi décorant petit à petit les 128 chambres de l’hôtel du centre de formation.

Aujourd’hui, Street Art City, ce sont 22 500 m² d’œuvres en perpétuel renouvellement dans un lieu qui ne sera pas démoli (à la différence d’autres lieux investis par les street artistes pour quelques mois d’exposition avant démolition), en faisant ainsi une référence mondiale.

le visage de la fillette est une oeuvre de Stinkfish, dessous un lettrage un peu old school par Soir2 et Zeso

Un parcours extérieur hors normes

Quand on arrive à Street Art City, on a l’impression de s’enfoncer dans le bocage bourbonnais jusqu’à ce qu’on arrive au panneau d’entrée de la « ville » au détour d’un virage. Déjà, on aperçoit les fresques immenses et l’effet est saisissant.

Après un petit arrêt au portail d’entrée pour valider notre billet (nous l’avions préacheté via internet mais il est possible de payer sur place), et récupérer le guide de visite ainsi que quelques conseils, nous nous dirigeons vers le parking, à l’intérieur même du site. Nous mesurons alors réellement l’ampleur des lieux, et commençons à comprendre pourquoi il est conseillé de passer une journée complète sur place. Nous avons bien fait d’arriver à l’ouverture, à 11.00 du matin !

Nous commençons notre découverte par les espaces extérieurs. L’ensemble des bâtiments est recouverts de fresques monumentales. Des dizaines d’artistes sont ainsi exposés, et les univers picturaux sont multiples, tout comme les techniques utilisées. Dire que nous en prenons plein les yeux est un euphémisme !

Bien entendu, comme dans toute exposition, certaines œuvres nous plaisent plus que d’autres, nous parlent plus que d’autres. Mais l’ensemble est indéniablement époustouflant !

Le guide de visite nous permet de découvrir le nom de l’artiste (ou du groupe d’artistes) ayant réalisé la fresque, ainsi que quelques éléments de contextualisation. Mais je dois avouer que nous avons préféré nous laisser porter par nos ressentis sans chercher à trop intellectualiser l’expérience.

Coup de coeur pour la délicatesse du trait de SimpleG

Des galeries d’art au cœur de la campagne

Mais Street Art City, ce ne sont pas que des fresques gigantesques en extérieur. En effet, l’intérieur des bâtiments a également été exploité et une partie transformée en galeries d’art.

Nous avons parcouru avec plaisir les différentes galeries, expositions d’œuvres plus intimistes réalisées par des artistes ayant aussi mené des projets de fresque à l’extérieur.

Il est également possible de déjeuner au cœur même de Street Art City, soit en ayant apporté son pique-nique et profitant des espaces enherbés avec vue sur les fresques, soit en s’asseyant au restaurant du site installé au milieu d’une galerie d’art. C’est pour cette seconde option que nous avons opté, et nous n’avons pas regretté notre choix. Déjeuner (frais et local) au milieu des œuvres était une belle expérience.

Rimbaud version post-covidienne par L8Zon

L’expérience immersive de l’Hôtel 128

Après le déjeuner, nous nous sommes rendues à l’Hôtel 128 pour une expérience immersive. En effet, il a été proposé aux artistes en résidence à Street Art City de prendre possession chacun d’une chambre du bâtiment d’hébergement de cet ancien centre de formation des PTT. Avant d’entrer dans l’hôtel, un petit film nous explique les consignes de sécurité à appliquer afin de profiter pleinement de l’expérience tout en préservant les œuvres.

On nous remet alors à chacune une lampe frontale puis on nous assigne un des quatre étages pour débuter la visite (cela permet de répartir le flux des visiteurs sur l’ensemble du bâtiment pour avoir des conditions de visite pour chacun plus agréables). Les couloirs sont plongés dans l’obscurité, et les portes fermées. Melle 3e étant assez grande, nous pouvons profiter de façon individuelle de l’expérience en entrant chacune seule dans les chambres, une par une. C’est alors un parcours nous emportant littéralement à l’intérieur des univers de chaque artiste que nous débutons.

L’expérience, pleinement immersive, est également très intense, renforcée par l’effet de surprise à l’ouverture de chaque porte et le côté Shining de ces longs couloirs sombres. Certaines chambres sont vraiment « remuantes », parfois perturbantes aussi. Il est difficile de rester insensible et quasiment chaque porte poussée est un aller simple vers des émotions parfois fortes.

J’ai pour ma part été contrainte de stopper (à regret) l’expérience au bout d’un étage et demi, laissant Melle 3e terminer à son rythme. En effet, les couloirs sont recouverts de moquette murale qui n’a pas vu un aspirateur depuis des décennies, et cela m’a déclenché une crise allergique. Commençant à suffoquer, j’ai préféré retourner à l’air libre ! Malgré cela, j’ai vraiment apprécié l’expérience Hôtel 128 et je trouve que c’est une idée absolument géniale !

Intérieur/extérieur – à travers la vitre

Ensuite, nous avons pris le temps de terminer le tour de bâtiments mais aussi d’aller revoir nos fresques préférées. L’après-midi touchait à sa fin quand nous sommes reparties, des couleurs plein la tête !

Une des premières fresques de Street Art City par Crey One
De gauche à droite, des oeuvres de Dépose, Aéro et Rast
« Auprès de sous mon arbre » – Georges Brassens par Pink’Art Roz
Inspiration Mucha et Roy Lichtenstein pour cette fresque par Solo et Diamond
Ted Nomad – une des belles découvertes faites à Street Art City !
oeuvres de Kal Dea, Anna Conda et Antonin Rêveur
Futurisme par Sakew
Visages par Ted Nomad
Alice par Zeso et BKFOXX
Japonismes par Zeso
Au centre, œuvre de Ted Nomad

Street Art City – Allier – août 2022

(*) Street Art City est situé sur la commune de Lurcy-Lévis, dans le nord du département de l’Allier. C’est ouvert du printemps à l’automne et les informations pratiques sont à retrouver sur leur site internet.

(**) Vous ne verrez pas ici de photos des galeries ni de l’Hôtel 128 car j’ai respecté la consigne de ne pas en faire à l’intérieur des bâtiments..