[projet 52-2020] semaine 41 – au musée

Quand j’ai inscrit ce thème sur la liste du projet 52, je n’avais vraiment pas prévu que justement j’aurais l’occasion d’aller dans un musée pile la semaine précédente.

Et pourtant, j’ai profité d’une matinée où je devais faire un saut en ville dimanche dernier pour aller découvrir la nouvelle exposition temporaire au Musée de Valence, consacrée à l’artiste contemporain Philippe Favier (je vous en reparlerai en détail, le temps de trier les photos et de rédiger un billet…).

Comme j’avais repéré le thème de cette semaine samedi dernier, l’occasion était trop belle et je savais du coup exactement ce que j’allais vous montrer. Il ne restait plus qu’à prendre une photo !

J’aime vraiment beaucoup le tableau des autorisations qui figure un peu partout dans le musée de Valence (et j’ai sans doute déjà eu l’occasion de vous le montrer dans un billet consacré à ce musée).

**********************

Si vous voulez savoir ce que les autres participants ont retenu de leur visite au musée, il suffit de suivre les liens dans les commentaires…

[Allier] du son à Montluçon

Lors de mon étape à Montluçon, j’ai pris le temps d’aller visiter le MuPop, Musée des Musiques Populaires.

Installé en plein coeur de la cité médiévale, situé dans deux anciens hôtels particuliers surplombant les jardins Wilson, le Mupop explore les musiques populaires au fil du temps. La collection du musée a débuté par quelques vielles exposées dans le musée d’histoire locale. Au fil des années 1960/70, dons et achats complètent la collection de vielles, et le musée devient Musée de la Vielle.

L’acquisition d’une collection de cornemuses en 1993, puis une exposition de guitares électriques en 1997, étendent le champ d’intérêt du musée à l’ensemble la musique populaire, depuis les musiques rurales du XIXe siècle jusqu’aux aussi aux musiques électro-amplifiées actuelles. Le MuPop est né et va s’installer dans le bâtiment actuel en 2013.

Le MuPop est un musée vivant où un système d’écoute individuel permet de donner vie aux instruments et objets à travers des extraits sonores. Outre les collections d’instruments (vielles, cornemuses, guitares électriques en particulier), le musée traite de l’évolution de la diffusion de la musique populaire : fanfares et bals musettes, puis disques et scopitones, cassettes et clip-vidéo, concerts…

Les collections du musée sont riches et impressionnantes. Il est même parfois un peu difficile de s’y repérer et tout écouter est impossible (il faudrait pas loin d’une journée complète). Après de nombreuses heures de route, je n’avais sans doute pas la capacité de concentration nécessaire à une exploration trop approfondie du patrimoine présenté (et j’ai même pensé que c’est typiquement le genre de musée où une visite guidée a un véritable intérêt, histoire de ne pas se perdre dans le dédale des instruments et des extraits, mais de mettre le focus sur quelques éléments clés). Alors je suis passée d’une salle à l’autre, d’une ambiance à l’autre, attrapant quelques extraits musicaux de ci de là, et goutant le plaisir de retrouver des airs connus.

la fanfare
le bal populaire
le walkman, souvenir de mes années collège & lycée !
le salon de musique

MuPop – Montluçon – Allier – août 2020

(*) Pour les conditions de visite et les informations sur les expositions temporaires, il convient de se reporter au site internet du MuPop.

[Isère] à la découverte du musée de la Grande Chartreuse

En complément de notre randonnée autour du monastère de la Grande Chartreuse, nous avons visité le musée. Celui-ci est situé à 2 kilomètres du monastère, dans les anciens bâtiments de la Correrie qui servait aux frères convers avant de devenir l’hôpital du monastère. En effet, sa situation moins encaissée et plus ensoleillée permettait aux moines chartreux malades ou âgés de bénéficier de meilleures conditions de vie. Aujourd’hui, le musée présente la vie des chartreux et l’organisation d’une chartreuse.

C’est au XIe siècle que Saint Bruno installe un ermitage en Chartreuse, rejoint par quelques compagnons. C’est le début de l’histoire de l’ordre des chartreux qui prennent comme nom celui du lieu qui les accueille. Suite à des avalanches ( mais c’est plus vraisemblablement des éboulements emportés par des coulées de neige qui ont détruit la maison haute d’origine) au XIIe siècle, la maison haute de la Chartreuse sera déplacée de quelques kilomètres en aval, permettant en outre son agrandissement. Le monastère que nous connaissons actuellement date du XVIIe siècle et a été construit en pierre suite à un incendie ayant détruit une grande partie des bâtiments qui existaient alors.

La Grande Chartreuse, comme les autres chartreuses, s’organise autour d’un grand cloître où sont répartis les ermitages des moines. Chacun de ces ermitages est en fait une petite maison où l’étage constitue la pièce unique divisée en quatre espaces : un lit, une place pour manger face à la fenêtre afin de pouvoir observer la nature, un espace d’étude et de travail et un espace de prière. Le niveau inférieur comporte un atelier où le moine peut faire des activités manuelles selon ses aptitudes et préférences (reliure, travail du bois… ) mais aussi couper le bois pour alimenter le petit poêle de sa pièce de vie. Un petit jardin permet la culture des plantes et la méditation. Le grand cloître permet de rejoindre l’église. Les journées des chartreux sont rythmées par la prière, individuelle ou collective, l’étude, le travail manuel. Les offices sont chantés.

Les chartreux se sont peu à peu spécialisés dans l’herboristerie et produisent depuis le XIXe siècle de façon industrielle une liqueur, la Chartreuse, dont ils sont les seuls à connaître la recette encore aujourd’hui.

Musée de la Grande Chartreuse – Saint Pierre de Chartreuse – Isère – juillet 2020

(*) Les conditions de visite du musée sont disponibles sur leur site internet. Il n’y a pas de réservation malgré la crise sanitaire mais l’accès à l’intérieur du musée est régulé afin de ne pas dépasser la capacité autorisée.

***************

A quelques kilomètres de la Grande Chartreuse, le musée d’art sacré contemporain Arcabas mérite un détour. L’église de Saint Hugues de Chartreuse a en effet été totalement décorée par l’artiste et c’est un décor unique de plus de 100 pièces qui nous est présenté in situ. Arcabas a débuté son travail dans l’église de Saint Hugues en 1952 et y est intervenu pendant une trentaine d’années. Arcabas est, en particulier, reconnu pour son travail d’art sacré contemporain et il a réalisé des œuvres pour de nombreuses églises, pour beaucoup en Isère et en Savoie.

Musée Arcabas en Chartreuse – Saint Hugues de Chartreuse – juillet 2020

(*) Le musée est situé dans l’église du village de Saint Hugues. L’entrée est gratuite. Les horaires et conditions de visites sont détaillées sur le site internet des musées de l’Isère.

[Drôme] redécouvrir le musée de la chaussure

Vue de la cour du musée

Après avoir fait du canoë sur l’Isère, je suis partie avec les autres instagrameurs pour découvrir ou plutôt redécouvrir le Musée de la Chaussure.

Installé dans l’ancien couvent des Visitandines à Romans, le Musée de la Chaussure a fermé plus d’un an suite à l’épisode de grêle subi par la ville en juin 2019 et qui avait fait de considérables dégâts. Il a rouvert le 15 juillet, et propose maintenant deux nouvelles salles consacrées aux chaussures contemporaines.

L’industrie de la chaussure a longtemps été un fleuron romanais. De grands noms avaient en effet leurs ateliers à Romans : Charles Jourdan, Robert Clergerie, Stephan Kelian mais aussi les ateliers Rivat, spécialisés en chaussures de sport et à l’origine des ouvertures décentrées ou du scratch pour fermer les chaussures.

En effet, depuis longtemps, le cuir était travaillé à Romans et la ville disposait de nombreux ateliers de tannage (on peut encore voir des maisons de tanneurs place de la Presles, même si celles-ci sont peu mises en valeur pour le moment). Et lorsque la production s’est industrialisée, les ateliers de fabrication de chaussures se sont installés à proximité des tanneurs.

Le musée de la chaussure nous propose d’abord un voyage dans le monde de la fabrication des chaussures depuis l’ère pré-industrielle avec les outils et l’atelier du cordonnier. Puis, nous découvrons les premières machines industrielles.

Mais l’essentiel des collections du musée se compose de… paires de chaussures ! Il y en a environ 20 000 dont un dixième est exposé, de façon tournante pour ne pas abîmer certains modèles plus fragiles.

La plus ancienne paire a 3500 ans et cette sandale en papyrus provient de l’Egypte des Pharaons. Nous descendons ensuite le fil du temps, de l’Antiquité au Moyen-Âge, de la Renaissance au Siècle des Lumières, de la Révolution Française au Second Empire, pour finir au tout début du XXe siècle. Puis, nous partons explorer le monde : Asie, Afrique, Amérique, Océanie….

Puis, nous arrivons aux nouvelles salles. La première, installée dans l’ancien parloir des Visitandines, explore la façon dont certaines chaussures sont devenues iconiques, ont traversé les frontières entre chaussures spécialisées (sport, danse, travail, rééducation..) et chaussures de ville. Nous retrouvons ainsi les Dr Martens, les espadrilles ou les sneakers. La muséographie s’attarde aussi sur la perméabilité des frontières masculin/féminin à partir du milieu du XXe siècle : richelieus, derbys ou cuissardes qui de masculin passent au féminin, mais aussi les « Zizi » créées par Rose Repetto pour sa belle-fille et ensuite portées par Serge Gainsbourg…

Après avoir traversé rapidement l’ancienne chapelle qui abrite des créations romanaises actuelles, nous arrivons dans l’autre salle ouverte cet été : tout autour de la pièce s’étale une rétrospective de l’évolution des chaussures depuis 1900 mise en parallèle avec les évolutions sociétales. Cette salle permet ainsi de se rendre compte de l’évolution de la condition féminine mais aussi de celle de la place de l’enfant.

Enfin, au centre de cette pièce, un focus est fait sur deux créateurs : le romanais Charles Jourdan d’une part, précurseur du marketing global et de l’internationalisation des ventes, et son disciple Christian Louboutin, surdoué envoyé en stage chez Jourdan par une maison de haute couture, et jamais totalement accepté dans les ateliers romanais. Plusieurs de ses modèles à la semelle rouge iconique sont ainsi présentés.

C’est la fin de notre visite, fort intéressante et complète grâce aux explications de notre guide Baptiste.

Le couloir des cellules des Visitandines
Escarpins de la Princesse Grace de Monaco
Corde tressée pour la fabrication d’une semelle d’espadrilles, et modèle Hermès au premier plan
Modèles Louboutin
L’escarpin étoilé d’Andréa Pfister – version originale dans le musée
L’escarpin étoilé d’Andréa Pfister – version géante devant le musée

Musée de la chaussure – Romans – Drôme – juillet 2020

(*) Les conditions de visite sont détaillées sur le site internet du Musée de la Chaussure. Il est intéressant de pouvoir suivre une visite guidée pour aller à l’essentiel et éviter la lassitude dans certaines salles lorsque, comme moi, on n’est pas un spécialiste de l’histoire des chaussures. J’avais pourtant déjà visité 2 fois le musée mais cette visite guidée m’a appris énormément de choses, ou fait faire attention à des points que j’avais zappés en visitant seule.

(**) Merci à la Ville de Romans pour cette invitation, à Baptiste pour la visite et aux autres instagrameurs (Le Caillou aux Hiboux, Claire & Thomas, Julie et Katia) pour leur bonne humeur.

[petits moments] en Chartreuse – juillet 2020

MERCREDI 15 JUILLET // JEUDI 16 JUILLET // VENDREDI 17 JUILLET


J’ai pris 3 jours de vacances en Chartreuse, un massif situé à à peine plus d’une heure de route de la maison et que je ne connaissais quasiment pas (en fait, je n’y étais pas retournée depuis que j’y avais passé une journée alors que j’étais en stage de fin d’études sur Lyon… en dehors des fois où je suis allée à la Bastille de Grenoble, mais bon, ce n’est pas vraiment le coeur du massif !).

*************

Cette fois, j’avais posé ma valise à Saint Pierre de Chartreuse et j’ai bien profité des alentours. Je vous reparlerai en détail de mes balades et découvertes les plus significatives. Mais voici déjà un petit aperçu.

Saint Laurent du Pont pavoisé pour le 14 juillet – Chartreuse – Isère
le village de Saint Hugues de Chartreuse et le sommet de Chamechaude – Chartreuse – Isère
Saint Pierre de Chatreuse – Chartreuse – Isère
Entremont le Vieux – Chartreuse – Savoie

****************

La visite au Musée de l’Ours des Cavernes est partie d’une boutade…. Nous avons découvert un petit musée spécialisé, fort intéressant et très bien conçu. Sa mise en place à Entremont le Vieux fait suite à la découverte en 1988 de milliers d’ossements d’ours des cavernes dans une grotte voisine. On estime que le site a servi de caverne d’hivernation aux ours entre moins 45 000 et moins 21 000. Ce qui a été retrouvé sont les squelettes des ours morts au cours des périodes d’hivernation.

Squelette reconstitué façon puzzle à partir d’ossements de plusieurs ours trouvés dans la grotte de la Balme à Collomb

(*) Musée de l’Ours des Cavernes, 73670 Entremont le Vieux (dans le massif de la Chartreuse)

*************

La vue depuis l’hôtel à Saint Pierre de Chartreuse était plutôt sympa…

Saint Pierre de Chartreuse – Chartreuse – Isère

*************

On a fait une pause pique-nique au bord du lac de Paladru en redescendant de la montagne et avant d’aller sur Voiron.

Vue depuis le bord du lac à Paladru – Isère
Au bord du lac à Paladru – Isère

(*) Attention, il y a peu de « plages » au bord du lac et plusieurs sont payantes, y compris des « plages municipales ».

*************

A Voiron, nous sommes allés visiter les caves de la Chartreuse. Installées sur l’ancien site de production, elles vont bientôt être réaménagées en un lieu de vie culturelle. Les travaux auraient dû être en cours mais ont été retardés de quelques mois, ce qui nous a permis de visiter les lieux.

La visite se termine par une dégustation de Chartreuse jaune et de Chartreuse verte, pour les plus de 18 ans et avec modération…

(*) Caves de la Chartreuse, Boulevard Edgar Kofler, 38500 Voiron. Il convient de vérifier au préalable les conditions de visite sur le site internet de la Chartreuse.

**************

Quant au hasard, il nous a conduit au café de la gare de Voiron qui a conservé son décor vintage.

Tables en formica aux pieds doublés de métal, bar en bois recouvert de zinc, vaisselier assorti, carrelage 50’s… rien ne manque !

*************

Il me restera à vous parler de la Grande Chartreuse, ses environs et son musée, du cirque de Saint Même, et de la cascade de la Pisserote…. Cela devrait arriver d’ici quelques jours/semaines selon le temps dont je vais disposer.

[Auvergne] les couturiers de la danse au Centre National du Costume de Scène

Si j’avais choisi de faire un arrêt à Moulins, c’est pour pouvoir aller voir le Centre National du Costume de Scène. Cela faisait en effet un moment que j’avais envie de découvrir ce musée mais sans avoir eu l’occasion de passer à proximité. J’ai donc décidé de provoquer l’occasion !

Situé dans une ancienne caserne majestueuse, le musée héberge une collection permanente dédiée à Rudolf Noureev et accueille une exposition temporaire dédiée aux couturiers de la danse lors de mon passage. Le centre est également un conservatoire des costumes de scène des grands opéras et théâtres nationaux.

La collection Noureev permet de découvrir comment le danseur a fait évoluer le vestiaire masculin de danse classique pour mettre en valeur le travail des jambes en particulier. Elle permet également d’approcher le goût qu’il avait pour les riches tissus exotiques, et sa passion pour le costume ancien.

L’exposition Les couturiers de la danse s’intéresse à la façon dont les grands couturiers du XXe siècle ont travaillé en symbiose avec les chorégraphes pour de grandes créations scéniques. Au fil des salles, les noms prestigieux se succèdent : Chanel, Versace, Dior, Balmain, Christian Lacroix, Jean-Paul Gaultier, Hedi Slimane, Yves Saint-Laurent, Karl Lagerfeld, Viktor & Rolf…. Tous ont crée des costumes pour des ballets chorégraphiés et dansés par les compagnies les plus connues (on retrouve ainsi les noms de Béjart, Forsythe, Millepied, Sylvie Guillem, Roland Petit…. ).

Dans chaque costume, on retrouve le style du couturier qui l’a dessiné et on devine les multiples contraintes dont il a fallu tenir compte. Un costume de ballet doit avant tout laisser le danseur libre de ses mouvements, ne pas l’entraver dans ses gestes mais permettre de mettre ceux ci en valeur.

Même si, coronavirus oblige, un certain nombre d’outils de médiation ne sont dorénavant plus accessibles et que la visite ne peut s’effectuer qu’en sens unique, elle reste néanmoins très intéressante et m’a donné envie de retourner voir un ballet !

Hervé L. Leroux pour « Rythme de Valse » chorégraphié par Roland Petit à l’Opéra de Paris
Olivier Rousteing – Maison Balmain pour « Renaissance » chorégraphié par Sébastien Bertaud à l’Opéra de Paris
Olivier Rousteing – Maison Balmain pour « Renaissance » chorégraphié par Sébastien Bertaud à l’Opéra de Paris
Jean-Paul Gaultier et ses iconiques marinières / Yves Saint-Laurent pour sa part reprend les motifs de sa collection Mondrian dans ses costumes pour « Notre Dame de Paris »
Karl Lagerfeld pour une chorégraphie de George Balanchine à l’Opéra de Paris en 2016
Christian Lacroix pour « Les Anges ternis » en 1987
Gianni Versace pour différentes chorégraphies de Maurice Béjart

Centre National du Costume de Scène – Moulins – Allier – juin 2020

(*) L’exposition Les Couturiers de la Danse est prolongée jusqu’au 1er novembre 2020. L’ensemble des informations pratiques est à retrouver sur le site internet du CNCS.

[Isère] le musée archéologique Saint Laurent

Ceci est une sortie d’avant confinement…

200229_Grenoble_musee_st_Laurent_1

Le musée archéologique Saint Laurent est situé dans le quartier éponyme de Grenoble. Je n’avais initialement pas prévu d’y aller mais j’avais encore du temps avec de repartir en sortant de l’exposition des photographies de Vivian Maier. Je n’avais jamais prêté attention à l’existence de ce musée jusqu’à ce que j’en entende parler quelques jours avant mon passage à Grenoble. L’occasion de m’y rendre était donc toute trouvée.

Le musée est situé dans l’ancienne église Saint Laurent. L’église telle que nous la voyons aujourd’hui a été construite au XIIe siècle par des moines bénédictins qui y avaient installé leur abbaye, au bord des anciennes fortifications de la ville. Elle se situe toutefois sur un site beaucoup plus anciens : une église carolingienne, elle-même construite sur une église funéraire paléo-chrétienne et sa crypte.

Au XIXe siècle, la construction par le général Haxo des fortifications de la Bastille modifient l’aspect du site. Initialement, l’église n’était pas adossée à la colline mais le devient suite aux remblais nécessaires aux installations militaires.

C’est Jacques-Joseph Champollion (le grand frère de l’égyptologue) qui le premier fera part de l’intérêt historique de l’église Saint Laurent et surtout de la chapelle mérovingienne Saint Oyand sur laquelle elle est construite. Nous sommes alors au tout début du XIXe siècle. Les premières tombes ont commencé à être détruites lors des travaux de la Bastille quelques années plus tard. Alerté par une société savante locale, l’Académie Delphinale, Proper Mérimée se rend plusieurs fois à Grenoble et fait classer les lieux au titre des Monuments Historiques en 1850. Un premier musée lapidaire ouvre sur le site quelques années après.

Dans les années 1960, lors de sondages visant à s’assurer de la stabilité du bâti, des maçonneries anciennes sont découvertes. Une campagne de fouilles est engagée dans le courant des années 1970 et l’importance des vestiges trouvés conduit à la désacralisation de l’église et sa transformation en musée archéologique.

Aujourd’hui, lors de la visite du musée, nous découvrons ainsi les vestiges des différentes églises empilées sur le site. Une mise en lumière colorée permet de bien discerner les éléments de chaque époque. L’ancien cloître, avec les vestiges de ses différents murs montrant son agrandissement au fil du temps, permet également de s’intéresser à l’évolution de la relation des hommes avec la mort.

En effet, le site de Saint Laurent, à l’abri des crues de l’Isère, est le tout premier site d’inhumation chrétien de Grenoble. Plus de 1500 sépultures datant du IVe au XVIIIe siècle sont ainsi présentes sur le site : sarcophages alignés sous la nef, sépultures en pleine terre dans des coffres de bois, sous des empilements de tuiles ou des tombes en maçonneries… La diversité des modes d’enterrement ainsi que les objets déposés avec les défunts permettent d’obtenir un panorama très large des rites funéraires chrétiens au fil des siècles.

C’est un musée surprenant que ce musée archéologique, qui va bien au delà des dépôts lapidaires et collections d’objets que l’on voit habituellement. La présence des tombes, l’omniprésence des squelettes, le passage par la chapelle mérovingienne Saint Oyand maintenant souterraine donnent à la visite une connotation étrange… comme un voyage spirituel à la rencontre des rites du passé.

200229_Grenoble_musee_st_Laurent_2
Sarcophages sous la nef de l’église
200229_Grenoble_musee_st_Laurent_3
Chapelle mérovingienne Saint Oyand
200229_Grenoble_musee_st_Laurent_5
Vue sur le choeur et les vestiges souterrains de la nef
200229_Grenoble_musee_st_Laurent_4
Remonter vers la surface…

Musée archéologique Saint Laurent – Grenoble – février 2020

(*) L’entrée au musée archéologique Saint Laurent, tout comme celles des autres musées départementaux de l’Isère, est gratuite.

[les états d’esprit du vendredi] 13 mars 2020

Les états d’esprit du vendredi sont un exercice de style lancé par Zenopia et The Postman (qui ne bloguent plus maintenant). La règle est simple : on complète les différentes rubriques le vendredi.

[Vendredi 13 mars 2020] – [début xx.xx] [rédigé jeudi 12 mars tard… et programmé]

Fatigue : le rythme de la semaine a encore été bousculé, mais ça va !

Humeur : pour l’instant, ça va….

Estomac : J’ai fait une descente à la pâtisserie Intense du champion du monde pâtisserie, Bastien Girard….

Condition physique : normale

Esprit : vagabond

Boulot : Finalement, j’ai passé une partie de la semaine à Paris… (cela s’est décidé lundi) … et les jours/semaines à venir s’annoncent « compliqués »…

Culture : le replay de The Voice, ça compte ?

Penser à : mettre le réveil à sonner pour dimanche matin (je dois beaucoup penser au réveil ces temps-ci… ) (si le CSO est maintenu….)

Avis perso : Le savon, ça fait le job !

Message perso : on a toujours plus de ressources en soi que ce que l’on imagine au départ !

Loulous : Samedi dernier, c’était atelier pâtisserie pour Melle 3e et une camarade dans ma cuisine. Pour le cours d’anglais euro, elles devaient préparer un shortbread millionnaire (et je partage bientôt la recette avec vous)….

Amitiés : c’était sympa de prendre un verre après le boulot de façon complètement improvisée !

Sorties :  concours d’équitation dimanche (si c’est maintenu), sortie en campagne/montagne sinon….

Divers : Vador n’aime toujours pas quand je sors ma valise mais il semble s’être habitué et est beaucoup moins perturbé….

Courses : locales… et minimales

Envie de :  promenade dans la nature…

Pic : J’ai fait un saut à Romans pour une course. L’occasion de jeter un oeil à certaines des chaussures géantes disposées à travers la ville.

200305_chaussure_Romans
La chaussure-poisson d’André Perrugia (modèle créé en 1955) sur le quai de l’Isère

[fin xx.xx ]

[exposition] Vivian Maier, street photographer

200229_expo_Vivian_Maier_1

Vivian Maier est une photographe autodidacte dont l’oeuvre figure parmi les plus importantes du XXe siècle. Et pourtant, le travail de Vivian Maier n’a été découvert qu’à la toute fin de sa vie par un complet hasard et exposé pour la première fois de façon posthume !

D’origine franco-hongroise, émigrée avec sa mère aux Etats-Unis, la jeune Vivian devient gouvernante d’enfants. Elle travaillera principalement à Chicago et New-York mais fera également quelques voyages avec les enfants dont elle s’occupe ou à titre personnel, comme celui dans le Champsaur pour régler la succession d’une tante. Discrète, elle prendra sans cesse des photos sans les montrer. Une partie de ses négatifs ne sera même pas développée.

Elle conserve tirages et négatifs soigneusement inventoriés dans des cartons stockés dans un box à Chicago. A la fin de sa vie, faute de pouvoir payer le loyer alors qu’elle est hospitalisée, les biens contenus dans le box sont mis aux enchères. Parmi les acquéreurs, John Maloof, féru d’histoire locale, achète un lot de photos dans un carton avec l’idée de s’en servir pour illustrer des ouvrages qu’il écrit. Deux autres chineurs ont également acheté des photos de Vivian Maier lors de la vente aux enchères.

Progressivement, John Maloof prend conscience de la qualité photographique des clichés qu’il a entre les mains. Il rachète les autres lots et se retrouve avec plus de 100 000 négatifs…. Il ne connait toujours pas l’auteur de ces photos.

En cherchant parmi les négatifs, il trouve un pochette de laboratoire photographique avec le nom de Vivian Maier manuscrit : il vient de découvrir le nom de cette femme dont il a vu les autoportraits par centaine parmi les photos qu’elle a faites. John Maloof ne la rencontrera jamais : elle est décédée peu avant qu’il ne découvre son identité. Ce sera toutefois lui qui fera connaître au monde entier l’oeuvre de photographie de rue de Vivian Maier.

L’exposition présentée au Musée de l’Ancien Évêché de Grenoble met en scène plus de 130 photographies de Vivian Maier. Dans un accrochage épuré, où les photos se suffisent à elles-mêmes, on découvre essentiellement des images en noir et blanc.

J’ai été frappée par la façon qu’a Vivian Maier de saisir l’instant, un regard furtif, une émotion sur un visage. Ses cadrages se révèlent aussi malicieux, s’attachant parfois à des détails. Elle a photographié ses contemporains dans leurs activités quotidiennes, sans concession, et nous livre un formidable regard sur son époque.

Et il y a aussi ses autoportraits… Vivian Maier profite de tous les reflets pour se prendre en photo. Elle expérimente d’autres types d’autoportraits, jouant avec son ombre ou composant un portrait chinois. On a l’impression d’une véritable quête d’elle-même à travers ses clichés. Et ce qui m’a frappé, c’est qu’autant elle capture les émotions des autres sur le vif, autant elle masque toute émotion sur ses autoportraits (sauf sur celui dans le miroir d’un vitrier déchargeant son camion où un léger sourire semble nous dire à quel point elle est ravie de profiter de ce reflet furtif !)….

Je n’avais qu’une vision superficielle de l’oeuvre de Vivian Maier et j’ai découvert la sensibilité avec laquelle elle prend ses photos… Qu’au delà de la street photography, elle était une portraitiste de l’éphémère !

200229_expo_Vivian_Maier_2

200229_expo_Vivian_Maier_3

200229_expo_Vivian_Maier_4

200229_expo_Vivian_Maier_5

Exposition « Vivian Maier, Street photographer »
Musée de l’Ancien Évêché – Grenoble – Isère – février 2020

(*) L’exposition, initialement prévue jusqu’au 15 mars 2020, est prolongée jusqu’au 22 mars 2020 au Musée de l’Ancien Évêché à Grenoble. L’entrée est gratuite.

 

 

[exposition] Philolaos, dans l’atelier du sculpteur

200216_expo_Philolaos_0

L’exposition temporaire de cet hiver au Musée de Valence est consacrée au sculpteur Philolaos. Ce dernier est en effet connu ici pour être le concepteur des deux châteaux d’eaux qui dressent leurs silhouettes courbes et élancées dans le ciel valentinois et dont on célèbrera bientôt les 50 ans.

Philolaos est un sculpteur grec, formé à l’école classique des Beaux-Arts d’Athènes juste après la deuxième guerre mondiale et qui s’est installé à Paris au début des années 1950. Il poursuit alors son apprentissage de la sculpture et s’affranchit progressivement des lignes classiques pour aller vers une abstraction de plus en plus nette.

Au début des années 1960, il rencontre l’architecte André Gomis avec qui il collaborera à de nombreuses reprises, en particulier donc sur les châteaux d’eaux de Valence réalisés dans le cadre de l’aménagement de la ZUP de Fontbarlettes. Il travaille à partir de là avec de nombreux architectes et paysagistes, intégrant ses sculptures monumentales dans les espaces nouvellement créés : villes nouvelles, quartiers à urbanisation massive, ou encore quartiers d’affaires. Il crée ainsi trois oeuvres pour le quartier de la Défense dont la fontaine des Nymphéas et l’Oiseau Mécanique.

L’exposition présentée à Valence s’attache à nous présenter un côté moins monumental et plus intime de l’artiste. Quelques croquis issus de ses années de formation athéniennes donnent à voir la rigueur de l’apprentissage classique. Quelques bustes, plus ou moins abstraits, permettent d’appréhender le travail sur la matière (céramique, plomb, bronze..), et la façon pour Philolaos de l’utiliser, d’en tirer parti.

L’exposition présente aussi de nombreux « bois-reliefs », tableaux en trois dimensions de bois tournés et de bois flottés, réalisés lorsque Philolaos retourne en vacances en Grèce et utile ce dont il dispose sur place pour exprimer sa créativité : le bois déposé par la mer sur plage, les outils de menuiserie et de tournage sur bois de son père…. Ses petits tableaux, tellement éloignés de l’image que l’on peut se faire des oeuvres de Philolaos, ont été un véritable coup de coeur. Qu’ils soient figuratifs ou abstraits, ils dégagent une jolie poésie, une invitation au voyage, à la contemplation, à la méditation.

Puis, il est question de la découverte de l’acier inoxydable : un matériau rigide qui vrille pourtant naturellement, un matériau à dompter, un formidable terrain d’expression pour l’artiste. Il en fera son matériau de prédilection, multipliant les usages, tant en oeuvres monumentales qu’en mobilier et objets pour sa maison.

En effet, Philolaos concevra sa maison, la construira et fabriquera lui-même une grande partie du mobilier et des aménagements de celle-ci. On peut ainsi qualifier la maison de l’artiste d’oeuvre totale où tout devient prétexte à création : les meubles, la vaisselle, les objets…. On découvre ainsi les meubles de la salle à manger, des couverts, des fauteuils, le coffre pour cacher la télévision, des bouteilles, … Leurs lignes sont à la fois d’une sobriété très moderne et d’une esthétique futuriste très marquée dans les années 70.

Enfin, on découvre de nombreuses maquettes pour des réalisations monumentales : les châteaux d’eau de Valence (forcément !), des fontaines, des sculptures pour des parcs, des statues magistrales…. Parfois, plusieurs versions sont présentées, témoins du cheminement de la pensée créative de Philolaos.

Je suis ressortie de l’exposition sous le charme des bois-reliefs et des créations en arts décoratifs, en particulier la vaisselle et les bouteilles en inox. J’ai pu découvrir la facette plus intime de cet artiste dont je connaissais déjà quelques oeuvres monumentales et c’est cette facette qui m’a le plus touchée.

200216_expo_Philolaos_1
Oeuvres de Philolaos en béton avec ruban d’acier (au 1er plan) et en acier (au 2nd plan) dans la cour du musée

200216_expo_Philolaos_2
Les Jumelles, sculpures en plomb

200216_expo_Philolaos_3
Buste en bronze

200216_expo_Philolaos_4
Vers l’abstration…

200216_expo_Philolaos_5
Les « bois-reliefs »

200216_expo_Philolaos_6
Les « bois-reliefs » – détail

200216_expo_Philolaos_7
Les « bois-reliefs » – détail

200216_expo_Philolaos_8
La découverte de l’inox

200216_expo_Philolaos_9
Etude pour un portail pour le Technocentre Renault de Guyancourt (78) / maquettes de statues : Christophe Colomb, Georges Pompidou, Pierre de Coubertin, Antoine de Saint-Exupéry

200216_expo_Philolaos_10
La salle à manger, mobilier et vaisselle de la maison de Philolaos

200216_expo_Philolaos_11
Etude pour un animal imaginaire en béton et ruban d’acier

Exposition « Philolaos, dans l’atelier du sculpteur » – Musée de Valence – Drôme – février 2020

 

(*) L’exposition se tient au Musée de Valence jusqu’au 8 mars 2020. Il s’agit de la première exposition retraçant l’ensemble de la carrière de Philolaos présentée dans un musée français.