[coin lecture] Carnaval noir

Carnaval noir – Metin ARDITI

J’ai acheté ce livre en même temps que Chicago. Il faisait aussi partie de ceux mis en avant par la libraire. Je ne connaissais pas l’auteur mais la quatrième de couverture et la façon dont la libraire parlait de « Metin » m’ont donné envie.

En 1575, Venise est secouée par une série de crimes durant la période du carnaval sans qu’on sache ni les motifs ni les auteurs.
De nos jours, des universitaires spécialisés en latin médiéval et en histoire du XVIe siècle se retrouvent au coeur d’une série d’agressions. Rapidement, des liens semblent se dessiner à travers les siècles.

J’ai lu le roman d’une seule traite un samedi après-midi. L’écriture est fluide. L’histoire est prenante. Les arcs narratifs se croisent et se complètent à la façon d’un puzzle.

L’auteur a su créer des personnages attachants, avec leurs doutes, leurs faiblesses et leurs fêlures d’une part, et des personnages carrément détestables mais pourtant habilement dépeints sans véritable jugement de ce qu’ils sont.

Les liens passé/présent sont habilement distillés. Et mes craintes que le roman soit un peu trop érudit ou un peu trop historique se sont très vites dissipées. L’intrigue est ancrée dans le présent et le passé sert de support pour apporter des éléments de compréhension. Nous sommes à la limite entre roman policier et thriller politique.

Je suis donc ravie de m’être laissée tenter par cette proposition d’une librairie où je n’ai pas mes habitudes. Et je crois que je vais lire un autre roman de Metin Arditi afin de voir si ce que j’ai découvert de la qualité de sa plume se confirme.

[coin lecture] Même les méchants rêvent d’amour

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Même les méchants rêvent d’amour – Anne-Gaëlle HUON
 
Ce livre était celui de ma box surprise de Noël (mon libraire prépare des box surprises à Noël où un livre est accompagné de petites choses : du thé, du chocolat, de la jolie papeterie…. il propose aussi des pochettes surprises avec juste un livre). J’aime l’idée de laisser le hasard choisir un livre pour moi…. Le seul indice que j’avais en l’achetant était « transmission familiale ».
Je l’avais mis de côté depuis, attendant le bon moment pour le lire. Ce moment est arrivé en début de mois, alors que mon fils se faisait opérer des dents de sagesse et que j’allais donc avoir quelques heures à attendre entre les murs ternes d’une chambre de clinique.
Je crois que ce roman m’attendait vraiment pour cette situation : je l’ai lu d’une traite, sans m’ennuyer, sans voir le temps passer… et quand mon fils est revenu, il me restait moins de 10 pages à lire ! L’histoire de Julia, Jeannine, Félix, Antoine et les autres m’a transportée dans la douceur de la Provence en arrière-saison, mais surtout j’ai été touchée par le récit.
 
Jeannine perd peu à peu la mémoire alors elle écrit ses souvenirs avant qu’il ne soit trop tard. Julia, sa petite fille, trouve le carnet alors qu’elle vient voir sa grand-mère, installée en maison de retraite après une mauvaise chute qui a accéléré le processus de perte de mémoire. Petit à petit, Julia assemble les pièces du puzzle de la vie de sa grand-mère et au fil des rencontres recompose aussi sa propre vie.
On est clairement dans un roman feel-good. Mais un joli roman, bien écrit, qui se laisse lire comme on dégusterait une pâtisserie au goût de bonheur.

[coin lecture] Chicago

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Chicago – Marion RICHEZ
C’est le hasard qui m’a mis sur le chemin de ce livre. En me promenant dans Paris sans véritable but, je suis entrée dans une librairie. Ce n’était pas la première librairie que je croisais mais celle-ci a eu un quelque chose qui m’a attirée, peut-être les ouvrages présentés en vitrine, peut-être la lumière toute douce à l’intérieur…
Sur une table, la sélection de la libraire (une jeune femme féministe, si j’en crois ses mises en avant… ) avec des petits mots posés sur les ouvrages. Parmi ceux-ci quelques-uns que j’ai déjà lus, et puis plusieurs dont je n’ai jamais entendu parler. Je regarde ces derniers plus attentivement et Chicago semble m’appeler…
Je ne sais même pas dire pourquoi j’ai choisi ce petit opus parmi les autres livres : peut-être les petits coeurs rehaussés de surligneur qui accompagnaient le bref mot de la libraire, peut-être la simplicité de la couverture, peut-être la douceur du papier….
Je l’ai lu très vite dans le train qui me ramenait chez moi, ce très court petit roman… et après l’avoir refermé, je me suis demandé si ce n’était pas plutôt un long poème que j’avais lu…Ramona, une jeune franco-anglaise, arrive à l’université de Chicago comme lectrice de français. Elle prends le pouls de la fac, le pouls de la ville, le pouls de la vie…. Et elle croise par hasard Jonathan à un concert, puis à un autre. Ils échangent quelques mots. Il lui présente Suzanne qui l’accompagne. Entre ces trois-là nait une amitié qui ne s’embarrasse pas du passé, qui ne s’inquiète pas de l’avenir et se nourrit de la simplicité du présent partagé….Les mots de Marion Richez sont aussi doux que le papier sur lequel ils sont imprimés. Ils sont justes. Ils sont mélodieux. Ils portent l’amitié de Ramona, Jonathan et Suzanne…. Il ne se passe rien et pourtant il se passe tout dans cette centaine de pages.

Moi aussi, j’ai envie de mettre à ce roman un petit bandeau avec plein de coeurs rehaussés de surligneur.

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[coin lecture] Une longue impatience // La révolte

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Une longue impatience – Gaëlle JOSSE
Ce livre, c’est mon libraire qui me l’a mis dans les mains, littéralement, sans que je demande quoi que ce soit…. Je devais le lire, point !
J’ai quand même mis un moment à l’ouvrir ce roman, sans trop savoir pourquoi (une période un peu creuse niveau temps à lire sans doute).
Mais une fois ouvert, je l’ai lu d’une traite…
Nous avons donc Anne dont le premier mari, marin-pêcheur, est décédé en mer et qui s’est remariée avec le pharmacien du village. Anne a eu un premier fils, Louis, de son premier mariage, puis deux autres enfants. Anne est une parfaite épouse et mère de province des années 50.
Mais tout ne se passe pas bien entre Louis et son beau-père, et un soir, Louis, 16 ans, ne rentre pas.Commence alors pour Anne une longue attente : celle du retour de son fils, dont elle apprend bien vite qu’il a embarqué sur un navire comme marin.
Et c’est cette attente, cette espérance qui rythment le livre, qui en constituent le coeur…. entre récits du passé réel et visions de l’avenir potentiel.
J’ai été prise par le récit des sentiments de la mère abandonnée par le fils mais qui envers et contre tout, aux limites de la folie, n’arrêtera jamais d’attendre.
La fin est toutefois un peu convenue : je crois que dès le départ, j’ai plus ou moins su que cela se terminerait ainsi…
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La révolte – Clara DUPONT-MONOD
J’ai été attirée par la quatrième de couverture. En effet, celle-ci annonçait un portait d’Aliénor d’Aquitaine par son fils, Richard Coeur de Lion.
J’avoue que j’ai été déçue sur ce point. En effet, sous prétexte de nous raconter Aliénor, c’est plus une biographie de Richard qui nous est proposée. Le parti pris de l’écriture de l’histoire d’Aliénor par son fils est une bonne idée et toute la première partie du livre y est conforme.
Mais peu à peu, tandis que Richard s’éloigne géographiquement de sa mère, que ce soit pour affronter son père ou mener une croisade, le récit se concentre plus sur son personnage que sur Aliénor.
Pourtant que le personnage d’Aliénor est propice à l’écriture d’une belle épopée : mariée au roi de France puis à celui d’Angleterre (elle a fait annuler son premier mariage..), puissante duchesse d’Aquitaine, stratège politique qui n’hésitera pas à utiliser ses fils contre leur père, femme cultivée qui fera apprendre à lire et écrire à ses filles (ce qui n’était pas vraiment dans l’air du temps), ….
A côté de cela, les atermoiements de Richard face à ses fiancées, ses états d’âme au siège d’Antioche (et son enlèvement sur le chemin du retour..), son idée fixe de construire une forteresse imprenable (ce sera Chateau-Gaillard en Normandie) semblent bien fades.
Clara Dupont-Monod aurait pu nous livre une fresque épique autour d’un personnage féminin mais elle s’est hélas laissée rattraper par son personnage masculin.
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[coin lecture] visiter Paris

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Paris – Le Guide Vert

Le Guide Vert Michelin est une référence dans le domaine des guides de voyage grand public. Je possédais une très ancienne édition de celui sur Paris (achetée lors de mon installation à Paris au tout début de ma vie professionnelle) et celui-ci est complètement différent, plus lisible et plus coloré !
En plus de l’organisation par arrondissements, on découvre un certain nombre de circuits de promenades (la couverture en annonce 75) à pied dans la capitale française. Chaque circuit est détaillé avec ses points d’intérêts et la durée moyenne de parcours est précisée.
On trouve également en début d’ouvrage une liste des incontournables ainsi que quelques coups de cœur sortant un peu plus des sentiers battus et organisés par « action » : flâner, musarder, méditer, contempler, etc. Plusieurs top 5 (vues imprenables, parcs et jardins, ..) complètent la panoplie pour ceux qui voudraient juste une idée ponctuelle de balade ou de sortie. Pour ceux qui se destinent à un séjour de quelques jours à Paris, des exemples d’itinéraires sur 3 et 5 jours sont proposés.
A l’intérieur de l’ouvrage, on retrouve la classification en étoiles qui reste la marque de fabrique du Guide Vert et permet en un coup d’œil de repérer les sites les plus remarquables. Des articles détaillés sur les lieux et monuments sont proposés, ainsi que des rappels historiques et architecturaux. Les nombreux plans et photos sont en couleur. Et pour chaque quartier, un encart de bonnes adresses donne des suggestions de lieux pour manger, boire un verre ou encore faire des achats.
Enfin, petit plus fort appréciable si on doit se promener à pied dans la ville, un petit plan détachable est intégré afin de ne pas avoir à porter toute la journée le guide dont le poids dans un sac n’est pas forcément négligeable.

 

[coin lecture] automne 2019

Un vent de cendres – Sandrine COLLETTE

Ce roman m’a été prêté par ma mère qui venait de le finir et n’avait pas été vraiment convaincue. Ayant lu et apprécié Des noeuds d’acier, un autre roman de Sandrine Collette, je partais avec un a priori positif sur l’auteur. Cependant, comme ma mère m’avait donné un peu trop d’éléments en me passant le livre, je n’ai pas eu de grosse surprise de la fin… Mais, j’ai vraiment apprécié la façon dont la romancière dépose les indices comme autant de petits cailloux pour arriver à cette fin-là !

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Les cavaliers de l’apocadipse n’ont pas fait exprès – Libon

3 camarades d’école qui cumulent les mésaventures, voilà nos cavaliers de l’apocadipse. Chaque histoire est déclinée sur 4, 6 ou 8 pages. La situation de départ est généralement banale : passage d’une course cycliste, camping dans le jardin, repas de la cantine, vacances chez les grands-parents.. Mais très vite, cela dégénère en une succession de gags très inventifs et frôlant chaque fois l’absurde dans humour décalé à souhait.
En résumé : j’ai rigolé… et je rigole à nouveau chaque fois que je relis l’une des saynètes !

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La fille de Vercingétorix, une aventure d’Astérix – Jean-Yves FERRI & Didier CONRAD, d’après UDERZO & GOSCINNY

Le dernier opus des aventures d’Astérix est fidèle au reste de la série. On retrouve donc avec plaisir ce qui fait le sel des aventures du petit gaulois : jeux de mots, références dans l’air du temps et gags récurrents sont bien au rendez-vous. Mais les villageois ont vieilli et ce sont maintenant leurs enfants qui sont à l’honneur. Voici donc Selfix, Adictoserix et Blinix pour accompagner Adrénaline, la fille de Vercingétorix. On notera un petit Charles Aznavour parmi les pirates, et un sympathique Letitbix façon hippie.
Un album finalement très classique, mais qui se laisse lire comme un bonbon au goût d’enfance.

[coin lecture] relire des classiques

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Suite à plusieurs conversations, suggestions et autres incitations, j’ai relu récemment quelques classiques….

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Le Blé en Herbe – Colette

Roman

Lors de ma visite du Musée d’Art Moderne Richard Anacréon à Granville, il y avait une exposition sur Colette. Cela m’a donné envie de relire une des oeuvres de la romancière du siècle dernier. C’est tombé un peu par hasard sur le Blé en Herbe.

Vinca et Phil se connaissent depuis toujours car leurs familles passent tous leurs étés ensemble, sur la côte bretonne à proximité de Cancale. A l’âge de l’éveil des sentiments et de la prise de conscience du désir, un jeu du chat et de la souris encore un peu enfantin se noue entre eux… L’arrivée de Madame Dalleray vient perturber la relation entre les deux adolescents tandis que Phil s’éprend d’elle dans une passion purement charnelle. Entre le poids de la société qui déjà commence à peser sur les épaules de chacun (préparation du baccalauréat et de sa future carrière pour Phil, gestion des affaires ménagères pour Vinca), et leur amitié enfantine qui les rapproche, ils jonglent sur le fil des relations sentimentales. L’été s’achève sur le départ précipité de Madame Dalleray, et la prise de conscience pour les jeunes gens qu’une nouvelle saison de leur vie débute à ce moment-là qui ne sera plus uniquement remplie de jeux d’enfants.

Publié en 1923, Le Blé en Herbe évoque clairement l’éveil du désir charnel et les premières fois qui en découlent chez les deux protagonistes. Si, presque 100 ans après, cela peut sembler un thème banal en littérature, c’est une vraie provocation alors. Ce court roman se lit sans difficulté mais n’est sans doute plus aussi sulfureux, ni subversif qu’à sa parution.

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Le Meilleur des Mondes – Aldous Huxley

Roman

Deux personnes qui m’en parlent à moins de 24h d’intervalle et une envie de le relire qui me titillait depuis un moment : il n’en fallait pas plus pour que je me replonge dans Le Meilleur des Mondes.

Dans un futur où la science a remplacé les sentiments, où les loisirs de masse ont pris la place de la culture, où les bébés son fabriqués en usine et les individus  conditionnés d’avant même leur naissance jusqu’à l’âge adulte, où les individus des castes inférieures sont produits en séries identiques par division gémellaire successive, où « chacun appartient à tout le monde » et où tout est inhibé par la consommation de Soma dans un état mondial tout puissant, Bernard et Lenina s’offrent un week-end à sensation dans une réserve à sauvages. Parmi ces êtres restés à l’état naturel, loin de la civilisation, ils tombent sur Linda, qui bien des années auparavant s’est égaré dans la réserve lors de vacances, et son fils Paul.
Fasciné Bernard obtient l’autorisation de les ramener à Londres dont le Sauvage devient vite la coqueluche. Par ricochet, la célébrité de Bernard et de son ami Helmholtz s’accroit, faisant oublier leur attitude passée parfois jugée subversive.
Toutefois, le Sauvage ne s’adapte pas à ce monde civilisé, où conditionnés, les êtres humains ne sont plus que des robots au service de l’état mondial. Cherchant à s’isoler aux limites de la ville, il ne sera toutefois pas longtemps laissé tranquille et finira par perdre la raison.

Publié en 1932, ce roman d’anticipation dystopique est une critique de l’évolution de la société moderne. Les années précédentes ont en effet vu de nombreuses technologies émerger et l’industrie automobile, sous l’impulsion d’Henry Ford, travaille à la chaîne pour produire des denrées manufacturées en série.
Difficile aujourd’hui de ne pas faire de parallèle entre le monde décrit par Aldous Huxley et celui dans lequel nous vivons… Tirant partie de la société telle qu’il la voit au début des années 30, l’auteur imagine en effet des évolutions potentielles dont certaines se rapprochent de ce qui est devenu réalité. C’est plus un travail de philosophie que de romancier : l’histoire n’est qu’un prétexte à la dénonciation de l’avènement d’une société de consommation à la mécanisation croissante.

Le Meilleur des Mondes est clairement un des livres majeurs du XXe siècle, tant pour la littérature de science-fiction que pour la littérature générale.

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