[coin lecture] Une femme en contre-jour // Le chien de Madame Halberstadt

Une femme en contre-jour – Gaëlle JOSSE

Après avoir vu une exposition de photos de Vivian Maier au Musée de l’Ancien Evêché de Grenoble cet hiver, j’avais envie de lire l’opus que Gaëlle Josse lui a consacré. J’avoue que j’ai été un peu déçue.

Déjà, je n’ai pas retrouvé la poésie de la plume de Gaëlle Josse telle que j’avais pu la lire dans Une longue impatience, ni l’urgence du récit. Je n’ai pas su qualifier ce qu’était Une femme en contre-jour : pas un roman, pas une nouvelle, pas une biographie, pas une enquête.. Un peu de tout ça sans doute, mais surtout une construction déroutante.

Finalement, il n’est pas tant question de Vivian Maier que de son entourage ! Le livre ne montre pas ce qu’était Vivian Maier, mais seulement ce qui aurait pu la construire. On se retrouve donc face à une énumération de faits et des potentialités auxquelles ils ont pu conduire. C’est froid et impersonnel…. même si on devine la fascination de Gaëlle Josse pour la photographe.

Là où j’aurais aimé un roman (même partiellement construit sur des suppositions), j’ai eu l’impression de lire une prise de notes sur le documentaire Finding Vivian Maier….

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Le chien de Madame Halberstadt – Sébastien CARLIER

Ce très court roman, presque une nouvelle, était un coup de cœur partagé par l’ensemble de mes libraires ! Difficile donc pour moi de ne pas avoir envie de savoir de quoi il retournait.

Baptiste est un écrivain qui a connu le succès mais dont le dernier roman a fait un flop et qui n’arrive pas à se remettre à écrire. Sa femme l’a quitté pour leur dentiste, à qui tout semble sourire (!). Il passe sa vie dans son appartement minable sans rien faire de ses journées. Mais son univers se retrouve chamboulé le jour où Madame Halberstadt, sa voisine acariâtre, lui impose la garde de son chien pendant qu’elle est hospitalisée. A partir du moment où Croquette entre dans la vie de Baptiste, son horizon semble s’éclairer….

Les personnages sont forcément caricaturaux mais l’auteur nous les décrit avec beaucoup de tendresse, et ils en deviennent attachants. L’histoire est un brin rocambolesque. C’est drôle et bien écrit, et ça se lit comme on dégusterait un bonbon tout doux.

Bref, pour moi aussi, c’est un coup de coeur !

[les états d’esprit du vendredi] 7 août 2020

Les états d’esprit du vendredi sont un exercice de style lancé par Zenopia et The Postman (qui ne bloguent plus maintenant). La règle est simple : on complète les différentes rubriques le vendredi.

[Vendredi 6 août 2020] – [début xx.xx] [rédigé jeudi 5 août tard… et programmé]

Fatigue : pas de réveil, c’est quand même top !

Humeur : toujours excellente

Estomac : du poisson, des crêpes,… vive la Bretagne !

Condition physique : beaucoup de petites randonnées et de grandes balades….

Esprit : vagabond

Boulot : en vacances !

Culture : des vidéos, des séries, des discussions, des visites… les vacances quoi !

Penser à : rien…

Avis perso : c’est vraiment étrange de s’apercevoir à quel point les jours passent vite durant les vacances !

Message perso : je t’avais bien dit qu’on mangerait du poisson frais et des galettes saucisses !

Loulous : profitent complètement de leurs vacances, eux aussi.

Amitiés : on va se revoir la semaine prochaine et j’en suis ravie.

Sorties :  quotidiennes mais toujours un peu imprévues !

Divers : après avoir visité un jardin botanique qui avait une splendide collection d’hydrangeas, j’hésite entre planter un rosier et planter un hortensia pour l’an prochain dans la cour… (mais le rosier est sans doute plus adapté au climat chez moi… )

Courses : un tour au marché à faire en prévision du week-end.

Envie de :  rien de plus….

Pic : Lecture de vacances….

Comment réussir ses photos de vacances ? – Adeline Lebel

[fin xx.xx ]

[coin lecture] Evasion

Evasion – Benjamin WHITMER

J’ai pris ce livre à la librairie, attirée par la couverture et la qualité de la maison d’édition Gallmeister. De plus, un bandeau annonçait que c’était selon Pierre Lemaître, « la quintessence du noir dans la plus magnifique tradition américaine ». Un coup d’œil à la quatrième de couverture qui en disait assez mais pas trop, et le livre était acheté !

En 1968, lors de la soirée du Nouvel An, une douzaine de détenus s’évadent de la prison d’Old Lonesome dans le Colorado. L’alerte est lancée et la chasse à l’homme commence.

L’intrigue se passe intégralement dans la nuit quisuit et dans la petite ville qui jouxte la prison. Les évadés se séparent. Le blizzard fait rage. Les pistes se croisent, tout comme les personnages, que l’on suit les uns après les autres. Le passé des protagonistes vient interférer avec le moment qu’ils vivent. La cavale monte en violence. Les évadés sont dépassés par les évènements, les gardiens et les journalistes aussi, dans ce huis clos en terrain ouvert.

Benjamin Whitmer m’a complètement embarquée dans cette petite communauté, dans cette traque à la fin inéluctable (ce qui n’empêche pas quelques surprises bien amenées dans la narration). L’écriture est en phase avec le récit. Même les personnages les plus excessifs restent réalistes, et beaucoup sont finalement attachants.

[coin lecture] Les Indes Fourbes // Les Mafieuses

Les Indes Fourbes – AYROLES (scénario) et GUARNIDO (dessin)

Au XVIe siècle, Don Pablos de Ségovie part à la conquête de l’Eldorado dans ce que l’on appelle alors les Indes Espagnoles, l’Amérique du Sud.

Entre flashback sur l’enfance du héros, narration de ses aventures en terres indiennes… et retournement de situation, le scénario d’Ayroles s’avère extrêmement bien construit et s’inscrit dans la grande tradition du récit picaresque (on ne peut pas parler de roman picaresque puisqu’il s’agit d’une bande dessinée…).

Quant au dessin de Guarnido (à qui l’on doit aussi la très belle atmosphère de Blacksad), il est vraiment beau et précis nous plongeant encore plus dans cette atmosphère de conquistadores et de légendes aurifères.

A eux deux, ils nous offrent un magnifique et flamboyant anti-héros !

Initialement, cette bande dessinée m’avait été conseillée par mon libraire pour un cadeau de Noël, mais j’avais finalement fait un autre choix. Je me le suis donc offert à la réouverture de ma librairie post-confinement. J’ai beaucoup aimé cette aventure dans les Indes Espagnoles qui a un côté Mystérieuses Cités d’Or pour adultes !

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Les Mafieuses – Pascale DIETRICH

A Grenoble, la mafia italienne domine un certain nombre de trafics depuis de nombreuses années. Leone Acampora, l’un des caporaux du parrain local, est sur le point de mourir et il lance un contrat sur sa femme qui l’a trompé bien des années auparavant avec son meilleur ami. Les deux filles de Leone ont pris des chemins de vie différents : Dina a pris le contrepied du business paternel et travaille dans l’humanitaire, tandis qu’Alessia est devenue pharmacienne et se sert de son officine comme couverture et point de distribution aux dealers locaux à l’aide de noms de code. Toutefois, les deux soeurs se rejoignent sur la nécessité de sauver leur mère. Et, Alessia fait en sorte de prendre le clan en main…

J’ai trouvé ce court roman à la réouverture de la librairie alors qu’il était assorti d’un petit commentaire assez engageant de mon libraire. Il se lit vite et bien. . Ce n’est ni un roman policier, ni un roman de chick-litt.. C’est quelque part entre les deux, et c’est divertissant…

[coin lecture] Les Quatre de Baker Street

Les Quatre de Baker Street – Jean-Blaise Djian / Olivier Legrand / David Etien


C’est mon fils qui a reçu en cadeau les deux premiers tomes de cette série.. et ces albums ont piqué ma curiosité.

Les Quatre de Baker Street, c’est un bande de gamins des rues dans l’East End londonien de l’époque victorienne : Billy, Charlie et Black Tom, accompagnés d’un chat roux. Ces trois-là sont amis avec les célèbres Sherlock Holmes et Watson pour qui ils ont déjà réalisés quelques petites missions de surveillance et de renseignements.

Quand la fiancée de Black Tom est enlevée par un sombre individu alors qu’Holmes et Watson élucident un mystère en province, les trois jeunes se mettent à sa recherche dans les bas-fonds de la ville… et résolvent leur première enquête.

Dans le second tome, ils se retrouvent mêlés à un imbroglio entre des espions russes du Tsar et des émigrés bolchéviques tandis que Jack l’Eventreur semble avoir refait surface.

Le dessin d’Etien, assez classique, fait clairement penser à celui de Loisel dans La Quête de l’Oiseau du Temps. Le scenario est bien construit.. et finalement crédible !

Les Quatre de Baker Street, c’est un peu la rencontre entre Sir Arthur Conan Doyle et Charles Dickens !

[coin lecture] l’Ecole des Mamans Heureuses

L’École des Mamans Heureuses – Sophie HORVATH

J’avais noté la sortie de L’École des Mamans Heureuses, le dernier roman de Sophie HORVATH juste avant le confinement. J’avais aussi prévu de me procurer Le Quartier des Petits Secrets, son premier roman. Mais ma librairie a dû fermer avant que je n’ai eu le temps de passer à l’action !

Après un mois et demi de fermeture, la librairie a rouvert en mode click & collect et j’ai pu réapprovisionner ma pile à lire… Le Quartier des Petits Secrets n’était pas en stock mais L’École des Mamans Heureuses si. Le choix a donc été vite fait entre les deux romans !

Garance, débordée par la vie, engluée dans son rôle de maman, craque quand le pédiatre de son fils lui demande comment elle va… et il l’envoie à l’école des mamans heureuses, sorte de cercle de parole amélioré pour parents qui ont un peu perdu de vue qui ils sont.

Nous faisons donc la connaissance de toute une galerie de parents, forcément un peu caricaturaux mais dans lesquels on ne peut pas manquer de se projeter au moins partiellement si l’on est soi-même parent. Chacun présente ses failles. Aucun n’est parfait au-delà des apparences. Tous sont hautement attachants avec leurs qualités et leurs défauts.

Il en ressort un roman assez court qui se lit très facilement et qui distille une grande dose de bonne humeur (même un jour de pluie !). C’est frais et sans chichi. C’est selon moi un vrai roman feel-good : un de ceux qui donnent le sourire sans prise de tête, sans scénario abracadabrants, sans leçons de vie martelées à tue-tête mais avec un vrai message positif !

Et n’oubliez pas, si en tant que parent, vous vous sentez débordé, dépassé par les évènements, que vous avez l’impression que vous ne faites jamais assez bien, vous n’êtes pas seuls… Et c’est important de trouver un lieu (réel ou virtuel) bienveillant pour échanger, s’épancher, et savoir retrouver qui vous êtes vraiment !

[coin lecture] les fils de la poussière

Les fils de la poussière – Arnaldur Indridason

Ce roman est le tout premier d’Arnaldur Indridason à avoir été publié en Islande en 1997. Il a par contre fallu attendre plus de vingt ans avant qu’il ne soit traduit en français, en 2018 donc.

Le point de départ est assez simple : un quadragénaire schizophrène se suicide dans l’hôpital psychiatrique où il est interné tandis qu’au même moment, un de ses anciens professeurs meurt dans l’incendie criminel de sa maison. Commence alors une enquête menée par le commissaire Erlendur assisté de Sigirdur Oli (qui deviendront des personnages récurrents des romans d’Indridason).

La psychologie des personnages, en particulier Erlendur, est moins fouillée que dans les romans suivants mais l’auteur pose tout de même bien les bases, et donne déjà quelques clés de compréhension de leurs personnalités. De même l’intrigue est de facture classique mais bien menée, prenant des racines dans le passé comme sait si bien le faire Indridason.

Comme toujours dans les enquêtes d’Erlendur, c’est noir, c’est sombre, c’est un peu tordu, mais c’est carrément efficace. Je l’ai lu d’une seule traite : je voulais connaître le dénouement, valider ce que je devinais…. typiquement le genre de roman que je n’ai pas intérêt à commencer un soir si je n’ai pas l’intention de rester éveillée une bonne partie de la nuit ! (En l’occurrence, je l’ai ouvert en début d’après-midi, c’était plus raisonnable)

A lire donc si vous aimez les romans policiers bien ficelés, pour entrer dans l’univers d’Indridason ou pour passer un bon moment sans avoir à sortir de chez soi….

[coin lecture] Carnaval noir

Carnaval noir – Metin ARDITI

J’ai acheté ce livre en même temps que Chicago. Il faisait aussi partie de ceux mis en avant par la libraire. Je ne connaissais pas l’auteur mais la quatrième de couverture et la façon dont la libraire parlait de « Metin » m’ont donné envie.

En 1575, Venise est secouée par une série de crimes durant la période du carnaval sans qu’on sache ni les motifs ni les auteurs.
De nos jours, des universitaires spécialisés en latin médiéval et en histoire du XVIe siècle se retrouvent au coeur d’une série d’agressions. Rapidement, des liens semblent se dessiner à travers les siècles.

J’ai lu le roman d’une seule traite un samedi après-midi. L’écriture est fluide. L’histoire est prenante. Les arcs narratifs se croisent et se complètent à la façon d’un puzzle.

L’auteur a su créer des personnages attachants, avec leurs doutes, leurs faiblesses et leurs fêlures d’une part, et des personnages carrément détestables mais pourtant habilement dépeints sans véritable jugement de ce qu’ils sont.

Les liens passé/présent sont habilement distillés. Et mes craintes que le roman soit un peu trop érudit ou un peu trop historique se sont très vites dissipées. L’intrigue est ancrée dans le présent et le passé sert de support pour apporter des éléments de compréhension. Nous sommes à la limite entre roman policier et thriller politique.

Je suis donc ravie de m’être laissée tenter par cette proposition d’une librairie où je n’ai pas mes habitudes. Et je crois que je vais lire un autre roman de Metin Arditi afin de voir si ce que j’ai découvert de la qualité de sa plume se confirme.

[coin lecture] Même les méchants rêvent d’amour

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Même les méchants rêvent d’amour – Anne-Gaëlle HUON
 
Ce livre était celui de ma box surprise de Noël (mon libraire prépare des box surprises à Noël où un livre est accompagné de petites choses : du thé, du chocolat, de la jolie papeterie…. il propose aussi des pochettes surprises avec juste un livre). J’aime l’idée de laisser le hasard choisir un livre pour moi…. Le seul indice que j’avais en l’achetant était « transmission familiale ».
Je l’avais mis de côté depuis, attendant le bon moment pour le lire. Ce moment est arrivé en début de mois, alors que mon fils se faisait opérer des dents de sagesse et que j’allais donc avoir quelques heures à attendre entre les murs ternes d’une chambre de clinique.
Je crois que ce roman m’attendait vraiment pour cette situation : je l’ai lu d’une traite, sans m’ennuyer, sans voir le temps passer… et quand mon fils est revenu, il me restait moins de 10 pages à lire ! L’histoire de Julia, Jeannine, Félix, Antoine et les autres m’a transportée dans la douceur de la Provence en arrière-saison, mais surtout j’ai été touchée par le récit.
 
Jeannine perd peu à peu la mémoire alors elle écrit ses souvenirs avant qu’il ne soit trop tard. Julia, sa petite fille, trouve le carnet alors qu’elle vient voir sa grand-mère, installée en maison de retraite après une mauvaise chute qui a accéléré le processus de perte de mémoire. Petit à petit, Julia assemble les pièces du puzzle de la vie de sa grand-mère et au fil des rencontres recompose aussi sa propre vie.
On est clairement dans un roman feel-good. Mais un joli roman, bien écrit, qui se laisse lire comme on dégusterait une pâtisserie au goût de bonheur.

[coin lecture] Chicago

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Chicago – Marion RICHEZ
C’est le hasard qui m’a mis sur le chemin de ce livre. En me promenant dans Paris sans véritable but, je suis entrée dans une librairie. Ce n’était pas la première librairie que je croisais mais celle-ci a eu un quelque chose qui m’a attirée, peut-être les ouvrages présentés en vitrine, peut-être la lumière toute douce à l’intérieur…
Sur une table, la sélection de la libraire (une jeune femme féministe, si j’en crois ses mises en avant… ) avec des petits mots posés sur les ouvrages. Parmi ceux-ci quelques-uns que j’ai déjà lus, et puis plusieurs dont je n’ai jamais entendu parler. Je regarde ces derniers plus attentivement et Chicago semble m’appeler…
Je ne sais même pas dire pourquoi j’ai choisi ce petit opus parmi les autres livres : peut-être les petits coeurs rehaussés de surligneur qui accompagnaient le bref mot de la libraire, peut-être la simplicité de la couverture, peut-être la douceur du papier….
Je l’ai lu très vite dans le train qui me ramenait chez moi, ce très court petit roman… et après l’avoir refermé, je me suis demandé si ce n’était pas plutôt un long poème que j’avais lu…Ramona, une jeune franco-anglaise, arrive à l’université de Chicago comme lectrice de français. Elle prends le pouls de la fac, le pouls de la ville, le pouls de la vie…. Et elle croise par hasard Jonathan à un concert, puis à un autre. Ils échangent quelques mots. Il lui présente Suzanne qui l’accompagne. Entre ces trois-là nait une amitié qui ne s’embarrasse pas du passé, qui ne s’inquiète pas de l’avenir et se nourrit de la simplicité du présent partagé….Les mots de Marion Richez sont aussi doux que le papier sur lequel ils sont imprimés. Ils sont justes. Ils sont mélodieux. Ils portent l’amitié de Ramona, Jonathan et Suzanne…. Il ne se passe rien et pourtant il se passe tout dans cette centaine de pages.

Moi aussi, j’ai envie de mettre à ce roman un petit bandeau avec plein de coeurs rehaussés de surligneur.

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