[exposition] Orages, photographies de Guillaume Herbaut

Je ne connaissais pas Guillaume Herbaut avant de voir les affiches annonçant l’exposition Orages au Centre du Patrimoine Arménien. En cherchant un peu, j’ai appris qu’il était photojournaliste et avait présenté son travail à Arles entre autres. Mais je n’ai pas cherché à en savoir plus avant de voir l’exposition (sur laquelle j’avais déjà eu des retours très positifs alors même qu’elle venait quasiment d’ouvrir quand j’y suis allée).

L’exposition présentée au CPA s’articule autour de différents photo-reportages de Guillaume Herbaut, chacun présenté dans une pièce différente.

Nous commençons la visite par deux séries réalisées à Tchernobyl et ses environs. L’une montre les portes d’appartements abandonnées de Pypriat, tandis que l’autre fait poser les rescapés, leurs enfants mais aussi les absents avec le niveau de radiation au moment de la prise de vue. L’ensemble dresse un tableau d’un secteur à l’abandon, tant d’un point de vue matériel qu’humain…

Ensuite, l’exposition emmène le visiteur au Japon. Là encore, deux extraits de séries photographiques sont présentées. Là encore, on fait face au nucléaire et ses dégâts. D’une part, avec les rescapés de Nagasaki et leurs blessures, et d’autre part, avec les suites de la catastrophe de Fukushima. J’ai trouvé qu’il y avait un décalage de puissance entre les images fortes autour des rescapés de Nagasaki et celles autour de Fukushima, où l’aspect humain est moins présent.

L’étage nous plonge dans le travail de photo-journalisme de Guillaume Herbaut en Ukraine, lors de la révolution de Maïdan (en 2013/2014) et de la guerre du Donbass qui a suivi. Je dois dire que c’est la partie de l’exposition que j’ai trouvé la plus intéressante. Il y a bien sûr l’intérêt historique, le témoignage sur ces évènements encore récents. Mais surtout, c’est la puissance qui se dégage du travail photographique qui m’a frappée. Chaque image, chaque cadrage, chaque composition est un coup de poing. Les images sont fortes, percutantes.

Après cela, j’ai eu du mal à trouver une cohérence à la dernière série présentée dans l’exposition. La Ve est une série sur la France d’aujourd’hui, mais, après la série sur la révolution ukrainienne, ces images ne m’ont pas interpellée, questionnée comme elles auraient dû le faire.

Avant de repartir, nous avons pris le temps de feuilleter les livres publiés par Guillaume Herbaut, retrouvant les photos présentées au CPA parmi une sélection d’autres, et les images prises en Ukraine restent vraiment celles qui ont été le plus éloquentes pour moi.

Tchernobyl
Nagasaki / Fukushima
Ukraine – la révolution de Maïdan
Ukraine – la révolution de Maïdan / la guerre du Donbass
Ukraine / France

Centre du Patrimoine Arménien – Valence – Drôme – novembre 2021

(*) L’exposition Orages, photographies de Guillaume Herbaut se tient jusqu’au 13 mars 2022 au Centre du Patrimoine Arménien à Valence.

5 réflexions sur « [exposition] Orages, photographies de Guillaume Herbaut »

  1. merci de ce compte rendu ça donne des frissons , mais aussi l’envie d’aller voir cette expo et de soutenir le travail essentiel des photo-journalistes.
    Je te souhaite une belle année.

    1. L’expo nous a tellement plus que j’ai offert le livre du photo-reportage sur l’Ukraine à mon fils (qui m’avait accompagnée à l’expo) pour Noël !

  2. L’éclairage de cette exposition a l’air de mettre bien en valeur le sujet de ces photos. Ta remarque concernant les photographies de Nagasaki et de Fukushima qui souligne sur l’aspect humain sur celles de Fukushima étaient moins présent ne m’étonne pas. Au Japon il y a une négation volontaire, politique et partagée par une partie de la population pour souligner que Fukushima est avant tout une catastrophe naturelle et non pas nucléaire. A tel point que les victimes de radiations ne sont souvent pas reconnues comme telles. Ce sont souvent des fondations privées qui soignent des enfants atteints de cancer liées à la centrale Fukushima par exemple et personne n’est reconnue comme victime ce qui a pour but en effet de nier l’aspect humain. C’est en tous cas le constat que j’ai fait en allant au Japon et en discutant avec certaines personnes

    1. Je ne sais pas si c’est ça la raison car justement, ce photojournaliste dans son travail s’attarde sur les impacts sur les gens, il reste de longs mois sur place, au plus près, au contact de la population… Pour moi, cette impression tient plus à la « méthode photographique » qu’il a employée sur Fukushima, plus « froide » plus « clinique » car ce qu’il cherche à montrer, c’est pourtant bien les conséquences humaines de chaque catastrophe, chaque événement…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :