[Drôme] début de journée à la Combe d’Oyans

Ce samedi matin, c’était un peu « le jour d’avant »… celui d’avant le confinement. Les derniers éléments de l’actualité laissaient penser que ce confinement ne tarderait pas à arriver, alors j’ai eu envie de faire une grande balade, loin des gens, loin du monde.

Je suis retournée à la Combe d’Oyans. Mais cette fois, au lieu d’aller au fond des gorges, j’ai décidé de les contourner. J’ai laissé la voiture sur le parking du site d’escalade. A cette heure matinale, il n’y avait personne d’autre.

J’ai suivi le chemin balisé jaune en direction du château d’eau puis du col Saint Genis. La vue sur la plaine et l’agglomération de Romans est superbe.
Au bord du chemin, le printemps est en route : coucous, violettes, primevères et aubépines font les belles.

Après le col, j’ai eu un temps d’hésitation entre continuer à monter vers le château ou m’approcher de l’entrée amont des gorges. Finalement, la montée au château sera pour une autre fois. Les gorges que le soleil effleure sont trop attirantes.

Je suis la route jusqu’au niveau du ruisseau, puis je m’engage sur le chemin qui permet d’accéder aux voies d’escalade situées de ce côté du site. Par dessus les crêtes du Vercors, le soleil lance ses rayons et dissipe la rosée du matin dans les prés.

Seuls les oiseaux viennent briser le silence. L’herbe humide est souple. Je traverse les champs en direction du ruisseau. En m’approchant, je commence à l’entendre cascader doucement. L’entrée amont des gorges de la combe d’Oyans est devant moi. De ce côté aussi, elles sont impressionnantes et me font me sentir minuscule.

Je reste un long moment au bord du ruisseau. Son murmure est apaisant, bien loin du tumulte et des questionnements de l’actualité. Je profite de cette parenthèse. Je pressens déjà que ce ne sera bientôt temporairement plus possible, alors je fais le plein de sensations.

Enfin, je rebrousse chemin. Le parking s’est rempli depuis mon départ. J’aperçois un trailer qui s’élance vers les gorges. Mais ce qui happe mon regard, c’est le vol circulaire d’un milan royal, hypnotique…

Fleurs de coucou
Vue sur le fond de la combe depuis le col de Saint Genis
Fleurs d’aubépine
Se sentir minuscule
Primevères au bord du ruisseau
Soleil matinal
Entrée amont des gorges de la Combe d’Oyans
Au pied des falaises
Col de Saint Genis

Combe d’Oyans – Rochefort-Samson – Drôme – mars 2020

[en cuisine] le banana bread réconfortant

Si vous avez quelques bananes en train de noircir, et que vous n’avez plus guère envie de les manger telles quelles, mais que vous ne souhaitez pas les jeter (c’est toujours préférable d’utiliser que de gaspiller !)… voici une recette idéale pour les utiliser : un banana bread ultra-moelleux qui en plus vous apportera une bonne dose de réconfort en cette période de confinement !

Je le trouve parfait avec une tasse de bon thé pour le goûter ou pour accompagner le café du matin… Mais je pense qu’il devrait aussi très bien s’accommoder d’un chocolat chaud !

Ingrédients :

  • 3 bananes trop mûres (toutes noires, elles seront vraiment parfaites ! )
  • 3 œufs
  • 125 g de beurre
  • 120 g de farine
  • 1 sachet de levure
  • 150 g de sucre en poudre
  • 1 sachet de sucre vanillé

Et après ? 
Débiter les bananes en petits morceaux dans un saladier. Ne pas hésiter à les écraser si elles sont encore un peu « dures », cela évitera qu’il n’y ait des morceaux dans la pâte.
Ajouter la farine, les sucres, la levure, les œufs et le beurre fondu. Bien mélanger.
Mettre dans un moule à cake et enfourner pour 45 minutes dans un four préchauffé à 180°C. (Vérifier la cuisson, comme pour n’importe quel autre gâteau ! )

[journal de confinement] semaine 2

Deuxième semaine à la maison. Je continue donc mon journal de confinement…. toujours sur le même principe : des pensées, quelques faits marquants (du moins, marquants pour moi)….

Ligne d’horizon…

SAMEDI 21 MARS. Mais où est passée cette journée ? A ne rien faire, elle a filé à toute vitesse. La cour a été nettoyée. J’ai lu un livre. Et pouf, il était 19.00 ! Je crois qu’en réalité, après une grosse semaine de travail, j’ai suivi le rythme de Vador, véritable coach en confinement….

Mon challenge du moment sera de ne pas oublier où j’ai stationné la voiture dimanche dernier d’ici la prochaine fois où je vais devoir m’en servir.

Dimanche 22 Mars. Il a plu. Je peux donc maintenant affirmer avec certitude que je préfère le confinement par grand soleil que par temps de pluie. Quand il y a du soleil, on peut ouvrir les fenêtres, mettre le nez dehors dans la cour, profiter de la luminosité…
Parce que la situation est extra-ordinaire, nous avons fait un diner de crêpes, ce que nous ne faisons normalement que pour la chandeleur et Mardi-Gras.

Vador continue à nous montrer l’exemple

LUNDI 23 MARS. Grosse journée de travail qui a débuté tôt et s’est terminée tard. J’ai pu récupérer quelques formulaires d’attestation de sortie dérogatoire vierges imprimés (je n’ai pas d’imprimante à la maison). Cela m’évitera quelques recopies manuelles. La distraction du jour est venue du passage bruyant de deux Rafales au-dessus de la maison à plusieurs reprises.

MARDI 24 MARS. Chaque journée de travail ressemble à la précédente : chargée, intense, et en même temps un peu monotone. Les temps d’échange en visio avec les collègues sont des pauses bienvenues et nécessaires.
Forcément, c’est le lendemain du jour où j’ai pu me faire imprimer des attestations que le modèle de celles-ci change ! Tant pis, je vais continuer à les utiliser en notant l’heure dessus.

MERCREDI 25 MARS. Je suis sortie faire des courses pour plusieurs jours… Il semblerait que les gens se soient rués sur les oeufs et la farine. Feraient-ils tous comme moi beaucoup plus de gâteaux qu’en temps normal ?

JEUDI 26 MARS. Il a fait plus froid aujourd’hui, et malgré le soleil, il n’était pas vraiment possible de rester dans la cour. Dommage car j’aurais bien un peu plus « pris l’air » en prenant mon café du midi… Les journées de travail sont toujours bien remplies et la fatigue s’accroit à l’approche de la fin de la semaine.

VENDREDI 27 MARS. Fin de semaine bienvenue ! On sait dorénavant officiellement que le confinement durera au moins deux semaines supplémentaires. Mais, soyons lucides, il y a de fortes chances de prolongations. Quoi qu’il en soit, c’est le week-end qui débute ce soir. Le programme est déjà défini : repos !

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Dans les commentaires du billet d’hier : le thème Piquant du projet 52, Soène disait qu’on avait peu de chances de voir une pointe de couteau. N’ayant pas l’occasion de sortir faire des photos, j’en fais chez moi… alors j’ai pris cela comme un défi. Voici donc une pointe de couteau !

[projet 52-2020] semaine 13 – piquant

Cette semaine, pour trouver une photo, c’est simple : soit on pioche dans les archives, soit on trouve quelque chose à photographier chez soi !

Coup de chance, j’ai un petit cactus. Même s’il n’est pas bien piquant, il a quelques aiguilles qui dépassent. Et qu’importe, dans l’imaginaire collectif, un cactus, c’est piquant. Il fera donc l’affaire…

En fait, j’ai bien quelques autres idées mais je n’arrive pas à les rendre photogéniques : le tabasco, les différentes poudres piquantes du placard à épices, la pointe d’un couteau, ….

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Pour découvrir ce qui pique chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires….

[les états d'esprit du vendredi] 27 mars 2020

Les états d’esprit du vendredi sont un exercice de style lancé par Zenopia et The Postman (qui ne bloguent plus maintenant). La règle est simple : on complète les différentes rubriques le vendredi.

[Vendredi 27 mars 2020] – [début xx.xx] [rédigé jeudi 26 mars tard… et programmé]

Fatigue : excessive alors que (ou peut-être parce que) je ne bouge pas beaucoup. Une copine suggérait que c’était peut-être comme au début des vacances, une forme de décompression qui se faisait à notre insu.

Humeur : toujours bonne !

Estomac : et si on (re)faisait un gâteau pour s’occuper/se détendre ?

Condition physique : il va falloir que je méfie des gâteaux !

Esprit : vagabond

Boulot : les jours se suivent… et se ressemblent ! On débute la journée de bonne heure. On met un petit bonjour dans notre espace de discussion, puis quand tout le monde est connecté, on se fait un petit coucou en visio, et c’est parti pour une journée à fond !

Culture : J’ai regardé d’une traite la série Stalk sur france.tv : sujet intéressant et réalisation efficace. J’ai bien accroché.
J’ai aussi lu un roman d’Arnaldur Indridason qui trainait depuis un moment dans ma pile à lire.

Penser à : déconnecter…

Avis perso : les boulangeries ouvertes de 8.00 à 12.00, c’est pas idéal quand on travaille !

Message perso : Restez chez vous !

Loulous : le week-end dernier, ils ont fait un grand nettoyage de la cour afin qu’elle soit prête pour qu’on y déjeune dès que possible….

Amitiés : heureusement qu’il y a la visio !

Sorties : dans la cour !

Divers : l’an prochain, je planterai d’autres fleurs dans la cour. Il n’y en a pas assez (en fait, j’avais prévu d’en rajouter… mais le confinement est arrivé quelques jours trop tôt. Je n’ai pas eu le temps d’acheter de quoi en planter pour ce printemps… )

Courses : le moins souvent possible… j’ai donc ressorti le chariot à roulettes du fond du garage pour pouvoir ramener plus de choses en une seule fois.

Envie de :  fleurs

Pic : le joli bouquet garni que j’ai récupéré juste avant le confinement…

Romarin, sauge et laurier

[fin xx.xx ]

[à la maison] plantes vertes

En ces temps de confinement, il peut être intéressant de trouver des sujets de photographie qui nous poussent un peu en dehors de nos habitudes.

Vous l’avez sans doute remarqué : je fais surtout des photos dehors, en pleine nature, ou en ville. Mes photos à l’intérieur sont essentiellement prises dans des musées ou des expositions (je ne parle volontairement pas des photos de moments familiaux, comme les anniversaires, où je fais bien entendu aussi des photos, mais à usage privé). Je n’ai donc temporairement plus accès à mes sujets de prédilection !

Et même si mes journées sont bien occupées, j’ai besoin de me garder des temps de décompression par rapport au travail. Je me suis donc amusée à prendre des photos de quelques-unes de mes plantes, en essayant de trouver des angles que je n’avais pas encore exploré.

Quelques résultats en images :

Draceana
Sapin d’ornement
Yucca

A la maison – mars 2020

[coin lecture] Carnaval noir

Carnaval noir – Metin ARDITI

J’ai acheté ce livre en même temps que Chicago. Il faisait aussi partie de ceux mis en avant par la libraire. Je ne connaissais pas l’auteur mais la quatrième de couverture et la façon dont la libraire parlait de « Metin » m’ont donné envie.

En 1575, Venise est secouée par une série de crimes durant la période du carnaval sans qu’on sache ni les motifs ni les auteurs.
De nos jours, des universitaires spécialisés en latin médiéval et en histoire du XVIe siècle se retrouvent au coeur d’une série d’agressions. Rapidement, des liens semblent se dessiner à travers les siècles.

J’ai lu le roman d’une seule traite un samedi après-midi. L’écriture est fluide. L’histoire est prenante. Les arcs narratifs se croisent et se complètent à la façon d’un puzzle.

L’auteur a su créer des personnages attachants, avec leurs doutes, leurs faiblesses et leurs fêlures d’une part, et des personnages carrément détestables mais pourtant habilement dépeints sans véritable jugement de ce qu’ils sont.

Les liens passé/présent sont habilement distillés. Et mes craintes que le roman soit un peu trop érudit ou un peu trop historique se sont très vites dissipées. L’intrigue est ancrée dans le présent et le passé sert de support pour apporter des éléments de compréhension. Nous sommes à la limite entre roman policier et thriller politique.

Je suis donc ravie de m’être laissée tenter par cette proposition d’une librairie où je n’ai pas mes habitudes. Et je crois que je vais lire un autre roman de Metin Arditi afin de voir si ce que j’ai découvert de la qualité de sa plume se confirme.

[Drôme] dans les vergers en fleurs

Les vergers ont commencé à fleurir très tôt cette année dans la Drôme. Courant février les arbres commençaient déjà à se couvrir de fleurs dans les champs les plus précoces et début mars, tous les vergers d’abricotiers et de pêchers portaient des fleurs.

Comme chaque année, je suis allée faire un tour dans les champs : les floraisons des arbres fruitiers sont toujours pour moi un émerveillement. Et c’est aussi l’occasion de voir les abeilles en plein travail de butinage… et de pollinisation !

Je dois avouer que je commence à avoir mes petites habitudes et que j’ai repéré quelques champs auprès desquels il n’est pas trop compliqué de trouver un stationnement qui ne soit ni gênant ni dangereux. Aussi quand après quelques jours bien gris et bien pluvieux, le soleil s’est décidé à se montrer, j’ai saisi l’occasion pour aller voir les fruitiers de plus près….

Une fois sur place, je constate qu’abricotiers et pêchers sont en fleurs. Selon le moment où j’y étais allée, j’avais généralement eu l’un ou l’autre… Je suis ravie d’avoir cette double dose d’arbres en fleurs !

Je profite de la vue depuis le verger sur le Vercors. J’observe les abeilles. Je regarde les petites fleurs roses et blanches. Je constate que les feuilles commencent à sortir sur les pêchers. Je prends mon temps… et beaucoup de photos (mais Melle 3e qui m’accompagne n’est pas en reste) !

Difficile de dire combien de temps nous sommes restées à déambuler dans les champs, passant et repassant dans les allées fleuries aux allures de contes de fées : c’est le genre d’endroit où la course du temps se fait complètement oublier.

Après cette parenthèse enchantée, il a toutefois bien fallu revenir à la réalité.. mais en conservant de jolies images à regarder les jours de pluie qui ont suivi !

Fleurs de pêcher et ciel bleu
Boutons de fleurs de pêchers
Fleurs et feuilles
Fleurs d’abricotiers
Fleurs blanches et ciel bleu
Abeille au travail
Transparence des pétales
Verger avec vue

Chateauneuf-sur-Isère – Drôme – mars 2020

[en cuisine] le shortbread millionnaire

200307_shortbread_millionnaire

Ce shortbread millionnaire est tout d’abord un travail scolaire (d’avant le confinement….) !

En effet, Melle 3e, dans le cadre de son cours d’anglais « européen », devait cuisiner un plat britannique, irlandais voire américain, canadien ou australien. Avec une camarade, elles ont choisi le shortbread millionnaire. Elles ont donc passé un samedi après-midi en cuisine pour préparer ce gâteau tout en prenant moult photos afin d’illustrer la recette pour la raconter en anglais.

J’ai été surprise de la simplicité de réalisation. Je ne sais pas pourquoi mais j’avais l’impression que c’était complexe et en fait, pas vraiment si on fait bien les étapes les unes après les autres avec un minimum d’organisation.

Voici la recette qu’elles ont suivi….

Ingrédients :

1 boîte de lait concentré sucré
100 g de chocolat noir
180 g de farine
125 g de beurre mou + 125 g pour le caramel
100 g de sucre
1 cuillerée à soupe de miel
un peu de crème liquide

Et après ?

– Préchauffer le four Th. 6/7 (200° C).
– Mélanger le beurre mou et le sucre jusqu’à obtenir une texture crémeuse.
– Ajouter petit à petit la farine.
– Déposer le fond du moule (préalablement tapissé de papier cuisson) cette pâte étalée en couche régulière.
– Faire cuire dans le four environ 20 minutes. Le biscuit doit être à peine doré.- – Préparation du caramel : Dans une casserole porter à ébullition environ 5 minutes le lait concentré sucré, le beurre, et le miel tout en mélangeant.
– Verser le caramel sur le biscuit dans le moule et laisser refroidir.
– Casser le chocolat en morceaux et le faire fondre au bain-marie ou au micro-ondes avec la crème liquide.
– Verser le chocolat fondu sur le caramel et laisser durcir le tout au réfrigérateur environ 2 heures.

[journal de confinement] semaine 1

Préambule :
J’ai hésité à maintenir le fourre-tout sous sa forme habituelle, mais il aurait été un peu vide, de contenu et de sens. Je vais continuer à poster des balades pour se changer les idées dans la semaine, ainsi que des idées gourmandes et des lectures… Mais je voulais aussi garder une trace de ces moments particuliers que nous vivons, centraliser les pensées que j’ai pu poser à droite et à gauche sur les réseaux sociaux, dans des échanges avec des amis ou des collègues… comme un fourre-tout du confinement

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Sur l’autoroute, entre Valence et Grenoble

Retour en arrière :
Jeudi 12 mars au soir, j’apprends la fermeture des établissements scolaires et universitaires à compter du lundi suivant pour une durée indéterminée alors que je suis dans le train, de retour de Paris. Ce n’est qu’une demie-surprise : plus que le « si », nous attendions le « quand » pour cette décision de fermeture.

Vendredi 13 mars, une note interne nous indique que le télétravail doit rester exceptionnel et que nous devons être au bureau le lundi suivant, sauf si nous sommes en arrêt pour garder nos enfants confinés.
Ce même vendredi, le Premier Ministre annonce que le seuil de rassemblement est descendu à 100 personnes. Le concours d’équitation de Melle 3e prévu le dimanche n’aura pas lieu, ni le rassemblement auquel Mr 2e devait participer.

Samedi 14 mars, le Premier Ministre annonce la fermeture des bars, restaurants, commerces non indispensables…. Le confinement généralisé est en route.

Dimanche 15 mars, je vais chercher Mr 1er à Grenoble. Lors de cet aller/retour rapide, je ne sors de la voiture que pour monter dans son appartement afin de l’aider à prendre l’ensemble de ses affaires. Il y a de fortes chances pour qu’il ne puisse plus retourner en cours avant la fin prévue de ceux-ci.
A 17.00, nous recevons une note interne spécifiant que la présence sur le lieu de travail n’est plus indispensable et que le télétravail doit être privilégié. J’échange rapidement au téléphone avec mon chef. Je n’irai pas au bureau lundi 16 mars. Je suis en télétravail pour une durée indéterminée.

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Collègue de télétravail

Lundi 16 mars, premier jour de télétravail, premier jour de télé-école.
De mon côté, j’ai l’habitude, mes collègues proches aussi.. mais nous devons nous assurer que l’ensemble des services puissent continuer à fonctionner durant la période de confinement. Des collègues ont travaillé d’arrache-pied tout le week-end. Tout est prêt, mais il y a forcément des petits couacs. Je fais partie de ceux qui sont sollicités pour les résoudre. Globalement, nous arrivons à faire face.
Pour les enfants, cela s’organise. Ils sont en contact avec leurs profs, par mail ou par téléphone. Ils imaginent des espaces de travail sur des serveurs dédiés. Les choses se mettent en place.

Les jours, semaines à venir s’annoncent particuliers… Dimanche en fin de journée, j’ai appris que je pouvais être en télétravail pour une durée indéterminée à compter de lundi. J’ai une pensée pour tous ceux qui n’ont pas cette chance… Je sais aussi que ça va être compliqué pour ceux qui vont devoir jongler avec les gardes de leurs enfants tout en continuant à travailler, que ce soit depuis chez eux ou sur leur lieu de travail, pour nos enfants qui vont devoir faire leurs apprentissages en autonomie, pour leurs enseignants qui doivent imaginer en peu de temps de nouvelles façons de transmettre des connaissances à leurs élèves, pour les commerçants contraints de baisser leur rideau, pour les personnels de santé qui se retrouvent en première ligne sur le front de la lutte contre le virus….

Lundi soir, le Président de la République annonce le confinement et la restriction stricte des déplacements à compter de mardi midi.

Soyons honnêtes : j’ai de la chance !
En effet :
– je peux télétravailler avec une incidence mineure sur mon activité professionnelle… et j’ai l’habitude de le faire.
– j’ai une petite cour privée où je pourrai aller prendre l’air chaque fois que j’en aurai envie au cours des semaines à venir
– j’habite un village où il y a tous les commerces nécessaires (épicerie, boucherie, boulangerie, pharmacie, maison de presse…. ) de petite taille et je devrais donc pouvoir faire mes courses en évitant les interminables files d’attente aux portes des supermarchés
– j’ai une bonne connexion à internet qui déjà me permet de télétravailler mais permet aussi aux enfants de poursuivre leurs activités d’apprentissage scolaire et nous permet de communiquer avec l’extérieur sans souci
– j’ai assez d’espace à la maison pour que nous y soyons tous, occupés à nos activités professionnelles/scolaires, sans nous déranger trop
– j’ai un gros stock de livres et de DVD à découvrir
Alors, même si les prochaines semaines vont être un peu compliquées, je ne suis pas dans ceux qui seront le plus à plaindre…

Mardi 17 mars. Au travail, les choses s’accélèrent. Ceux qui pensaient pouvoir continuer à venir au bureau doivent s’organiser en urgence pour récupérer de quoi se connecter depuis chez eux. L’urgence renforce l’inquiétude sur l’organisation du travail pour les semaines à venir. La journée est très longue pour mes collègues directs et moi.
En milieu de matinée, Mr 1er sort pour acheter du pain car il n’y en a plus à la maison. Toutes les boulangeries du village ont été dévalisées.

Vador est un peu perplexe et se demande bien pourquoi les humains restent chacun dans leurs coins, investissent chacun une pièce différente…. et parlent à leurs ordinateurs mais ne se parlent pas entre eux !

Mercredi 18 mars. Encore une journée chargée au travail. La fatigue des uns et des autres commence à se faire sentir. Je commence à avoir hâte qu’une routine s’installe afin de pouvoir souffler. L’opinion semble partagée par mes collègues.
Je sors faire quelques courses de première nécessité (café, oeufs, pain… j’en profite pour racheter du savon car celui que j’ai à la maison diminue très vite, et deux/trois bricoles à l’épicerie rapidement). J’ai mon autorisation de sortie dérogatoire dans la poche.

Les journées sont compliquées en ce moment au boulot (mais nettement moins que pour les soignants alors #restezchezvous !). Pour garder le moral, on va devoir inventer d’autres formes de convivialité au-delà des contraintes de localisation… On va construire quelque chose de nouveau dans nos façons de travailler et d’étudier.. Et on gardera cela ensuite comme autant de forces nouvelles.

Jeudi 19 mars. Une forme de routine est en train de s’installer. Je débute ma journée de travail très tôt tout en me levant plus tard que si j’allais au bureau. Les enfants se réveillent aussi un peu plus tard : il n’y a pas de trajet à faire. Chacun a investi un espace différent de la maison pour travailler, afin de ne pas gêner les autres. Personne ne s’est encore énervé après un autre membre de la famille. En fin d’après-midi, j’ai refait un gâteau maison, pour une fois que je peux en prendre le temps (entre 2 réunions/appels).

Si on ne prend pas de poids pendant le confinement, ce sera un exploit.

Vendredi 20 mars. Dernière journée de travail de la semaine. Pour la première fois depuis le début de la semaine, une réunion sur un projet à moyen-terme a lieu. On espère sortir des journées uniquement dédiées à la gestion des urgences dans le courant de la semaine prochaine. J’ai retrouvé ma « poussette de marché » dans le fond du garage. Après lui avoir passé un coup d’éponge, je sors rapidement faire les courses pour le week-end (l’idée est de ne pas ressortir avant lundi au plus tôt).

Chaque matin et chaque soir, je me fais l’impression d’être une rebelle en sortant dans la rue pour ouvrir ou fermer les volets du rez-de-chaussée sans attestation de sortie dérogatoire.