[projet 52-2020] semaine 9 – couleur froide

En cherchant à traiter ce thème, je me suis aperçue que la notion de couleur froide / couleur chaude n’était pas aussi nette que je le pensais. En effet, elle comporte une certaine part de subjectivité. De plus, le violet se trouvant entre le bleu, couleur froide, et le rouge, couleur chaude, voit ses nuances éclatées entre froid et chaud !

La deuxième difficulté, c’était de trouver une photo dont les tons ne comportent que des couleurs froides (étrangement, j’ai eu l’impression que c’était plus simple avec les couleurs chaudes… ceci dit, on en reparlera en semaine 31 !).

J’ai bien en tête des photos de failles de glacier avec cette couleur bleu glacier si caractéristique mais elles datent de l’ère pré-numérique et je n’ai jamais pris la peine encore de les numériser. Ce n’était donc pas aisé de s’en servir.

Puis, je me suis souvenue que l’été dernier, au Puy-du-Fou, certaines scénographies d’attractions nous entrainaient sous les eaux… et que l’impression était renforcée par une lumière très bleue… Alors, voilà, plongeons ensemble dans cet univers sous-marin fantasmé, aux allures d’Atlandide….

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Pour voir les couleurs froides des autres participants, je vous invite à suivre les liens dans les commentaires…

 

NB : comme je n’aurai pas beaucoup de temps disponible ce week-end, je ne sais pas quand je pourrai venir valider les commentaires qui passeraient en modération. Je vous remercie donc par avance pour votre patience si votre commentaire n’apparaissait pas rapidement….

 

 

[les états d’esprit du vendredi] 28 février 2020

Les états d’esprit du vendredi sont un exercice de style lancé par Zenopia et The Postman (qui ne bloguent plus maintenant). La règle est simple : on répond aux questions dans l’ordre et le vendredi.

[Vendredi 28 février 2020] – [début xx.xx] [rédigé jeudi 27 février tard… et programmé]

Fatigue : c’est encore une semaine bien dense qui vient de s’écouler….

Humeur : déjà presque en vacances….

Estomac : c’est parti pour une nouvelle saison de Top Chef !

Condition physique : convenable.

Esprit : vagabond

Boulot : à Paris une partie de la semaine, beaucoup de choses à faire de façon générale.

Culture : Je réécoute pas mal Graeme Allwright depuis une dizaine de jours.

Penser à : replanter de l’herbe à chats pour Vador qui recommence à vouloir être dehors de temps à autre…

Avis perso : un dimanche soir sans aller à Grenoble, c’est cool !

Message perso : fais-toi confiance !

Loulous : Avec Melle 3e, nous sommes allées faire du shopping (comprendre : on a fait un tour à Marques Avenue pour aller chez Haribo et chez Lindt… mais j’ai aussi trouvé une jolie théière en fonte). Sinon, Mr 2e a fini la semaine dernière avec une entorse du petit doigt et Mr 1er avec une fracture du pouce….

Amitiés : c’est chouette d’avoir réussi à se voir un peu…

Sorties :  un tour à Grenoble au cours duquel j’espère bien pouvoir visiter l’exposition des photos de Vivian Maier, en fonction de la météo sinon

Divers : Dimanche dernier, c’était journée ménage (on a profité du beau temps pour le faire tout en aérant en grand toute la maison) et tri des vieux vêtements. Il ne reste plus qu’à aller déposer quelques colis chez Emmaüs !

Courses : locales

Envie de : nature….

Pic : sur le trajet retour de Paris en TGV, croiser la neige…

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Quelque part en Bourgogne

 

[fin xx.xx ]

[Paris] au fil de la Seine

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Un soir de déplacement professionnel, j’ai eu envie d’aller faire un tour au pied de l’Arc de Triomphe. J’ai eu la chance d’arriver à l’heure où le soleil se couche, nimbant le monument d’une lueur presque irréelle.

J’ai ensuite commencé à descendre les Champs Elysées. Mais entre la foule et les néons, j’ai vite perdu tout intérêt pour les lieux. J’ai alors bifurqué en direction de la Seine. J’avais dans l’idée de jeter un oeil à la Tour Eiffel et marcher un peu le long des quais.

En arrivant au pont de l’Alma, je n’ai pas pu manquer les vastes panneaux indiquant les bateaux-mouches, ni les nombreux navires amarrés au quai. Plusieurs cars s’agglutinait sur le parking et le dernier venait de libérer un groupe de touristes asiatiques qui se précipitaient vers les portillons d’accès aux bateaux.

C’est alors que j’ai remarqué l’absence de queue à la caisse et une indication du prochain départ 5 minutes après. Plusieurs fois, j’avais hésité à m’offrir cette croisière (comme se plaisent à l’appeler les différentes compagnies de bateaux promenant les touristes sur la Seine). L’occasion était trop belle pour la manquer ! Quelques instants plus tard, je prenais place sur le pont supérieur, m’asseyant sur tribord, le long du bastingage.

19.00 en janvier, inutile de préciser qu’il faisait déjà nuit noire.. et que les températures n’étaient pas bien élevées. Je m’emmitouflais donc dans mon manteau, resserrant mon écharpe autour de mon cou, bien décidée à profiter des monuments by night.

Passer sous les ponts en entendant l’écho des bruits de notre bateau. Regarder les rares passants sur les quais aux ambiances de films noirs. Croiser les bars et restaurants flottants. Admirer les façades majestueuses. Apercevoir le chantier de Notre Dame. Deviner des vies dans les bâtiments. S’émerveiller devant la Tour Eiffel, qui s’est mise à scintiller à notre passage.

La promenade sur la Seine a duré un peu plus d’une heure, vite passée malgré le froid qui commençait à m’engourdir les orteils, et nous étions de retour au port de l’Alma….

Une prochaine fois, je le ferai de jour pour avoir encore une autre vision de la ville !

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Fin de journée au pied de l’Arc de Triomphe
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La Tour Eiffel depuis la port de la Conférence
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L’hôtel de la Monnaie de Paris
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Passer sous les ponts
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Ambiance de film noir sur les quais
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Fin de promenade sur la Seine

Promenade en bateau-mouche – Paris – janvier 2020

 

(*) Le hasard m’a fait emprunter la compagnie des bateaux-mouche mais plusieurs autres compagnies proposent des prestations similaires à des tarifs comparables sur la Seine. Chaque compagnie propose son point de départ, plusieurs sont situés aux environs de la Tour Eiffel mais il y en a aussi qui partent de l’île de la Cité.

[coin lecture] Une longue impatience // La révolte

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Une longue impatience – Gaëlle JOSSE
Ce livre, c’est mon libraire qui me l’a mis dans les mains, littéralement, sans que je demande quoi que ce soit…. Je devais le lire, point !
J’ai quand même mis un moment à l’ouvrir ce roman, sans trop savoir pourquoi (une période un peu creuse niveau temps à lire sans doute).
Mais une fois ouvert, je l’ai lu d’une traite…
Nous avons donc Anne dont le premier mari, marin-pêcheur, est décédé en mer et qui s’est remariée avec le pharmacien du village. Anne a eu un premier fils, Louis, de son premier mariage, puis deux autres enfants. Anne est une parfaite épouse et mère de province des années 50.
Mais tout ne se passe pas bien entre Louis et son beau-père, et un soir, Louis, 16 ans, ne rentre pas.Commence alors pour Anne une longue attente : celle du retour de son fils, dont elle apprend bien vite qu’il a embarqué sur un navire comme marin.
Et c’est cette attente, cette espérance qui rythment le livre, qui en constituent le coeur…. entre récits du passé réel et visions de l’avenir potentiel.
J’ai été prise par le récit des sentiments de la mère abandonnée par le fils mais qui envers et contre tout, aux limites de la folie, n’arrêtera jamais d’attendre.
La fin est toutefois un peu convenue : je crois que dès le départ, j’ai plus ou moins su que cela se terminerait ainsi…
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La révolte – Clara DUPONT-MONOD
J’ai été attirée par la quatrième de couverture. En effet, celle-ci annonçait un portait d’Aliénor d’Aquitaine par son fils, Richard Coeur de Lion.
J’avoue que j’ai été déçue sur ce point. En effet, sous prétexte de nous raconter Aliénor, c’est plus une biographie de Richard qui nous est proposée. Le parti pris de l’écriture de l’histoire d’Aliénor par son fils est une bonne idée et toute la première partie du livre y est conforme.
Mais peu à peu, tandis que Richard s’éloigne géographiquement de sa mère, que ce soit pour affronter son père ou mener une croisade, le récit se concentre plus sur son personnage que sur Aliénor.
Pourtant que le personnage d’Aliénor est propice à l’écriture d’une belle épopée : mariée au roi de France puis à celui d’Angleterre (elle a fait annuler son premier mariage..), puissante duchesse d’Aquitaine, stratège politique qui n’hésitera pas à utiliser ses fils contre leur père, femme cultivée qui fera apprendre à lire et écrire à ses filles (ce qui n’était pas vraiment dans l’air du temps), ….
A côté de cela, les atermoiements de Richard face à ses fiancées, ses états d’âme au siège d’Antioche (et son enlèvement sur le chemin du retour..), son idée fixe de construire une forteresse imprenable (ce sera Chateau-Gaillard en Normandie) semblent bien fades.
Clara Dupont-Monod aurait pu nous livre une fresque épique autour d’un personnage féminin mais elle s’est hélas laissée rattraper par son personnage masculin.
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[Paris] autour de la Butte Montmartre

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Lors d’un de mes derniers séjours professionnels à Paris, j’ai pris le temps d’une balade à pied autour de la Butte Montmartre.

Partie de derrière la gare Saint Lazare, j’ai commencé par me laisser hypnotiser par les voies ferrées. Cet enchevêtrement de rails est un véritable appel au voyage et à la découverte !

Rapidement arrivée place Blanche, je suis passé à côté du Moulin Rouge. Puis j’ai remonté la rue Lepic en direction de la Butte. La pluie a alors décidé de s’inviter, histoire d’apporter une autre ambiance…

Au niveau des vignes de Montmartre, si les gouttes étaient nombreuses, elles rendaient les rues désertes. Alors que la nuit était tout juste tombée, l’ambiance était vraiment particulière aux alentours du Sacré Coeur et de la place du Tertre vidée de ses peintres et des touristes.

J’ai pris des escaliers un peu au hasard pour descendre, loin des circuits classiques. J’ai fini par arriver au pied du funiculaire. De là, la vue en contre-plongée sur le Sacré Coeur est impressionnante.

Les magasins de tissus et les merceries du quartier étaient en train de fermer leurs portes et de tirer leurs rideaux de fer derrière les derniers clients.

Un dernier coup d’oeil depuis le coin de la halle Saint Pierre sur l’église et j’ai filé prendre le métro le plus proche pour me mettre à l’abri d’une pluie de plus en plus battante….

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Les voies ferrées de la gare Saint Lazare depuis la place de l’Europe
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Rue Lepic
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la fontaine du château d’eau, où se trouve le siège de la Commanderie du Clos Montmartre
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Le Consulat, institution montmartroise, que l’on retrouve sur un tableau de Maurice Utrillo
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rue Saint Rustique
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vue sur le Sacré Coeur depuis la halle Saint Pierre

quartier de Montmartre – Paris – janvier 2020

 

[fourre-tout de la semaine] 23 février 2020

Cela aurait été dommage de ne pas goûter cette délicieuse création éphémère de la Maison Guillet…. (en mode pas besoin de fêter la Saint Valentin pour être gourmand ! )
Crémeux aux noix de pécan garnissant les petits choux, fabuleuse compotée de pommes façon tatin au milieu (qui a libéré un bon parfum de pommes à la découpe), le tout déposé sur un crumble croquant et surmonté d’une chantilly légère et vanillée …
On savait qu’il serait beau, mais en plus il était extrêmement bon !

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(*) Maison Guillet, place du Champ de Mars à Valence / place Jean Jaurès à Romans – Drôme

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Je suis allée à la vente éphémère organisée à Valence par Maison Bouture le week-end dernier, et je suis revenue avec de nouvelles plantes, pour la cour et pour la maison….

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Ficus pumila et lierre

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Quelques fleurs pour apporter un peu de couleur dans la maison…

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Renoncules et eucalyptus

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[projet 52-2020] semaine 8 – sauvage

Sauvage…. J’aurais pu vous montrer des fleurs sauvages, ce n’est pas ce qui manque dans les photos que je prends…

Mais quand j’entends sauvage, je pense plus faune que flore. Le souci, c’est que la faune sauvage est un peu plus difficile à photographier que la flore sauvage !

Alors bien souvent, ce sont surtout les traces des animaux sauvages que je croise : des empreintes dans la neige (celles des cervidés, des lièvres mais aussi quelquefois des loups par exemple), traces dans la boue (celles des bauges de sanglier peuvent être impressionnantes), déjections (et là forcément, je pense à ce moment où visitant une grotte ayant été utilisée par l’homme de Néandertal avec les enfants encore petits, quand la guide a montré un caillou en demandant ce que c’était tout en précisant que c’était d’origine animale, que beaucoup de gens ont ri doucement quand Mr 2e a proposé « un caca ».. et que la guide était toute contente qu’il ait trouvé : il s’agissait effectivement d’une  crotte de hyène fossilisée…. )…. ou encore les traces de dents du castor sur les rivages des rivières, comme sur cette photo que je vous propose cette semaine.

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Jeune tronc taillé par un castor – réserve naturelle des Ramières de la Drôme

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Pour voir ce qu’il y a de sauvage chez les autres participants, il suffit de suivre les liens dans les commentaires…

 

 

 

PS : fort occupée pour des raisons familiales, je ne sais pas quand je pourrai venir valider les commentaires qui passeraient en modération. Je vous remercie donc par avance pour votre patience si votre commentaire n’apparaissait pas rapidement….

[les états d’esprit du vendredi] 21 février 2020

Les états d’esprit du vendredi sont un exercice de style lancé par Zenopia et The Postman (qui ne bloguent plus maintenant). La règle est simple : on répond aux questions dans l’ordre et le vendredi.

[Vendredi 21 février 2020] – [début xx.xx] [rédigé jeudi 19 février tard… et programmé]

Fatigue : encore une semaine avant les vacances…

Humeur : reste bonne !

Estomac : a des envies de thé vert…. (il n’y a aucun message caché, c’est juste que j’ai des périodes où je suis plus thé vert ou thé noir ou tisane ou café… ça change très souvent en fait)

Condition physique : convenable

Esprit : vagabond

Boulot : les choses commencent à bouger, doucement…

Culture : je suis allée visiter l’exposition sur Philolaos au musée de Valence. j’ai beaucoup apprécié et je vous en ai déjà parlé.

Penser à : passer à la librairie

Avis perso : je n’aime pas croiser des gens en sachant que je les connais mais sans réussir à me souvenir de qui ils sont !

Message perso : il y a forcément des solutions !

Loulous : sont tous en vacances ce soir.

Amitiés : c’est toujours sympa de croiser des copains en ville par hasard et de discuter un peu…

Sorties :  un saut à Grenoble, une balade dehors si la météo le permet ou un ciné ?

Divers :  il va falloir que je m’occupe de réserver mes billets de train pour le déplacement pro à Paris d’après les vacances avant de partir en vacances…

Courses : minimales

Envie de : prendre le temps

Pic : en fin de semaine dernière, après une journée de travail à Paris, explorer le quartier des Batignolles.

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[fin xx.xx ]

[Paris] architecture contemporaine dans le quartier Clichy-Batignolles

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Après une journée de travail à Paris, j’aime bien me balader, histoire de décompresser après des réunions souvent intenses.

J’avais aperçu des images du nouveau tribunal de Paris, situé Porte de Clichy, entre les boulevards des maréchaux et le boulevard périphérique, et cela avait piqué ma curiosité. Je me suis donc dirigée vers le quartier Clichy-Batignolles et c’est tout un monde d’architecture contemporaine que j’ai découvert !

Clichy-Batignolles, c’est un nouveau quartier en pleine construction. Situé entre le quartier ancien des Batignolles (qui fut même une commune indépendante avant l’édification des fortifications de Thiers et son rattachement à Paris en 1860), et le périphérique, cet écoquartier résulte de l’aménagement d’anciennes friches ferroviaires de la SNCF.

Le site avait d’abord été envisagé pour accueillir le village olympique dans le cadre de la candidature de Paris à l’organisation des jeux olympiques de 2012. Londres ayant été préférée à Paris pour les jeux olympiques, c’est un autre projet urbain qui voit le jour pour réaménager le quartier. Depuis une dizaine d’années, le quartier sort progressivement de terre, entre immeubles d’habitation, bureaux, et le grand parc urbain Martin Luther King (qui était fermé lorsque je suis passée… période hivernale oblige).

Des passerelles ont été installées au dessus du faisceau de voies de la gare Saint Lazare afin de relier le nouveau quartier à celui de la Plaine Monceau. L’architecture contemporaine trouve là un formidable terrain d’expression, et chaque immeuble apporte sa petite touche d’originalité.

Tout au bout du quartier, le nouveau tribunal de Paris s’offre en point de mire. Ce bâtiment formé de trois parallépipèdes de verre, imaginé par l’architecte Renzo Piano (à qui l’on doit aussi, entre autres, le Centre Pompidou à Paris et la Cité Internationale à Lyon), dresse ses 160 mètres de haut au delà du boulevard du Maréchal Berthier.  Il s’agit du deuxième plus haut bâtiment « habité » de Paris, après la Tour Montparnasse et il marque déjà le paysage parisien de sa silhouette originale.

Le quartier Clichy-Batignolles n’a pas encore terminé sa mutation et il sera intéressant d’y revenir dans quelques années pour avoir une vision de l’ensemble achevé.

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La passerelle Marcelle Henry au dessus du faisceau de voies ferrées de la gare Saint Lazare
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Le Tribunal de Paris, conçu par Renzo Piano
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Le Tribunal de Paris, conçu par Renzo Piano

Paris – février 2020

 

 

[exposition] Philolaos, dans l’atelier du sculpteur

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L’exposition temporaire de cet hiver au Musée de Valence est consacrée au sculpteur Philolaos. Ce dernier est en effet connu ici pour être le concepteur des deux châteaux d’eaux qui dressent leurs silhouettes courbes et élancées dans le ciel valentinois et dont on célèbrera bientôt les 50 ans.

Philolaos est un sculpteur grec, formé à l’école classique des Beaux-Arts d’Athènes juste après la deuxième guerre mondiale et qui s’est installé à Paris au début des années 1950. Il poursuit alors son apprentissage de la sculpture et s’affranchit progressivement des lignes classiques pour aller vers une abstraction de plus en plus nette.

Au début des années 1960, il rencontre l’architecte André Gomis avec qui il collaborera à de nombreuses reprises, en particulier donc sur les châteaux d’eaux de Valence réalisés dans le cadre de l’aménagement de la ZUP de Fontbarlettes. Il travaille à partir de là avec de nombreux architectes et paysagistes, intégrant ses sculptures monumentales dans les espaces nouvellement créés : villes nouvelles, quartiers à urbanisation massive, ou encore quartiers d’affaires. Il crée ainsi trois oeuvres pour le quartier de la Défense dont la fontaine des Nymphéas et l’Oiseau Mécanique.

L’exposition présentée à Valence s’attache à nous présenter un côté moins monumental et plus intime de l’artiste. Quelques croquis issus de ses années de formation athéniennes donnent à voir la rigueur de l’apprentissage classique. Quelques bustes, plus ou moins abstraits, permettent d’appréhender le travail sur la matière (céramique, plomb, bronze..), et la façon pour Philolaos de l’utiliser, d’en tirer parti.

L’exposition présente aussi de nombreux « bois-reliefs », tableaux en trois dimensions de bois tournés et de bois flottés, réalisés lorsque Philolaos retourne en vacances en Grèce et utile ce dont il dispose sur place pour exprimer sa créativité : le bois déposé par la mer sur plage, les outils de menuiserie et de tournage sur bois de son père…. Ses petits tableaux, tellement éloignés de l’image que l’on peut se faire des oeuvres de Philolaos, ont été un véritable coup de coeur. Qu’ils soient figuratifs ou abstraits, ils dégagent une jolie poésie, une invitation au voyage, à la contemplation, à la méditation.

Puis, il est question de la découverte de l’acier inoxydable : un matériau rigide qui vrille pourtant naturellement, un matériau à dompter, un formidable terrain d’expression pour l’artiste. Il en fera son matériau de prédilection, multipliant les usages, tant en oeuvres monumentales qu’en mobilier et objets pour sa maison.

En effet, Philolaos concevra sa maison, la construira et fabriquera lui-même une grande partie du mobilier et des aménagements de celle-ci. On peut ainsi qualifier la maison de l’artiste d’oeuvre totale où tout devient prétexte à création : les meubles, la vaisselle, les objets…. On découvre ainsi les meubles de la salle à manger, des couverts, des fauteuils, le coffre pour cacher la télévision, des bouteilles, … Leurs lignes sont à la fois d’une sobriété très moderne et d’une esthétique futuriste très marquée dans les années 70.

Enfin, on découvre de nombreuses maquettes pour des réalisations monumentales : les châteaux d’eau de Valence (forcément !), des fontaines, des sculptures pour des parcs, des statues magistrales…. Parfois, plusieurs versions sont présentées, témoins du cheminement de la pensée créative de Philolaos.

Je suis ressortie de l’exposition sous le charme des bois-reliefs et des créations en arts décoratifs, en particulier la vaisselle et les bouteilles en inox. J’ai pu découvrir la facette plus intime de cet artiste dont je connaissais déjà quelques oeuvres monumentales et c’est cette facette qui m’a le plus touchée.

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Oeuvres de Philolaos en béton avec ruban d’acier (au 1er plan) et en acier (au 2nd plan) dans la cour du musée
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Les Jumelles, sculpures en plomb
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Buste en bronze
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Vers l’abstration…
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Les « bois-reliefs »
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Les « bois-reliefs » – détail
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Les « bois-reliefs » – détail
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La découverte de l’inox
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Etude pour un portail pour le Technocentre Renault de Guyancourt (78) / maquettes de statues : Christophe Colomb, Georges Pompidou, Pierre de Coubertin, Antoine de Saint-Exupéry
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La salle à manger, mobilier et vaisselle de la maison de Philolaos
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Etude pour un animal imaginaire en béton et ruban d’acier

Exposition « Philolaos, dans l’atelier du sculpteur » – Musée de Valence – Drôme – février 2020

 

(*) L’exposition se tient au Musée de Valence jusqu’au 8 mars 2020. Il s’agit de la première exposition retraçant l’ensemble de la carrière de Philolaos présentée dans un musée français.